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RFID, NFC, Internet des objets et innovations sans contact – Bilan 2015 et perspectives 2016 – 2/3 – l’internet des objets

Quel internet des objets ?

Quel internet des objets ?

Après avoir abordé les services NFC dans la première partie, ce billet passera en revue les autres technologies sans contact, les objets connectés et plus globalement l’internet des objets.

Dans ce dernier domaine, nous pouvons reprendre le même texte qu’en 2013 et 2014 « il a régné une grande effervescence autour des objets connectés et des wearables qui n’est par sans rappeler la bulle Internet des années 2000. » Tous les grands acteurs mondiaux sont désormais lancés sur ce « marché » , non seulement les acteurs du numérique en tout genre Microsoft, Apple, Google, Samsung, Cisco, Intel, SAP, Oracle, mais aussi et peut-être surtout les sociétés de services (banques, assurances, telcos, santé, énergie, … ) et les industriels « brick & mortars » en tout genre (commerce, bâtiment, électroménager, automobile, …), de plus en plus conscient que cet internet des objets n’est qu’un autre nom à la numérisation, la dématérialisation et à la désintermédiation qui ont transformées radicalement des industries comme la musique, la photo, le cinéma, l’édition, l’hôtellerie ou le transport et qui menacent toutes les autres. D’où les multiples annonces et rachats d’entreprises et de startups.

Une grande effervescence donc et une confusion toute aussi grande. L’internet des objets est une grand fourre-tout dans lequel on retrouve aussi bien les objets connectés que les objets « smart« , wearables, et de nombreux gadgets connectés, les smart « things » dans le domaine de la maison (la domotique), de la ville, de la santé, du transport mais aussi l’internet des objets industriels – le M2M ou industrie 4.0 et tout la technologie sous-jacente, toute l’infrastructure de type plateforme et réseaux de connectivité. Nul doute que ces sujets continueront à agiter les état-majors des entreprises et les rédactions des journaux et magazines et ce sera d’autant plus le cas en cette période de CES à Las Vegas et sa cohorte de gadgets dont l’utilité et l’usage est un sujet secondaire par rapport à la simple possibilité de connecter un objet qui ne n’a pas encore été. Comme trop souvent, on en publiera les faire-parts de naissance sans jamais citer les avis de décès presque aussi nombreux. A ce sujet, il est toujours passionnant de lire le rapport dOlivier Ezratty sur le CES, en particulier la version complète à venir, mais aussi parcourir les précédentes et retrouver les « smart trucs » qui allaient révolutionner bla-bla-bla et qui ont disparus depuis. Sur les objets connectés, d’excellents blogs spécialisés vous présenteront toutes les derniers nouveautés, nous n’en parlerons pas plus.

Vous trouverez ci-dessous un certain nombre de billets écrits en 2015 liés à la santé, à l’énergie, aux transports pour compléter cette introduction.

Sur la partie infrastructure, trois éléments sont à la base de tous ces développements : la connectivité, la standardisation et les plateformes de gestion d’objets. Et ces trois sujets ont également animé 2015.
Associé Sigfox et le NFC dans un même objet

Associé Sigfox et le NFC dans un même objet

Sur la connectivité longue distance, par-delà les réseaux opérateurs de 2 à 5G, la bataille fait rage entre Sigfox, le premier arrivé et Lora. Sigfox se déploie partout dans le monde avec des accords avec de grands industriels mondiaux. Lora est la solution mise en avant par les opérateurs français, autant par réaction tactique que par choix technologique. Les whites spaces semblent distancés de part leur non-universalité géographique, et leur complexité de mise-en-oeuvre. Sur la connectivité courte distance, nous avons vu dans le rapport précédent que le NFC est très présent mais bien sûr n’est pas la seule technologie disponible – la RFID UHF, le BlueTooth Low Energy, le Zigbee, les nombreux protocoles de la domotique et même les QRcode ont leur usages nous y reviendrons. A noter la possibilité le projet Lysbox a utilisé à la fois Sigfox pour la remontée d’information vers le SI et le NFC pour son acquisition dans la maison. Autre cas, Gazpar, le compteur « communicant » de GrDF qui utilise également cette combinaison de connectivité comprenant le NFC. Le meilleur des deux mondes pour des applications connectées, frugales en énergie et donc économiques.

Tous ces nouveaux acteurs se retrouvent dans des associations d’industriels poussant à la (leur) standardisation même si derrière ces standards, il y a toujours un industriel et sa technologie. Les principales associations sont :

Les alliances de l'IOT (c) Postscapes

Les alliances de l’IOT (c) Postscapes

Les plateformes de gestion d’objets sont multiples. Qu’il est loin le temps de l’ONS (Object Naming Services), un DNS centralisé des objets, qui n’a jamais été utilisé (que ce soit aux US ou en France) et ne le sera probablement jamais. Les plateformes sont nombreuses, toutes ouvertes dans leur communication, plus ou moins ouvertes dans la réalité. Ci joint deux listes et il y en a bien d’autres :

Y a t-il besoin d’un seul standard, d’une seule plateforme, d’une seule solution de connectivité ? Non bien sûr et c’est une des grandes différences avec l’internet « traditionnel » L’internet des objets est une multitude d’intranet des objets qui n’ont pas tous besoin d’être connectés entre eux et qui utilisent et utiliseront les technologies, les protocoles, les plate-formes les mieux adaptés.

A noter enfin en France en 2015, la création de deux entités permettant le design, le développement et la promotion des objets connectés : la Cité des objets connectés à Angers, pour le développement complet d’objets plutôt grand public et ConnectWave, une approche plus expérimentation d’objets connectés industriels, plus étude que réalisation. Deux structures complémentaires à suivre.

Dans le « Bilan 2014 » de l’année dernière, nous avions écrit : « En 2013, le grand public et les media avait découvert les beacons avec le lancement des iPhone 5S et 5C. Elle allait, comme toute nouvelle technologie, révolutionnait la planète et faire disparaitre le NFC. Nous avions expliqué que ce n’était pas le cas, avec raison. Le soufflet est retombé. Ces balises BLE ont toute leur utilité en ‘push’ marketing mais en aucun cas ne peuvent et ne pourront être utilisées dans tous les cas de figure offerts par le NFC. » Il n’y a pas grand chose à rajouter même si des développements sont en cours dans le retail ou le paiement et que de nombreuses sociétés de services offrent les deux technologies. Paypal qui avait annoncé des solutions de paiement à base de beacon a abandonné ce projet et commercialise désormais un terminal de paiement sans contact NFC.

UHF et drone (c) RFID Journal

UHF et drone (c) RFID Journal

En relisant mes billets de l’année, je m’aperçois que je n’ai écrit aucun article sur la RFID UHF en 2015, une première en 5 ans. Honte sur moi. Que les lecteurs me pardonnent. Cela ne m’a empêché de suivre (et de partager) le sujet sur Twitter et dans de nombreuses conférences. Et pourtant, la RFID UHF est l’une des briques de base de l’internet des objets industriels et la technologie a trouvé dans l’engouement pour l’industrie 4.0 un nouvel élan dans de nombreux projets logistiques / « supply chain », dans les applications de traçabilité (santé, hopitaux), la défense, l’aéronautique, l’énergie, l’agriculture … On peut y associer des drones comme dans les deux exemples ci-dessous. Des sociétés comme Airbus ou Decathlon ont continué leur déploiements massifs et à travers l’utilisation de cette technologie, l’Armée américaine est clairement la première entité au monde en terme d’objets connectés. A noter le changement de perception de cette technologie. Vilipendé il y a quelques années comme un technologie susceptible de menacer la vie privée des individus, elle est totalement à la base de nombreux projets internet des objets sans que personne ne s’en émeuve. La perception de ces sujets est bien volatile.

Jeans Kaporal et QR code (c) Le Parisien

Jeans Kaporal et QR code (c) Le Parisien

Tout comme la RFID, notre communication en 2015 sur les codes 2D et autres QRCodes a été très limitée. Et pourtant, c’est clairement une technologie qui a sa place dans notre grand fourre-tout. En plus du paiement et de la fidélité, Starbucks aux US ou Auchan en France, le plus grand retailer au monde Wal*Mart s’est également lancé dans l’aventure d’un paiement à base de QRCode en 2015. Rappelons que « les qualités et les limitations de la technologie QRcode n’ont pas changé. Elle est peu couteuse et simple à mettre en place pour des services de type lecture et partage d’information mais nécessite des manipulations de la part de l’utilisateur, le lancement d’une application spécifique ou d’un lecteur de code 2D et lecture visuelle du code, opérations peu naturelles et chronophages pour le consommateur. » Deux derniers exemples d’utilisations originales de QRcode en 2015 – rendre l’étude des mathématiques plus ludiques, et le QRcode intégré au jeans chez Kaporal.

Fin de cette deuxième partie bien confuse, comme le sujet étudié. A suivre … par la troisième et dernière, les perspectives 2016.

Pierre Métivier
@pierremetivier

Pour aller plus loin

Conférences

 Innovation et autres articles
 Les précédents «Bilans et perspectives »

 

L’internet des objets sera multiple ou ne sera pas !

L'internet des objets sera multiple ou ne sera pas

L’internet des objets sera multiple ou ne sera pas

L’association G9+ organisait le 2 octobre 2012 une conférence nommée « La révolution de l’internet des objets » avec un panel d’intervenants éclectiques comprenant Rafi Haladjian, Sen.se, également connu en tant que fondateur de Violet et son célèbre lapin connecté, le Nabaztag, Bruno Gallier, BusDev M2M & IOT, Orange Business services, Cyril Hullin, Mobiquithings, boite à outils pour connecter les objets avec des SIM multi opérateurs, Cédric Hutchings, Withings, et sa balance connectée, Damien Roux, IER (société spécialisée dans le RFID) du groupe Bolloré, la société derrière l’Autolib, Philippe Sajhau, IBM, présentant les initiatives Smart Cities du groupe et Jean Dussetour, Headoo (wireless social photography)

Sept intervenants, sept sociétés et sept visions différentes de l’Internet des objets comme un premier tour de table a permis de se rendre compte. L’internet des objets, c’est effectivement des objets connectés dès leur conception (Withings), des réseaux et outils pour connecter des objets existants (sen.se et mobiquitous), des infrastructures connectées – villes, smart meter, e-santé et autres services logistiques (IBM, Orange) voire des voitures (Bolloré) ou des images (Headoo). Des « cool things », petits objets connectés aux applications sociétales. Pour Rafi Haladjian, Sen.se, l’internet des objets n’a pas besoin d’une définition spécifique, c’est juste une extension de l’internet ce que conteste Pierre Chavy, un des animateurs du groupe G9+ qui a clairement exprimé son étonnement devant l’association du terme Internet aux objets connectés puisque de nombreux objets sont connectés sans Internet citant la clé de sa Toyota Prius et son avertisseur de danger Coyote. Pour l’un des intervenants, l’objet doit avoir conscience de son environnement. Pour Damien Roux, le mobile « bouffe » tous les objets (clé de voiture, carte d’accès..), les objets qui ne peuvent être bouffés feront partie de l’internet des objets. Pour paraphraser un film culte, cette définition est « un peu sommaire, mais ça peut être efficace« .

Internet des objets au G9Plus

Internet des objets au G9Plus

Pour le reste, cette conférence sans slides (un bon point) s’est développée dans toutes les directions, avec de nombreuses interventions de l’auditoire, rappelant le titre du livre de Roland Moreno « Le thèorème du bordel ambiant« . Pendant deux heures, la quasi-totalité des mots-clés liés au sujet ont été prononcés : en vrac, e-santé, RFID, normalisation, tag, standard, sécurité, CNIL, vol d’infos personnelles, kill the tag, smart city, ONS, DNS, adresse IPv6, Nabazag, big data, cloud, SIM-centric, NFC, frigo communicant, il n’a manqué qu’open hardware et Arduino.

Philippe Sajhau, IBM, a présenté les initiatives Smart Cities, et en particulier l’exemple de Malte Pour Damien Roux, Bolloré, la voiture sera communicante ou ne sera pas (la Google Car en est un excellent exemple) et pour Bruno Gallier, ce sera la cagette de légumes chez Auchan, la machine Nespresso et la chaudière de la maison. L’internet des objets, c’est aussi le smart metering (les compteurs intelligents) et Cyril Hullin aborde le retard de la France au niveau européen sur le sujet. Il existe tout un pan d’applications business et industrielles qui ne font pas rêver tout en étant inéluctables.

On peut simplement regretter que Rafi Haladjian n’ait pas été invité à présenter en détail les développements de sa nouvelle aventure entrepreneuriale. Il n’en a pas moins asséner quelques phrases choc comme « on se fout des normes, il faut des cool things » ou « l’ancètre de l’Internet des objets, c’est la photocopieuse« . On pourrait argumenter que la photocopieuse, c’est plus du copier/coller que du peer-to-peer. A une question sur les standards, Rafi Haladjian a affirmé qu’il est illusoire d’imaginer UN standard de l’internet des objets, et il a bien sûr raison.

Autres sujets notoires :

  • le respect de la vie privée, illustré par une anecdote cocasse. Dans une conversation, Madame X est fier de sa balance connectée Withings et elle installe l’application sur le mobile de monsieur Y pour simplement lui montrer les « jolies courbes » générées par l’application en fonction des mesures de la balance. Pendant des semaines ensuite, Monsieur X a pu continuer à suivre l’évolution du poids de madame Y sans qu’elle en soit consciente.
  • les usages, abordés très tard dans la discussion par Cédric Hutchings, Withings, en prenant comme exemple un produit maison, le « smart baby monitor« 
  • l’importance de l’ergonomie évoquée par Jean Dussetour, Headoo, et l’Eye-Fi WiFi SD-card comme exemple d’un excellent produit (permettait d’ajouter une connexion wifi à des boitiers photos de type Canon ou Nikon à travers une carte micro SD) mais dont la mauvaise ergonomie a tué la commercialisation et donc n’est jamais devenu innovation. Il cite aussi le site http://ifttt.com « Put the internet to work for you« .
  • l’humain, le citoyen, le consommateur, étrangement absents du débat comme si les objets nous avaient déjà remplacés au sein de l’Internet.
Rafi Haladjian, SEN.SE

Rafi Haladjian, SEN.SE

Pour leur dernière question, les animateurs ont demandé aux intervenants leur prévisions pour 2025. Rafi Haladjian, Sen.se, une fois de plus, a eu la seule réponse possible, se refusant de faire des prédictions en 2025 puisque toutes les prévisions du début de l’internet se sont révélées fausses. NDLR : il y a dix ans, il n’y avait ni Twitter, ni Facebook, ni iPhone, ni Kinect pour ne citer que ces exemples et personne ne les avait prédits.

A ce petit compte rendu, nous allons ajouter trois sujets non abordés par les intervenants : une classification possible des objets et deux visions complémentaires de cet Internet des objets.

  • Classification des objets
    Jacques André Fines Schlumberger et Jestlan Hopkins ont résumé dans un tableau une partie de ces concepts distinguant

    • des objets muets (sans identifiant numérique)
    • des objets sourds (passif, avec identifiant, Code barre, 2D, RFID passive)
    • des objets bavards (actif, avec identifiant, à la fois émetteur et récepteur – RFID active, capteurs)
    • des objets participatifs (Spime, Arduino, IPv6,…)

Cette classification permet de mieux comprendre la diversité du concept d’internet des objets et comment tous ces objets seront plus ou moins connectés et plus ou moins actifs dans ce nouveau monde.

  • Un Facebook des objets. Découvert à la conférence Mobile World Congress, la société Ericsson a présenté un concept d’interface proche d’un Facebook des Objets. De la même façon que vous pouvez lire les nouvelles de vos « amis », vos « objets-amis » vous donnent de leur nouvelles. Par exemple, votre voiture vous signale si elle manque d’essence, votre chauffage vous propose de baisser la température, une lampe allumée dans une pièce vide vous l’indique et vous pouvez réagir, partager, piloter, interroger, communiquer avec tous les objets de votre quotidien ainsi connectés.
  • Le mobile NFC comme baguette magique de votre environnement. Devenu indispensable à une grande partie d’entre nous, le smart phone ne nous quitte plus. Sa version NFC permet de communiquer avec son environnement proche. En approchant votre mobile NFC d’un monument ou d’une œuvre d’art, ces derniers vous raconteront leur histoire ; d’un instrument de musique, vous l’entendrez jouer, d’un paquet de gâteau, il vous dira si du gluten entre dans sa composition. Ces objets deviennent communicants, vous répondent quand vous les interrogez avec votre mobile sans contact.

C’est cela aussi l’Internet des objets et c’est beaucoup plus proche que 2025.

A suivre

Pierre Métivier

  • Le titre auquel vous avez échappé – Attention, un internet peut en cacher un autre.
  • Pour tous ceux qui sont intéressés par le sujet, signalons que
    • la célèbre conférence LeWeb du 4 au 6 décembre de Loïc Lemeur aura ce sujet comme thème principal cette année.
    • la quatrième conférence européenne sur le sujet, les 12 et 13 novembre, les deux précédentes éditions ayant été relatées dans ce blog.
  • Le site du « Internet of things council » dont l’auteur de ce blog est membre.

Cartes 2010, le salon de la carte à puce, de la SIM et du NFC

Cartes 2010

Cartes 2010

Cette semaine s’est tenu le salon Cartes 2010, le plus important salon au monde sur les marchés de la carte à puce (y compris les SIM), de l’authentification,  de l’identification, du paiement et de la sécurité numérique. Signe des temps, ce salon est devenu incontournable pour le monde de la NFC et de l’internet des objets, de plus en plus présents parmi les exposants.

Les mots clés de ce salon ont été : SEPA, Migration EMV, terminaux EFTPOS, m-paiements, e-transactions, protection des donnés, sécurité digitale, trusted Internet, identification, biométrie, documents d’identité, Authentification, contrôle d’accès, sans contact, secure element, cryptographie, SIM, mobilité NFC, M2M, Tap & GO, internet des objets. Sur ce dernier point, parmi les quinze cycles de conférences, trois étaient consacrés à l’Internet des objets.

Animé par David Robertson, éditeur du Nilson Report, la conférence inaugurale regroupant les CEOs des entreprises leaders sur les marchés de la carte à puce et de l’identification (Hypercom, Ingenico, Gemalto, G&D, Samsung, Infineon, Morpho (Safran) et Mastercard) a donné une bonne idée des tendances du marché.

Marc Bertin, Eurosmart

Marc Bertin, Eurosmart

En préambule au débat, Marc Bertin, président d’Eurosmart a donné quelques chiffres, ses prévisions et tendances du marché des Smart Secure Devices (carte à puce sous toutes ses formes (avec micro processeur) comme les cartes de paiements ET les cartes SIMs). Ce marché a augmenté de 18% en 2010 à 5,320 Milliards d’unités dont 4 Md de cartes SIM.

Les principaux marchés en expansion sont les télécom +18%, banque / distribution +17%,  gouvernement / administration +19% et transport +63%. Les produits sans contact, M2M, produits financiers mobiles sécurisées, la biométrie appliquée à l’identification, sont en plein développement. Coté géographique, les marchés les plus en progrès sont  la Chine, l’Inde, l’Indonésie et le Brésil.  Les cartes sans contact passeront de 265 M à 465 M en 2011, et dont 15 millions en NFC / mobiles principalement en Asie et en Europe. Les TPE bancaires sont à 22% en interface double (carte avec et sans contact).

Arrivée de nouveaux « form factors », des objets qui ne sont plus des cartes ou des téléphones, mais utilisant la technologie carte à puce, des « smart objects » / objets intelligents. La croissance du marché devrait continuer pour passer de 5 à 6 Md d’unité en 2011.

Table ronde avec

  • Mariano DIMA Vice-President Exécutif, Solutions Marketing & Paiement,  Visa Europe
  • Xavier DRILHON Directeur Général, Card Systems Division Oberthur Technologies
  • Philippe TARTAVULL Président Directeur Général,  Hypercom
  • Philippe LAZARE Président Directeur Général,  Ingenico
  • Olivier PIOU Président Directeur Général, Gemalto
  • Michael KUEMMERLE Membre du Comité de Direction, Directeur Groupe Cartes et Services,  Giesecke & Devrient
  • Th. KIM Vice-Président,  Samsung
  • Dr Helmut GASSEL, Président Division Cartes à Puce et Sécurité,  Infineon Technologies
  • Philippe D’ANDREA, Vice Président Exécutif, Division e-Documents,  Safran / Morpho
  • Edward McLAUGHLIN  Chief Emerging Payments Officer,  MasterCard Worldwide

 

Table ronde Cartes 2010

Table ronde Cartes 2010

  1. Post recession recovery – Visa perçoit une croissance solide et des clients de plus en plus en ligne. Pour Mastercard, il ne faut pas occulter les différences régionales. L’émergence des classes moyenne en Chine et en Inde sont les principaux moteurs de croissance de l’industrie, les pays matures marquent le pas.  Pour Morpho/Safran, la crise financière a peu affectée le business. Gemalto parle de changement d’attitude des opérateurs qui commencent à ouvrir leur SIM cards pour l’écosystème NFC. Hypercom confirme la croissance mais dans toutes les régions du monde, l’inéluctable arrivée du NFC et l’importance prise par Google et Apple dans l’écosystème NFC/mobile/SIM/cartes à puce.  Pour G&D, l’augmentation du marché est en unités pas le CA global est resté le même et confirme l’impact de Google et d’Apple pour l’industrie.
  2. Emerging security market – Pour Samsung, il est difficile de deviner comment sera le marché, même si les smartphones et les tablettes sont très présents. Les acteurs préparent des solutions globales pour protéger les données des utilisateurs. Infineon affirme que le marché de l’électronique devient un marché de la sécurité. Tout « device » qui calcule communiquera à terme et doit être sécurisé, quelque soit son type de connectivité. Toute  communication est un échange de données, données parfois dangereuses ou malignes. Pour Gemalto, une partie de la solution se trouve dans l’éducation du marché, connaissances des bonnes pratiques, des « privacy setttings’ et de la décision de chacun d’être visible. Un participant parle des voitures connectées qui peuvent être attaquées par exemple en sabotant l’ABS.  Oberthur propose de relever le niveau de sécurité de tout objet connecté à l’internet des objets, suggère d’utiliser sa smart-carte d’identité pour s’authentifier sur l’internet. Pour Samsung,  la technologie existe. Il rappelle que le niveau de sécurité des transactions dans les magasins est nettement supérieur à celles sur Internet. Pour Morpho/Safran, tout est dans « la preuve de son identité », une authentification sure, que peut permettre une carte à puce et la biométrie et ce qu’utilise les  banques, les telco, le gouvernement pour les papiers d’identité « Peut on faire confiance à Google et Apple pour l’authentification de son identité ?« 
  3. Industry security standards – G&D souhaite que l’association SPA (Smart Payment Alliance) soit plus entendu dans les négociations actuelles en terme  de standards. L’interopérabilité est clé pour créer le marché. Un intervenant propose l’utilisation du smartphone comme un outil de sécurité, rappelle l’importance de développer des services autour de l’utilisateur et qu’il y a trop de standards. L’adoption par les consommateurs ne se fera quand simplifiant la sécurité en citant Moneo. Trop de critères / sécurité ont tué Moneo.
  4. Global opportunities –  Ingenico recentre la discussion autour des clients (les marchands dans ce cas), met en avant la concergence, le mobile, l’e-paiement. Ingenico est convaincu que  tous les prochains terminaux accepteront NFC, et rappelle l’importance de la sécurité sur toute la chaine. Les américains et les chinois investissent chacun  7 Mds de $ investi sur les smart grids (M2M). Mastercard rappelle que 85% des paiements dans le monde sont toujours en cash, 80% au Japon. La confiance dans le paiement par mobile doit être basée sur la sécurité. Pour G&D, le NFC sur ces 6 derniers est une énorme vague et pour Samsung, les smartphones sont à la fois une opportunité et un risque.
  5. Cartes 2010 NFC

    Cartes 2010 NFC

    NFC Contactless / Sans contact – Gemalto est enthousiaste sur le NFC. Un progrès incroyable en 2010, renouveau de l’innovation, les utilisateurs sont satisfaits à des niveaux incroyables  (92 to 98% pour le NFC), les applications sont innombrables – transporteur, telco, banques. Une chance pour chacun, y compris pour se défendre d’Apple et de Google. Cela permet d’ajouter de nouveaux services et générer de la valeur. Pour Morpho / Safran, le NFC change le rôle des acteurs de l’écosystème et pose la question du « contrôle » du client final. Jusqu’à maintenant c’etait l’opérateur ou le transporteur. Attention à Apple (modèle itunes). La question sur le contrôle de l’identité dans le monde virtuel est reposée. Pour Infineon, 2011 est un année excitante, le NFC va se développer rapidement, c’est l’interface la plus simple pour dire oui ou non, l’acceptance par les utilisateurs est maximum.  Le NFC, c’est une interface qui change radicalement la manière d’utiliser les produits électroniques.  Pour Oberthur, la NFC est complémentaire des cartes sans contact, ne les remplace pas. Oberthur rappelle qu’il a développer une carte dual interface (avec ou sans contact) avec une LED pour confirmer la transaction. Visa développe un solutions de paiements mobiles sans contact à base de micro HD pour toutes les plateformes mobiles. Pour Samsung, la technologie est là et il y a de nombreuses opportunités de nouveau business.  Ingenico livre tous ces terminaux dans les deux modes. Pour Mastercard, nous sommes dans le réel, le concret est rappel la solution industrielle de sans contact déployée en Turquie. Pour Hypercom, le futur est difficile à prédire, les Google, Apple, Paypal tire le marché vers des directions imprévisibles. Enfin, G&D rappelle que jusqu’à présent, c’était un marché attentiste, chacun attendant que l’autre commence « chicken and eggs ». L’infrastructure se met en place, les terminaux  et les smartphones seront disponibles et donc le développement des applications NFC peut vraiment commencer en 2011.

En conclusion (personnelle) de la présentation Eurosmart et de cette table ronde.

  • La sécurité est un vrai sujet mis en avant par les industriels de la cartes à puce. Ce sujet permet de reprendre la main et se différencier des Apple et des Google, plusieurs fois cités comme menace, empêcheur de « fondre » en rond. Le changement de nom d’Inside Contactless en Inside Secure, annoncé pendant Cartes 2010 va également dans ce sens.
  • Chaque année depuis 5 ans, l’année prochaine sera l’année de la NFC. Cette année aussi mais après les annonces récentes de RIM (Blackberry), Google (Android), après Nokia et Samsung et très probablement, 2011 verra l’arrivée en masse de smartphones NFC, avec une insfrastructure qui se développe. Le chiffre de 800 millions de téléphones NFC en 2015 a été annoncé pendant la conférence.
  • L’internet des objets est une curiosité pour l’industrie. Personne n’a la même définition ou plutôt chacun a une vision centrée sur son activité mais tous sont conscients que de plus en plus d’objets seront connectés, pourront communiquer et donc, les technologies présentées sur le salon auront un rôle majeur.
  • Le marché est en expansion en terme d’unités, moins en termes de chiffres d’affaires, les prix étant en baisse.

D’autres billets sur le salon Cartes 2010 sont à suivre, sur des applications marquantes et les conférences.

Merci de vos commentaires.

Pierre Métivier

Pour en savoir plus, le blog de Cartes 2010 et le fil Tweeter

Et merci aux dynamiques animateurs de Cartes d’avoir mis en avant le blog « Avec ou sans contact » dans le blog de Cartes et identification 2010.

 

Cartes 2010

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