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Forum CB 2018, la carte bancaire dans tous ses états !

Forum CB 2018

Forum CB 2018

Le 3 octobre 2018 s’est tenu le Forum CB, un conférence annuelle organisée par le Groupement Cartes Bancaires à la Maison de la Chimie. Et les sujets n’ont pas manqué (parcours client, données, RGPD, confiance, …) Des intervenants de provenances variés y compris en dehors du cercle bancaire ont permis des débats animés et moins techniques qu’il n’y parait pour une conférence autour des systèmes de paiement. Morceaux choisis des interventions et débats plus ou moins édités et commentés, forcémment incomplets.

Pascal Célérier CB

Pascal Célérier CB

Pascal Célérier, le président du Conseil de Direction, Groupement CB a présenté quelques données de marché – 2 milliards de paiements sans contact NFC annuel en France en route vers les 3 milliards, une des rares fois de la journée où le paiement carte sans contact sera abordé, preuve de son acceptation par le grand public. 10 millions de paiement sans contact mobile ont également été annoncés ce qui est la fois beaucoup et très peu par rapport à la masse des paiements cartes. (Ceci dit, rappelons nous les débuts poussifs de la carte de paiement sans contact et tournons nous vers la Chine pour prendre du recul par rapport à cette information – NDLR). Enfin, le système cartes bancaires en France a le taux de fraude le plus bas au monde à 0,034%. Pascal Célérier ne croit pas au grand soir du paiement. L’instant paiement, les paiement alternatifs, le paiement par mobile ont leur rôle mais le socle reste la carte.

Eric Salobir

Eric Salobir

Et donc un premier intervenant médiatique « différent » au Forum CB, le Frère Eric Salobir, Président OPTIC, dont l’intervention se nomme « Digitalisation de l’économie, enjeux et place de l’humain dans ce monde de plus en plus technologique ». M. Salobir nous parle de confiance, ou plutôt, du manque de confiance dans les technologies. Il cite Descartes (Tabla rasa) pour parler de la rupture apportée par les nouvelles plateformes type Uber. Il faut que les mots aient la même valeur pour tout le monde, l’interopérabilité a été permise jusqu’à présent par les institutions. La blockchain casse ce modèle de confiance pour la remplacer par une confiance dans les algorithmes. (« Code is law », pour cité Lawrence Lessig NDLR). Non sans humour, il nous dit « La religion est un « business » basée sur la confiance. » Mais il existe un décalage entre la « parole » (double sens ? NDLR) et les faits. Il faut repolitiser la technologie, un sujet trop sérieux pour la confier aux technologistes, paraphrasant Clémenceau. Foi et confiance ont la même racine latine rappelle Martial You, RTL, l’animateur de la journée, avant de présenter la première table ronde.

Forum CB TR1

Forum CB TR1

Cette première table ronde porte sur la confiance et les sources de données. « A l’ère de la donnée, dont on dit que c’est le nouveau carburant de l’économie, les relations de confiance qui unissent acteurs économiques et citoyens sont en train de changer de nature. Il n’est pas d’économie sans confiance et il n’est plus d’innovation sans données. Le rôle des tiers de confiance est dès lors central et banques comme commerçants sont en première ligne. » avec Denis Jacquet, Président, «Parrainer la croissance», Stéphane Hugon, Sociologue et Claire Levallois-Barth, Maître de conférence, Telecom ParisTech.

Nous apportons notre confiance de façon légère nous dit Denis Jacquet. Qui connait personnellement Jeff Bezos ? Comment expliquer la méfiance autour de Linky, le compteur « connecté » d’EDF et la confiance (traduit par les achats) autour des assistants vocaux /enceintes connectés type Google Home ou Amazon Echo, ose Martial You avec raison. Toujours pour Denis Jacquet, le plan IA en France est « pathétique ». Confiance, données, RGPD, on doit parler d’autres choses, de l’avenir, de notre avenir. Claire Levallois-Barth, Telecom ParisTech présente l’étude « Signes de confiance – l’impact des labels sur la gestion des données personnelles ». Il y a un monde au delà de la seconde qui suit. Message à faire passer à nos ados pour Denis Jacquet. Rétablir la confiance dans l’avenir, un projet pour le Groupement CB. Pour Stéphane Hugon, l’individu est une « invention » occidentale, le concept n’existe pas en Asie. ça explique la différence de perception de la confiance entre l’Europe et l’Asie. La valeur est dans le vide. La richesse est dans les interactions. Importance de l’empuissancement (empowerment et merci à nos amis québecois) des consommateurs.

Forum CB TR2

Forum CB TR2

« Les systèmes de paiement : vers plus d’indépendance et de souveraineté ? » est le thème de la deuxième table ronde. La question posée : « Alors que les tendances économiques poussent vers toujours plus de globalisation, nombre de choix politiques récents s’orientent vers plus d’indépendance et de souveraineté des territoires. Comment se conjuguent ces apparentes contradictions pour les systèmes de paiement nationaux en Europe et dans le monde ? » avec Matthias Hönisch, GiroCard (Allemagne),  Thierry Huque, Bancontact-Payconiq (Belgique), Juan-Carlos Martin, STMP(Espagne), Cédric Sarazin, Groupement CB (France), Zhihong Wei, UnionPay (Chine)

Pour Thierry Huque, Bancontact-Payconiq, la technologie « système de paiement » est chère. Soit vous investissez dans des technos propriétaires, soit vous utilisez les technos des autres, soit vous collaborez et c’est notre choix. Cédric Sarazin rappelle que le Groupement CB a toujours coopéré avec les autres schemes comme Visa et Mastercard et désormais UnionPay. UnionPay est devenu plus important que ces derniers, d’où l’accord signé le 19 juillet 2018. Il ne faut pas oublier les autres schemes européens et leur interconnexion à travers le Projet ECBI (pas sûr de l’acronyme — NDLR) Est-ce que le paiement mobile signifie la fin de la carte physique ? On en est loin pour Thierry Hughe. Les paiements mobiles n’ont pas encore dépassé la carte en Chine (21% des paiements) pour Zhihong Wei, UnionPay. Le marché du paiement mobile chinois est divisé entre deux technologies : NFC et QRCode. Pour Cédric Sarazin, l’intérêt des consommateurs sur la protection des données oblige à changer fondamentalement les systèmes de paiement, tout comme les paiements instantanés.

Forum CB TR3

Forum CB TR3

Troisième table et dernière table ronde Respect de la vie privée, sécurité et fluidité des parcours clients : une équation impossible ou une opportunité ? avec Karine Boubel, Directeur Juridique, Groupement Cartes Bancaires, Jean-Michel Chanavas, Délégué Général, MERCATEL, Bilal El Kouche, Directeur Groupe Paiement, VentesPrivée.com, Loÿs Moulin, Directeur du Développement, Groupement Cartes Bancaires. La question posée par la table ronde : «  A l’heure du RGPD et du RTS, peut-on répondre à la triple d’exigence de renfort des dispositifs de sécurisation, de demandes de parcours clients toujours plus fluides et de respect de la vie privée des consommateurs ? Que propose CB ?  » 

La RGPD permet de recréer de la confiance dans les marques. La RTS, une norme technique d’un article de la DSP2 pour sécuriser les transactions en ligne – authentification forte pour Karine Boubel, Directeur Juridique, Groupement Cartes Bancaires.

Pour les représentants du commerce sur la table ronde, la RTS et l’authentification forte ne sont peut-être pas les meilleures solutions.  » Pour vous vendre un rosbif, le boucher n’a pas besoin de vos informations personnelles  » nous rappelle Jean-Michel Chanavas, Délégué Général, MERCATEL. Il y a une différence entre « je te donne des infos, je reçois des promos » et une relation de confiance entre un commerçant et son client qui passe par la relation humaine.
Prendre les régulations comme des opportunités. Les RTS sont liés à la fraude, nécessaire dans le e-commerce à cause des fraudes beaucoup plus importantes en ligne qu’en paiement carte en magasin physique. La fraude en ligne, c’est un vrai problème mais une mauvaise solution. Laissons l’écosystème gérer le problème.

 » On n’a jamais acheté de data, on n’a jamais vendu de data « . La confiance des clients est clé pour notre business nous dit Bilal El Kouche, Directeur Groupe Paiement, VentePrivée.com
La fraude en ligne est un vrai sujet, l’authentification forte (type 3D-Secure non cité) est une vraie friction / frein pour les ventes. La reconnaissance faciale (par selfie) est mieux acceptée par les jeunes générations. (Non dit, la sécurité est une question de coût par les entreprises. Si le coût de la sécurité est plus important que la perte de CA liée à la fraude correspondante, certaines entreprises acceptent la fraude. #NDLR)

Pour Loÿs Moulin, Directeur du Développement, Groupement CB, dans le RTS, il y a 2 dimensions : l’authentification forte et la sécurisation des échanges. Payer sans passer à la caisse, ça me fait penser à Raymond Devos. (Pas sûr qu’Amazon se soit inspiré de Devos pour créer ses magasins sans caisse – NDLR) Il est nécessaire que les systèmes d’authentification soient acceptés par les consommateurs, Biométrie – 50% prêt et donc 50% pas prêt, c’est encore moins bon pour les selfie ou la reconnaissance des veines.

Le LabByCb a profité de l’événement pour présenter une carte CB sans contact ET à authentification biométrique pour encore plus de sécurité. Une expérimentation en conditions réelles sera lancé début 2019. La démonstration sur le stand du LabByCB était fonctionnelle.

De même que les produits et services présentés par les startups suivis et encouragés par le LabByCb.

Philippe Laulanie CB

Philippe Laulanie CB

L’écosystème du groupe va bien, nous dit Philippe Laulanie, directeur général de Groupement CB, en conclusion, que ce soit en magasin ou en ligne (90% du paiement en ligne est en carte). La place du consommateur est à son centre. Audace, sérénité, constance et ouverture sont les valeurs gouvernant l’action du Groupement CB. Avant de développer les aspects technologiques, il faut réunir les hommes et créer une stratégie. Développer la confiance des français et des européens sur le premier scheme européen. Et ouvrir, interconnecter les schemes dans la sécurité en gardant l’indispensable confiance. CB, un atout français et européen, moteur de croissance et d’innovation au service de la confiance.

Enfin, en terme de confiance, nous devrions prendre exemple sur les abeilles et la ruche. (Ceci dit, même si la notion de solidarité semble présente chez les abeilles, la notion de confiance existe-t-elle ? Ou alors peut-être, dans une version plus asiatique qu’européenne. Dans tous les cas, les abeilles, c’est bien aussi pour faire le buzzzzzz – NDLR). 

A suivre !

Pierre Métivier

@PierreMetivier

Pour aller plus loin

RFID, NFC, Internet des objets et innovations sans contact – 4/4 – Perspectives 2017

Prévisions 2017 - Innovation RFID NFC IOT and beyond

Prévisions 2017 – Innovation RFID NFC IOT and beyond

Avant de passer aux prévisions de 2017, prenons le risque de revenir en arrière et se rappeler nos prévisions précédentes. Et donc, qu’avions nous prévu pour 2016, tout d’abord autour de la technologie NFC puis au sujet de l’Internet des objets ?

Apple NFC

  • « Même si en 2015, il n’y a pas eu de développement de nouveaux services NFC hors paiement sur iPhone, nous sommes confiant du support complet à venir. Apple est entré au « board of directors » du NFC Forum en 2015 et c’est un signe très encourageant pour le support à venir des différents modes du NFC. Il est même possible d’envisager des solutions liées au transport pour 2017 en France (déjà possible à Londres). »

Bilan plus que mitigé – Le sans contact version Apple s’est bien développé globalement mais uniquement en version paiement grâce à ApplePay. Il s’est développé également dans le domaine du transport uniquement au Japon, mais sans passer par la norme NFC, en adaptant l’iPhone au standard sans contact local Felica proposé par Sony. Du sans contact oui, mais propriétaire. On peut considérer cet accord comme un frein au déploiement mondial du NFC. Plus de détails sur « RFID, NFC, internet des objets et innovations sans contact – Bilan 2016  – 1/4 – NFC

Paiement sans contact

  • « Au niveau mondial, la bataille entre Apple, Samsung, Google (et potentiellement Microsoft) sur les wallets mobiles NFC va continuer à coup d’annonces et d’accord avec les commerçants et les banques. Et nous ne nous aventurerons pas à annoncer une date quelconque pour un lancement d’une de ces solutions en France alors qu’elles sont disponibles dans les pays anglo-saxons et en particulier USA, Canada et UK. »
  • « En France, 1er commerce à avoir lancée une carte de paiement sans contact avec la carte Pass, Carrefour pourrait également première (à grande échelle (2)) à sortir une application mobile multi-services, indispensable pour différencier une application de paiement carte et mobile, liant promotion, fidélité, couponing et paiement. »
  • « Le paiement de proximité va se développer et dépasser les frontières du couple carte/terminal de paiement, que ce soit coté consommateur sous forme « wearable » comme des bracelets, ou côté vendeur, intégré à des appareils électroniques comme les écrans Think&Go / Ingenico. Le paiement sans contact NFC : dans les magasins mais pas que. »

De nouveau, bilan mitigé – Si le paiement sans contact cartes est entré dans les habitudes des consommateurs, côté paiement mobile, c’est une autre histoire. Apple Pay a été lancé avec la BPCE, Carrefour Banque et Edenred / Ticket restaurant. Du coup, il y a bien une solution de paiement / fidélité sans contact mobile Carrefour mais uniqument sur iPhone et n’intégrant pas la possibilité de promotions spécifiques. Les paiements autres que cartes et mobiles (type bracelet pour concert / festivals) continuent à se développer ainsi que les TPE intégrés aux automates ou à des écrans. Les autres wallet comme celui de Samsung sont toujours absents du marché français.

Enfin, l’arrêt de Kix de BNPP et de la M-Cartes du Crédit Mutuel / CIC étaient prévisibles de part leur faible taux d’adoption et d’utilisation et ces deux services n’ont pas été remplacés (en attendant le déploiement de Paylib NFC) mais nous ne l’avions pas annoncé.

Transport

  • « Le STIF continuera à gérer deux systèmes de billets, à distribuer des tickets magnétiques peu écologiques, et les franciliens continueront à faire la queue devant les automates en début de mois alors que des solutions existent. Et Londres restera toujours plus accueillante pour les touristes grâce au sans contact.
  • Les premiers résultats de la JV Wizway officiellement lancée fin 2015 ne devraient pas être visibles pour le grand public avant début 2017. »

Correct. A notre connaissance, toujours pas de date d’un premier déploiement Wizway. Patience.  Par contre il est désormais possible de recharger son passe lillois grâce à son mobile sans contact sans faire la queue aux automates. Un vieux rêve des franciliens, mis en oeuvre à Lille. Bravo Transpole et Kéolis. Lille: Le réseau Transpole met une pièce sur le paiement sans contact

Internet des objets

  • « 2016 verra la sortie des premiers objets connectés grand public sans batterie, utilisant les tags dynamiques NFC, permettant le développement d’objets connectés économiques et respectueux de l’environnement. »
  • « Dans la lignée de produit comme la Lysbox, souvent abordé dans ce blog, la technologie NFC sera associée à des connectivités longues distances de type Sigfox ou Lora pour créer des services connectés, proche des citoyens tout en étant peu gourmand en énergie. »

Mitigé – Aucun déploiement de masse de ce type (à notre connaissance), hors quelques expérimentations nouvelles présentées sur les salons comme le MWC2017.

Internet des objets

  • « Plus globalement, tout ce qui pourra être connecté le sera, au moins en version proto et sans toujours des usages bien réels malgré les annonces régulières d’innovations révolutionnaires. Par delà les objets connectés grands publics, c’est du côté de la santé, de l’agriculture, de l’eau, de l’énergie et bien d’autres domaines industriels qu’il faudra regarder pour y trouver les développements d’objets connectés les plus prometteurs aux impacts sociétaux les plus importants. »

Correct, à voir à la fois la désaffection des consommateurs sur les objets connectés grand publics comme les smart montres et autres wearables mais pas que, et les développements IOT d’entreprises comme Schneider Electric, Airbus, GRDF, Air Liquide, Vallourec et bien d’autres.

Smart cars

  • « Que l’attente des « smart cars » autonomes de type Google cars ne vous empêche pas de dormir. Malgré les nombreux articles les concernant, elles ne seront pas réellement opérationnelles dans des environnements ouverts avant 10 ou 15 ans. »

Toujours le cas même si les progrès sont indéniables. La voiture autonome par PSA sur Viméo

Le mobile au centre de l’écosystème de l’internet, de l’internet des objets, des objets connectés.

  • « Et puis bien sûr, le mobile est et sera de plus en plus au centre de tout cet écosystème de l’internet, de l’internet des objets, des objets connectés, des objets « smarts, le mobile, et en particulier dans sa version NFC, comme télécommande de notre environnement, mais cela, cher lecteur, vous le saviez déjà 🙂 »

Oui avec pour la première fois une stagnation de la vente des smartphones en 2016. A suivre.

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Cyborg m'était conté.

Cyborg m’était conté.

L’analyse des prédictions pour 2016 montre donc un résultat mitigé ce qui ne nous empêchera pas de récidiver pour 2017 🙂

NFC – Paiement mobile sans contact

  • Les premières solutions mobile sur SIM ayant échouées, les banques vont se reporter sur des solutions HCE indépendantes des opérateurs mobiles. Paylib se déploiera et ne sera pas la seule solution paiement mobile sans contact. Est-ce que cela sera suffisant pour convaincre le consommateur ? Rien n’est moins sûr tant que la solution mobile n’apportera aucune valeur ajoutée à la solution carte sans contact en particulier dans la partie fidélité et promotion. Même topo pour les solutions type Samsung Pay qui tarde à apparaître sur le marché français.

NFC – Electronique

  • En attendant un hypothétique support d’Apple des modes lecteurs de cartes et appairage (un faible espoir avec des annonces récentes d’échanges de données entre appareil iOS à la PalmPilot ou Bump qui pourrait utiliser le NFC), le déploiement de solutions NFC se fera en douceur. Les objets électroniques type appareils photos, enceintes musicales ou imprimantes seront de plus en plus appairables facilement grâce à cette technologie. Des nouveaux objets innovants verront le jour – comme en 2016, des cahiers connectés, un livre, des colliers pour animaux domestiques …  Vous pouvez trouver de nombreux exemples de produits commerciaux NFC sur le site du NFC Forum. A noter aussi les mouvements de type MAKE qui présentent de plus en plus de projets utilisant le NFC – Plus de 120 projets NFC sur le site Instructables.

NFC – Transport

  • Transports franciliens – La présidente de la région et présidente du STIF souhaite une solution NFC dans les transports sur le même modèle que celui de Londres (carte Navigo ET carte de paiement sans contact) ce qui serait une bonne solution, même si difficile à mettre en place (valideurs en sortie dans toutes les gares en IdF). Espérons que cette volonté soit plus couronnée de succès que celle de la précédente présidence, dès 2010, projet qui n’a pas abouti. Ceci dit, ce ne sera pas en 2017.
  • Wizway – Pas d’information permettant d’affirmer qu’il y aura implémentation en 2017.

Internet des objets

  • Comme les années précédentes, les chiffres les plus divers seront annoncés, de 20 à 1,200 mds d’objets connectés en 2020, sans aucune précision sur ce qui se trouve derrière ces chiffres. Ces chiffres n’engageront que ceux qui les utiliseront sans autre analyse.
  • 2017 sera l’année de #mot-clé au choix.
  • Les offres de plateformes seront toujours aussi nombreuses et donc fragmentées.
  • De nouveaux standards censés regroupés les précédents s’ajouteront au précédents.
  • L’internet des objets continuera à être décrite comme une technologie alors que ce n’est pas le cas. C’est un fourre-tout, un ensemble de technologies, de capteurs, d’actionneurs, de protocoles, de plateformes qui permet au monde réel et au monde virtuel de dialoguer, qui permet les échanges de données entre humains, ordinateurs, et objets les plus divers (du géranium connecté du bobo parisien à l’A350 d’Airbus en passant par des volcans au Nicaragua.)
  • Les entreprises industrielles continueront à implémenter des solutions pour améliorer l’efficacité des usines, la logistique, la traçabilité. (Plutôt vague comme prévision, je vous l’accorde.)

Blockchain

  • Les tests continueront, les déclarations également, toujours en attente d’une implémentation complète (hors bitcoin). Pour les uns, ce sera la solution universelle à tous les maux et surtout génératrice de beaucoup de mots, pour d’autres, une idée intéressante avec des avantages indéniables et des inconvénients qui ne le sont pas moins. Le bitcoin restera un objet de spéculation sans utilisation pour le consommateur moyen à court-terme. A suivre avec intérêt, l’esprit ouvert, et en particulier dans les domaines de l’assurance et de la banque, en distinguant bien, annonces, tests/PoC et implémentation réelle.

Les sujets comme le big data, l’intelligence artificielle (dans toute ses versions y compris les bots), la robotique, le data analytics continueront à faire couler beaucoup d’encre, sans que l’année 2017 soit plus importante que 2016 ou 2018. Cela fait des dizaines d’années que des les technologies logicielles et matérielles progressent et tous ces sujets continueront à progresser sans révolution annuelle.

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Voila donc en quatre billets, notre résumé 2016 et quelques directions pour 2017 « and beyond« , bien sûr très succinctes.

Dans tous les cas, gardons l’esprit ouvert – L’esprit c’est comme un parachute, si il n’est pas ouvert, il ne fonctionne pas. Frank Zappa (*)

En attendant les prochaines annonces et les déploiements à venir, de nouveau, bonne année 2017 (#ilseraittemps) à chacun d’entre vous et vos proches, un grand merci pour votre fidélité depuis sept ans et près de quatre cents articles et en espérant vous rencontrer, cher lecteur, à l’occasion d’une conférence ou d’un salon (**). Et n’hésitez pas à apporter vos propres prévisions dans la partie Commentaires de ce billet.

A suivre … ensemble sur le blog, sur Twitter et IRL.

@pierremetivier

(*) Déjà cité dans un billet précédent mais il est souvent nécessaire de le rappeler.

(**) Et justement, un dernier mot pour signaler qu’à titre personnel, je viens d’intégrer l’IESCI, l’Institut Européen de Stratégies Créatives et d’Innovation, qui anime le Club de Paris des Directeurs de l’Innovation ainsi que les Mardis de l’Innovation depuis 17 ans (quelques comptes rendus dans ce blog). A ce titre, mes nouvelles fonctions sont celles d’organisateur et animateur de formation et d’événements avec une vision plus globale et moins technologique de l’innovation. Je continuerai bien entendu à suivre de près les développements du numérique et animer ce blog en toute indépendance éditoriale.

Pour aller plus loin

Puce RFID sur Europe 1, de la difficulté à couvrir en 3 mn à la radio un sujet touchant à la fois technologie, vie privée, santé et éthique

Thomas Sotto (c) Europe 1

Thomas Sotto (c) Europe 1

Europe 1, mercredi matin 8 Février, Matinale de Thomas Sotto, journal de 8:00 présenté par Bérengère Bonte. La « une » est consacrée à une entreprise belge dans laquelle une dizaine d’employés, sur la base du volontariat, ont été implantés avec une « puce RFID » (*) dans la main. Le terme « Puce RFID » est impropre, nous devrions utiliser « étiquette NFC », explication en bas de ce billet. Nous garderons Puce RFID  pour rester en cohérence avec le contenu d’Europe 1.

En 2 minutes 40 de reportage, vont donc succéder une interview d’un responsable de New Fusion et volontaire de l’expérience, un commentaire du Président de la Ligue belge des Droits de l’Homme, un appel rapide au docteur Gérald Kierzek et une brève conclusion.

Les enregistrements et textes.

  • Le podcast de la matinale de Thomas Sotto – le reportage est dans la plage horaire 1:25:52 / 1:28:30 ainsi que la transcription texte complète du reportage en bas du billet.
  • Des informations complémentaires sous la forme du reportage de la RTBF sur le même sujet (interview du même responsable de l’entreprise et du même président des droits de l’homme) avec les images mais sans l’appel au docteur Kierzek – bonus.
Tim Pauwels - New fusion (c) Copie écran reportage RTBF

Tim Pauwels – New fusion (c) Copie écran reportage RTBF

A l’écoute de cette une ce mercredi, il nous a semblé que quelques compléments d’information étaient nécessaires pour éclairer le sujet trop vite abordé.

Deux dates tout d’abord. La première mention connue de l’utilisation des étiquettes électroniques en injection sous-cutanée pour identifier les personnes est lié à une boite de nuit en Espagne, le fameux Baja Beach Club, de Barcelone, en 2004 une opération réservée aux VIP de la boite, il y a donc 13 ans.  En 2015, une entreprise suédoise a précédé notre entreprise belge, non pas pour imposer une surveillance « tracking » (nous y reviendrons) mais comprendre l’intérêt, les interactions et les conséquences d’une telle opération.

Il y a donc de nombreuses facettes à ce sujet, tournant autour de la technologie, de la santé, de la vie privée, et de l’éthique.

  • Technologie – La RFID est une famille de technologies d’échanges de données par radio-fréquence entre deux objets, le plus souvent un lecteur et une étiquette (notre puce RFID). Il en existe plusieurs types, pour différents usages, LF, HF, UHF, avec de nombreuses caractéristiques, en particulier distance de lecture. C’est une technologie très présente dans l’industrie, les entrepôts, les cartes de paiement, de transport, d’accès, les jeux, les musées … et globalement l’internet des objets. Le NFC correspond à une fréquence dont l’une des caractéristiques premières est sa courte distance de lecture de 3 à 5 cm. La précision est importante pour la suite et indispensable à tout article sur le sujet. Un peu comme si on utilisait le terme jumelle à la place de microscope. Leur usage est très différent et pourtant les deux servent à observer.
  • Santé – Le docteur Gérald Kierzek a justement rappelé les effets secondaires liés à l’injection et à la présence de corps étrangers dans le corps. Ensuite il a dit craindre les « effets biologiques des rayonnements des puces » pas suffisamment étudiés. Pour rassurer l’excellent docteur, les puces utilisés n’émettent pas, elles sont passives, ne comportent pas de batterie, pas plus que les cartes de crédit, les cartes de transports type Navigo, les cartes type Velib ou les cartes d’accès en entreprise. Seuls les terminaux de paiement électronique (TPE), les valideurs de transports ou les lecteurs (et non capteurs cités dans le reportage) des portillons d’entreprises émettent. Il n’y a pas de rayonnement du à la puce RFID.Ajoutons simplement pour ceux qui craignent ces corps étrangers dans leur corps que des centaines de milliers de personnes sont sauvés chaque année par l’implantation de pacemakers électronique dans leur corps, des appareils bien plus imposants et électroniquement complexes, des patients qui ne pourraient pas vivre sans ses appareils implantés dans leur corps. Par comparaison, la taille de la puce implantée dans le cas qui nous intéresse est celle d’un grain de riz.
  • Vie privée / « tracking » – La distance de lecture est donc de 3 à 5 cm max. Pour vous le prouver (**), essayer (les franciliens) de passer votre carte Navigo à plus de 5 cm du valideur du métro et le portillon ne s’ouvrira pas. Ces puces ne permettent pas d’être tracées facilement à votre insu. Comme avec le badge, l’entreprise sait que vous rentrez dans l’entreprise à telle heure et vous en sortez à telle heure. Le fait d’utiliser ces puces n’ajoute en rien la capacité à tracer des gens à distance et à leur insu.

    De même, la quantité d’information stockée sur ces puces est minimale. La plupart du temps, c’est un identifiant d’une dizaine de caractères. Dans le cas de l’expérience belge, en reprenant les données de l’article de Futura-Sciences (qui suggère la source des puces), elles peuvent contenir 880 octets, une taille très faible qui limite la taille des données personnelles potentiellement stockées.Et rappelons que dans aucun des documents partagés par Edward Snowden à ce jour sur les moyens de surveillance mis en place par la NSA, on ne trouve trace de mentions des technologies RFID et NFC. La NSA ne les considère pas comme des technologies utiles pour la surveillance.

  • Enfin, sur la partie éthique, nous laisserons les penseurs, les sociologues et les philosophes comme Raphaël Enthoven répondre à la question à court terme de l’intérêt d’avoir son indentification électronique sous la peau, et à plus long terme, les conséquences de l’arrivée de l’homme augmenté et du transhumanisme (sujet déjà traité récemment par Raphaël dans Qui vive). Ajoutons simplement que ces pionniers belges, néerlandais, suédois, français, anglais et d’autres partout dans le monde, font partie d’un mouvement – le bio-hacking ou biologie participative, créé par des citoyens pour les citoyens pour comprendre et mieux se préparer avant que les politiques et les GAFA (à commencer par Google) ne s’emparent du sujet. Un grand merci à eux.

Sans porter de jugement à ce reportage spécifique, il est de plus en plus important pour chacun d’entre nous d’avoir de nombreuses sources d’information, en France, à l’étranger, papier et numérique, de se méfier de la pensée unique, des raccourcis, qu’ils soient en provenance de la télévision, de la radio, « peut-on être généraliste et spécialiste ? », de Twitter, du web, et surtout il faut garder son esprit ouvert.

Comme le disait Frank Zappa, un esprit, c’est comme un parachute, il ne fonctionne que si il est ouvert.

A suivre.

@PierreMetivier fidèle auditeur de la matinale. #E1MATIN

(*) Le terme « puce RFID » est régulièrement utilisé alors qu’il est doublement impropre.

  • La puce est un des éléments avec l’antenne et le substrat (ou inlay) que est le support physique sur lequel l’antenne et la puces sont fixés. Les bons termes sont étiquette, tag ou transpondeur.
  • Le terme RFID est imprécis. La RFID est une famille de technologies d’identification par radio-fréquences. Il en existe plusieurs types – LF, HF, UHF, avec de nombreuses caractéristiques. Le NFC correspond à la fréquence HF dont l’une des caractéristiques première est sa courte distance de lecture de 3 à 5 cm.

(**) Il faudra que Thomas délaisse son scooter et descende dans le métro ou prenne un Vélib. 😉

Plus de détails sur ce blog et bien sûr, #selfpromo sur le livre « Le mobile NFC, télécommande de notre quotidien » aux Editions AFNOR.

Pour aller plus loin

Le Verbatim de l’émission – Europe 1 – Mardi 8 février 2017 – 8:00

  • Berengère Bonte – Bonjour à tous il y a ceux que ça va terrifier et ceux qui en rèvent depuis toujours. C’est promis ce n’est pas une histoire belge. A Malines, près d’Anvers, huit salariés d’une agence spécialisée dans le marketing digital se sont fait implanter sous la peau une puce d’identification par radiofréquence, une puce RFID. L’idée c’est de remplacer les badges d’entrée, durée de vie 15 ans et bien sûr ils sont tous volontaires.
  • Lionel Gougelot – C’est un salarié de l’entreprise qui en avait assez de perdre son badge qui a suggéré à ses dirigeants de lui implanter cette puce sous la peau qui lui permet notamment d’ouvrir la porte de l’agence, ou d’activer son ordinateur quand il présente sa main devant un capteur, une technologie qui offre plus de liberté de mouvement selon l’un des dirigeants, Tim Pauwels (de la société NewFusion non cité sur Europe 1 – NDLR)
  • Tim Pauwels – C’est pas une méthode de contrôle, c’est une méthode de vérification, il n’y a pas de tracking dedans, on ne peut pas suivre nos employés, on peut pas voir à tout moment où est-ce qu’is sont c’est une façon de leur donner un accès plus facile à nos bureaux, ça remplace en fait la clé qu’on utilise ou le mot de passe parce qu’on utilise plusieurs technologies existantes.
  • LG – Mais parce qu’elles contiennent les données personnelles des salariés ces puces RFID suscitent l’inquiétude de la Ligue des Droits de l’Homme en Belgique et de son président, Alexis Deswaef.
  • Alexis Deswaef – On met une puce à un être humain comme on mettrait à un chien ou un chat pour pas qu’on le perde. ici on va vraiment pouvoir fliquer la personne. Avec les données qui sont collectées, la question c’est quoi ça va servir.
  • LG – Car la crainte c’est qu’un employeur utilise ces données pour contrôler le comportement les allées/venues d’un salarié dans une entreprise d’où la demande d’une loi interdisant cette technologie.
  • Thomas Sotto – Incroyable. (A Bérengère Bonte) vous le sentez, vous, le badge sous la peau ? Vous en mettriez un ?
  • BB – Perso pas trop, je vais être honnête.
  • TS – Moi aussi ça m’inquiète l’impact sur la santé, on va passer un coup de fil à notre urgentiste, il est au téléphone parce qu’il est de garde le docteur Kierzek cette nuit. Bonjour Gérald, ma question est tout simple est-ce que c’est dangereux ou pas de se mettre ça sous la peau.
  • Docteur Gérald Kierzek – Je ne parlerais pas de danger, je parlerais plus d’effets secondaires que de complications réelles. C’est lié à la peau, implant, risque de saignement, d’hématome, zone douloureuse. Quelques cas d’infections locales ou d’intolérance à des produits de cet implant. Et puis il y a le retrait car l’organisme va faire une fibrose, va cicatriser autour de cet implant, parfois une localisation et un retrait difficile. Ca, c’est plus des effets secondaires. En revanche, à long terme, on a absolument aucun recul et c’est peut-être là l’inquiétude. L’implantation d’une puce RFID on ne connaît pas les effets biologiques, notamment les rayonnements notamment liés à ses puces RFID et ses effets biologiques sur les tissus. Le recul scientifique et cette veille scientifique qu’on ne peut pas faire et qu’il va falloir suivre de très prêt.
  • TS – Et bien on va garder notre badge dans notre poche arrière de jean et pour la puce on attendra, merci beaucoup Docteur Kierzek et retournez au boulot, aux urgences.