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L’internet des objets n’existe toujours pas et n’existera probablement jamais

L'internet des objets n'existe pas

L’internet des objets n’existe pas

Nouvelle et vile tentative d’attirer l’attention du lecteur par un titre accrocheur ! Comment ce blog qui parle d’internet des objets depuis près de 10 ans, peut-il titrer sur la non-existence de son sujet principal (1) ? Cela mérite bien sûr quelques explications.

Il n’y aura pas d’internet des objets ! Et pourtant, les analystes les plus sérieux et les plus grandes entreprises nous prédisent qu’en 2020, (dans 2 mois !), nous aurons des milliards d’objets connectés, un nombre très précisément approximatif entre 20 et 1500 milliards pour Samsung en passant par 50 pour Cisco ou 212 pour IDC.

Que ce soit 20 ou 1 500 milliards (2), cela importe peu. Parmi les questions qui se posent, trois expliquent le titre de l’article « Tous ces objets existants ou à venir sont-ils, seront-ils connectés ensemble dans le cadre d’un internet des objets global, peuvent-ils l’être, existe-t-il un intérêt à ce qu’ils le soient ? » et les réponses sont clairement non. Tous ces objets connectés ne constituent pas un internet des objets unique et global comme l’internet mais ce qu’on pourrait appeler une collection d’intranets des objets, plus ou moins indépendants.

L’internet est un réseau de réseaux basé sur un protocole clairement défini TCP/IP, où chaque device a son adresse IP, où les sites sont localisés et accessibles grâce aux DNS. Les intranet utilisent globalement les mêmes protocoles que pour l’internet mais pours des usages privés. De son côté, l’ensemble des technologies, objets et services constituant ce qui est nommé Internet des objets est disparate et multiple, en terme de capteurs, actionneurs, de protocoles de communication, de connectivité (du NFC au 5G, en passant par la RFID, le BLE, le LPWA type Sigfox et Lora, et tous les protocoles industriels spécialisées), de standards et surtout d’usages. Un jour, la route et ses infrastructures seront connectés avec les voitures autonomes, les objets connectés de la maison le seront également, et ces deux mondes feront partie d’une smart city en devenir avec les infrastructures énergétiques et de santé. Ceci, quel rapport entre le suivi à distance des pneus chez Michelin et le contenu de mon réfrigérateur ? Quels liens entre les vêtements suivis par RFID chez Décathlon et les pièces d’un A350 ? Entre le livre de la bibliothèque et le pacemaker connecté d’un parent ? Il n’y en a pas (3)

Smart world (c) Libelium

Smart world (c) Libelium

« Tout ce qui peut être connecté le sera. » (4) Il y a foison d’applications réelles (principalement industrielles) et potentielles, beaucoup moins de « business models » viables et des myriades de technologies disponibles pour les réaliser. Des standards uniques et globaux sont illusoires, étant donné la diversité sans fin des projets. Prenons l’exemple d’un répertoire universel permettant le suivi des objets. Il y a 15 ans, des projets type ONS (Object Naming Services) ont vu le jour, aussi bien aux US (GS1 et Verisign) qu’en France (Orange) avec l’idée de devenir les DNS des objets, des annuaires globaux permettant le suivi et la localisation des objets (au départ RFID). Ils ont disparu au profit de plateformes spécialisées ou de « plateformes collaboratives de traçabilité » pour reprendre un terme GS1. Ceci dit, sous l’impulsion de GS1 France et de l’AFNIC, un ONS 2.0 a été annoncé en 2013 et l’idée d’un système ONS global utilisant l’infrastructure DNS ne semble pas avoir été totalement abandonnée (5).

L’internet des objets n’existe toujours pas et n’existera probablement jamais. A sa place, il y aura un multitude d’intranets des objets, au niveau d’une industrie, d’une ville, d’une maison, d’une infrastructure, plus ou moins indépendants des uns et des autres, plus ou moins privées, plus ou moins personnels, avec des technologies, des standards, des connectivités multiples.

Est-ce que tout cela a de l’importance ? Probablement non, sauf peut-être dans le cas de la conception d’un objet / service connecté. Cette compréhension que l’internet des objets n’est pas une entité globale et homogène doit permettre de ne pas essayer de créer des objets « universels » mais de développer dans un cadre réaliste avec les technologies adaptées. « Qui trop embrasse mal étreint. »

Enfin, le terme internet des objets va continuer à perdurer pendant de nombreuses années, et nous continuerons à l’utiliser bien sûr.

A suivre, dès demain, au Forum de l’IOT, bien sûr 😉

Pierre Métivier
@pierremetivier

Notes

  1. Ceci dit, c’est un sujet que nous avions déjà abordé en Novembre 2010 dans ce même blog sous le titre «  l’internet des objets existe-t-il ? »   et la conclusion n’a guère évoluée depuis.
  2. Nous y reviendrons dans un prochain article.
  3. Sauf à stocker ses pneus dans son réfrigérateur ! 😉
  4. Une phrase prononcée par les fondateurs de l’Agence Enero, Marc Charreyron et Olivier Mevel (également à l’origine du Nabaztag).
  5. Aucune information nouvelle n’est disponible depuis 2013, sur l’implémentation ou sur l’usage de l’ONS 2.0.

Pour aller plus loin

RFID, NFC, Internet des objets et innovations sans contact – Bilan 2015 et perspectives 2016 – 2/3 – l’internet des objets

Quel internet des objets ?

Quel internet des objets ?

Après avoir abordé les services NFC dans la première partie, ce billet passera en revue les autres technologies sans contact, les objets connectés et plus globalement l’internet des objets.

Dans ce dernier domaine, nous pouvons reprendre le même texte qu’en 2013 et 2014 « il a régné une grande effervescence autour des objets connectés et des wearables qui n’est par sans rappeler la bulle Internet des années 2000. » Tous les grands acteurs mondiaux sont désormais lancés sur ce « marché » , non seulement les acteurs du numérique en tout genre Microsoft, Apple, Google, Samsung, Cisco, Intel, SAP, Oracle, mais aussi et peut-être surtout les sociétés de services (banques, assurances, telcos, santé, énergie, … ) et les industriels « brick & mortars » en tout genre (commerce, bâtiment, électroménager, automobile, …), de plus en plus conscient que cet internet des objets n’est qu’un autre nom à la numérisation, la dématérialisation et à la désintermédiation qui ont transformées radicalement des industries comme la musique, la photo, le cinéma, l’édition, l’hôtellerie ou le transport et qui menacent toutes les autres. D’où les multiples annonces et rachats d’entreprises et de startups.

Une grande effervescence donc et une confusion toute aussi grande. L’internet des objets est une grand fourre-tout dans lequel on retrouve aussi bien les objets connectés que les objets « smart« , wearables, et de nombreux gadgets connectés, les smart « things » dans le domaine de la maison (la domotique), de la ville, de la santé, du transport mais aussi l’internet des objets industriels – le M2M ou industrie 4.0 et tout la technologie sous-jacente, toute l’infrastructure de type plateforme et réseaux de connectivité. Nul doute que ces sujets continueront à agiter les état-majors des entreprises et les rédactions des journaux et magazines et ce sera d’autant plus le cas en cette période de CES à Las Vegas et sa cohorte de gadgets dont l’utilité et l’usage est un sujet secondaire par rapport à la simple possibilité de connecter un objet qui ne n’a pas encore été. Comme trop souvent, on en publiera les faire-parts de naissance sans jamais citer les avis de décès presque aussi nombreux. A ce sujet, il est toujours passionnant de lire le rapport dOlivier Ezratty sur le CES, en particulier la version complète à venir, mais aussi parcourir les précédentes et retrouver les « smart trucs » qui allaient révolutionner bla-bla-bla et qui ont disparus depuis. Sur les objets connectés, d’excellents blogs spécialisés vous présenteront toutes les derniers nouveautés, nous n’en parlerons pas plus.

Vous trouverez ci-dessous un certain nombre de billets écrits en 2015 liés à la santé, à l’énergie, aux transports pour compléter cette introduction.

Sur la partie infrastructure, trois éléments sont à la base de tous ces développements : la connectivité, la standardisation et les plateformes de gestion d’objets. Et ces trois sujets ont également animé 2015.
Associé Sigfox et le NFC dans un même objet

Associé Sigfox et le NFC dans un même objet

Sur la connectivité longue distance, par-delà les réseaux opérateurs de 2 à 5G, la bataille fait rage entre Sigfox, le premier arrivé et Lora. Sigfox se déploie partout dans le monde avec des accords avec de grands industriels mondiaux. Lora est la solution mise en avant par les opérateurs français, autant par réaction tactique que par choix technologique. Les whites spaces semblent distancés de part leur non-universalité géographique, et leur complexité de mise-en-oeuvre. Sur la connectivité courte distance, nous avons vu dans le rapport précédent que le NFC est très présent mais bien sûr n’est pas la seule technologie disponible – la RFID UHF, le BlueTooth Low Energy, le Zigbee, les nombreux protocoles de la domotique et même les QRcode ont leur usages nous y reviendrons. A noter la possibilité le projet Lysbox a utilisé à la fois Sigfox pour la remontée d’information vers le SI et le NFC pour son acquisition dans la maison. Autre cas, Gazpar, le compteur « communicant » de GrDF qui utilise également cette combinaison de connectivité comprenant le NFC. Le meilleur des deux mondes pour des applications connectées, frugales en énergie et donc économiques.

Tous ces nouveaux acteurs se retrouvent dans des associations d’industriels poussant à la (leur) standardisation même si derrière ces standards, il y a toujours un industriel et sa technologie. Les principales associations sont :

Les alliances de l'IOT (c) Postscapes

Les alliances de l’IOT (c) Postscapes

Les plateformes de gestion d’objets sont multiples. Qu’il est loin le temps de l’ONS (Object Naming Services), un DNS centralisé des objets, qui n’a jamais été utilisé (que ce soit aux US ou en France) et ne le sera probablement jamais. Les plateformes sont nombreuses, toutes ouvertes dans leur communication, plus ou moins ouvertes dans la réalité. Ci joint deux listes et il y en a bien d’autres :

Y a t-il besoin d’un seul standard, d’une seule plateforme, d’une seule solution de connectivité ? Non bien sûr et c’est une des grandes différences avec l’internet « traditionnel » L’internet des objets est une multitude d’intranet des objets qui n’ont pas tous besoin d’être connectés entre eux et qui utilisent et utiliseront les technologies, les protocoles, les plate-formes les mieux adaptés.

A noter enfin en France en 2015, la création de deux entités permettant le design, le développement et la promotion des objets connectés : la Cité des objets connectés à Angers, pour le développement complet d’objets plutôt grand public et ConnectWave, une approche plus expérimentation d’objets connectés industriels, plus étude que réalisation. Deux structures complémentaires à suivre.

Dans le « Bilan 2014 » de l’année dernière, nous avions écrit : « En 2013, le grand public et les media avait découvert les beacons avec le lancement des iPhone 5S et 5C. Elle allait, comme toute nouvelle technologie, révolutionnait la planète et faire disparaitre le NFC. Nous avions expliqué que ce n’était pas le cas, avec raison. Le soufflet est retombé. Ces balises BLE ont toute leur utilité en ‘push’ marketing mais en aucun cas ne peuvent et ne pourront être utilisées dans tous les cas de figure offerts par le NFC. » Il n’y a pas grand chose à rajouter même si des développements sont en cours dans le retail ou le paiement et que de nombreuses sociétés de services offrent les deux technologies. Paypal qui avait annoncé des solutions de paiement à base de beacon a abandonné ce projet et commercialise désormais un terminal de paiement sans contact NFC.

UHF et drone (c) RFID Journal

UHF et drone (c) RFID Journal

En relisant mes billets de l’année, je m’aperçois que je n’ai écrit aucun article sur la RFID UHF en 2015, une première en 5 ans. Honte sur moi. Que les lecteurs me pardonnent. Cela ne m’a empêché de suivre (et de partager) le sujet sur Twitter et dans de nombreuses conférences. Et pourtant, la RFID UHF est l’une des briques de base de l’internet des objets industriels et la technologie a trouvé dans l’engouement pour l’industrie 4.0 un nouvel élan dans de nombreux projets logistiques / « supply chain », dans les applications de traçabilité (santé, hopitaux), la défense, l’aéronautique, l’énergie, l’agriculture … On peut y associer des drones comme dans les deux exemples ci-dessous. Des sociétés comme Airbus ou Decathlon ont continué leur déploiements massifs et à travers l’utilisation de cette technologie, l’Armée américaine est clairement la première entité au monde en terme d’objets connectés. A noter le changement de perception de cette technologie. Vilipendé il y a quelques années comme un technologie susceptible de menacer la vie privée des individus, elle est totalement à la base de nombreux projets internet des objets sans que personne ne s’en émeuve. La perception de ces sujets est bien volatile.

Jeans Kaporal et QR code (c) Le Parisien

Jeans Kaporal et QR code (c) Le Parisien

Tout comme la RFID, notre communication en 2015 sur les codes 2D et autres QRCodes a été très limitée. Et pourtant, c’est clairement une technologie qui a sa place dans notre grand fourre-tout. En plus du paiement et de la fidélité, Starbucks aux US ou Auchan en France, le plus grand retailer au monde Wal*Mart s’est également lancé dans l’aventure d’un paiement à base de QRCode en 2015. Rappelons que « les qualités et les limitations de la technologie QRcode n’ont pas changé. Elle est peu couteuse et simple à mettre en place pour des services de type lecture et partage d’information mais nécessite des manipulations de la part de l’utilisateur, le lancement d’une application spécifique ou d’un lecteur de code 2D et lecture visuelle du code, opérations peu naturelles et chronophages pour le consommateur. » Deux derniers exemples d’utilisations originales de QRcode en 2015 – rendre l’étude des mathématiques plus ludiques, et le QRcode intégré au jeans chez Kaporal.

Fin de cette deuxième partie bien confuse, comme le sujet étudié. A suivre … par la troisième et dernière, les perspectives 2016.

Pierre Métivier
@pierremetivier

Pour aller plus loin

Conférences

 Innovation et autres articles
 Les précédents «Bilans et perspectives »

 

L’internet des objets sera multiple ou ne sera pas !

L'internet des objets sera multiple ou ne sera pas

L’internet des objets sera multiple ou ne sera pas

L’association G9+ organisait le 2 octobre 2012 une conférence nommée « La révolution de l’internet des objets » avec un panel d’intervenants éclectiques comprenant Rafi Haladjian, Sen.se, également connu en tant que fondateur de Violet et son célèbre lapin connecté, le Nabaztag, Bruno Gallier, BusDev M2M & IOT, Orange Business services, Cyril Hullin, Mobiquithings, boite à outils pour connecter les objets avec des SIM multi opérateurs, Cédric Hutchings, Withings, et sa balance connectée, Damien Roux, IER (société spécialisée dans le RFID) du groupe Bolloré, la société derrière l’Autolib, Philippe Sajhau, IBM, présentant les initiatives Smart Cities du groupe et Jean Dussetour, Headoo (wireless social photography)

Sept intervenants, sept sociétés et sept visions différentes de l’Internet des objets comme un premier tour de table a permis de se rendre compte. L’internet des objets, c’est effectivement des objets connectés dès leur conception (Withings), des réseaux et outils pour connecter des objets existants (sen.se et mobiquitous), des infrastructures connectées – villes, smart meter, e-santé et autres services logistiques (IBM, Orange) voire des voitures (Bolloré) ou des images (Headoo). Des « cool things », petits objets connectés aux applications sociétales. Pour Rafi Haladjian, Sen.se, l’internet des objets n’a pas besoin d’une définition spécifique, c’est juste une extension de l’internet ce que conteste Pierre Chavy, un des animateurs du groupe G9+ qui a clairement exprimé son étonnement devant l’association du terme Internet aux objets connectés puisque de nombreux objets sont connectés sans Internet citant la clé de sa Toyota Prius et son avertisseur de danger Coyote. Pour l’un des intervenants, l’objet doit avoir conscience de son environnement. Pour Damien Roux, le mobile « bouffe » tous les objets (clé de voiture, carte d’accès..), les objets qui ne peuvent être bouffés feront partie de l’internet des objets. Pour paraphraser un film culte, cette définition est « un peu sommaire, mais ça peut être efficace« .

Internet des objets au G9Plus

Internet des objets au G9Plus

Pour le reste, cette conférence sans slides (un bon point) s’est développée dans toutes les directions, avec de nombreuses interventions de l’auditoire, rappelant le titre du livre de Roland Moreno « Le thèorème du bordel ambiant« . Pendant deux heures, la quasi-totalité des mots-clés liés au sujet ont été prononcés : en vrac, e-santé, RFID, normalisation, tag, standard, sécurité, CNIL, vol d’infos personnelles, kill the tag, smart city, ONS, DNS, adresse IPv6, Nabazag, big data, cloud, SIM-centric, NFC, frigo communicant, il n’a manqué qu’open hardware et Arduino.

Philippe Sajhau, IBM, a présenté les initiatives Smart Cities, et en particulier l’exemple de Malte Pour Damien Roux, Bolloré, la voiture sera communicante ou ne sera pas (la Google Car en est un excellent exemple) et pour Bruno Gallier, ce sera la cagette de légumes chez Auchan, la machine Nespresso et la chaudière de la maison. L’internet des objets, c’est aussi le smart metering (les compteurs intelligents) et Cyril Hullin aborde le retard de la France au niveau européen sur le sujet. Il existe tout un pan d’applications business et industrielles qui ne font pas rêver tout en étant inéluctables.

On peut simplement regretter que Rafi Haladjian n’ait pas été invité à présenter en détail les développements de sa nouvelle aventure entrepreneuriale. Il n’en a pas moins asséner quelques phrases choc comme « on se fout des normes, il faut des cool things » ou « l’ancètre de l’Internet des objets, c’est la photocopieuse« . On pourrait argumenter que la photocopieuse, c’est plus du copier/coller que du peer-to-peer. A une question sur les standards, Rafi Haladjian a affirmé qu’il est illusoire d’imaginer UN standard de l’internet des objets, et il a bien sûr raison.

Autres sujets notoires :

  • le respect de la vie privée, illustré par une anecdote cocasse. Dans une conversation, Madame X est fier de sa balance connectée Withings et elle installe l’application sur le mobile de monsieur Y pour simplement lui montrer les « jolies courbes » générées par l’application en fonction des mesures de la balance. Pendant des semaines ensuite, Monsieur X a pu continuer à suivre l’évolution du poids de madame Y sans qu’elle en soit consciente.
  • les usages, abordés très tard dans la discussion par Cédric Hutchings, Withings, en prenant comme exemple un produit maison, le « smart baby monitor« 
  • l’importance de l’ergonomie évoquée par Jean Dussetour, Headoo, et l’Eye-Fi WiFi SD-card comme exemple d’un excellent produit (permettait d’ajouter une connexion wifi à des boitiers photos de type Canon ou Nikon à travers une carte micro SD) mais dont la mauvaise ergonomie a tué la commercialisation et donc n’est jamais devenu innovation. Il cite aussi le site http://ifttt.com « Put the internet to work for you« .
  • l’humain, le citoyen, le consommateur, étrangement absents du débat comme si les objets nous avaient déjà remplacés au sein de l’Internet.
Rafi Haladjian, SEN.SE

Rafi Haladjian, SEN.SE

Pour leur dernière question, les animateurs ont demandé aux intervenants leur prévisions pour 2025. Rafi Haladjian, Sen.se, une fois de plus, a eu la seule réponse possible, se refusant de faire des prédictions en 2025 puisque toutes les prévisions du début de l’internet se sont révélées fausses. NDLR : il y a dix ans, il n’y avait ni Twitter, ni Facebook, ni iPhone, ni Kinect pour ne citer que ces exemples et personne ne les avait prédits.

A ce petit compte rendu, nous allons ajouter trois sujets non abordés par les intervenants : une classification possible des objets et deux visions complémentaires de cet Internet des objets.

  • Classification des objets
    Jacques André Fines Schlumberger et Jestlan Hopkins ont résumé dans un tableau une partie de ces concepts distinguant

    • des objets muets (sans identifiant numérique)
    • des objets sourds (passif, avec identifiant, Code barre, 2D, RFID passive)
    • des objets bavards (actif, avec identifiant, à la fois émetteur et récepteur – RFID active, capteurs)
    • des objets participatifs (Spime, Arduino, IPv6,…)

Cette classification permet de mieux comprendre la diversité du concept d’internet des objets et comment tous ces objets seront plus ou moins connectés et plus ou moins actifs dans ce nouveau monde.

  • Un Facebook des objets. Découvert à la conférence Mobile World Congress, la société Ericsson a présenté un concept d’interface proche d’un Facebook des Objets. De la même façon que vous pouvez lire les nouvelles de vos « amis », vos « objets-amis » vous donnent de leur nouvelles. Par exemple, votre voiture vous signale si elle manque d’essence, votre chauffage vous propose de baisser la température, une lampe allumée dans une pièce vide vous l’indique et vous pouvez réagir, partager, piloter, interroger, communiquer avec tous les objets de votre quotidien ainsi connectés.
  • Le mobile NFC comme baguette magique de votre environnement. Devenu indispensable à une grande partie d’entre nous, le smart phone ne nous quitte plus. Sa version NFC permet de communiquer avec son environnement proche. En approchant votre mobile NFC d’un monument ou d’une œuvre d’art, ces derniers vous raconteront leur histoire ; d’un instrument de musique, vous l’entendrez jouer, d’un paquet de gâteau, il vous dira si du gluten entre dans sa composition. Ces objets deviennent communicants, vous répondent quand vous les interrogez avec votre mobile sans contact.

C’est cela aussi l’Internet des objets et c’est beaucoup plus proche que 2025.

A suivre

Pierre Métivier

  • Le titre auquel vous avez échappé – Attention, un internet peut en cacher un autre.
  • Pour tous ceux qui sont intéressés par le sujet, signalons que
    • la célèbre conférence LeWeb du 4 au 6 décembre de Loïc Lemeur aura ce sujet comme thème principal cette année.
    • la quatrième conférence européenne sur le sujet, les 12 et 13 novembre, les deux précédentes éditions ayant été relatées dans ce blog.
  • Le site du « Internet of things council » dont l’auteur de ce blog est membre.