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Un livre sur le mobile NFC sujet à controverse ou l’interview fantome

Ce texte est une interview au sujet de mon livre sur le NFC que vous auriez du lire sur un media online renommé mais qui, finalement, n’a pas été publiée par le choix de l’éditeur qui l’avait pourtant demandée. Avant de vous narrer ce qui s’est passé, voici l’objet du délit.

« Le mobile NFC, la télécommande de notre quotidien », un livre consacré aux services sans contact aux éditions AFNOR.

Le livre "le mobile NFC" en librairie

Le livre « le mobile NFC » en librairie

« Les éditions AFNOR viennent de publier un livre intitulé « Le mobile NFC, la télécommande de notre quotidien« . Le NFC est la technologie derrière le paiement par carte sans contact. Est ce que cela mérite tout un livre ? Nous avons donc posé un certain nombre de  questions à Pierre Métivier, son auteur, portant tout aussi bien sur le livre que sur la technologie elle-même.

Pourquoi un livre sur le mobile NFC ?

Les cartes sans contact sont partout dans notre quotidien, les commerces, dans les transports, les villes, au bureau, dans l’industrie sans que nous le sachions toujours. Avec le NFC, il se transpose aussi sur le mobile et prend une autre dimension puisque nous avons tous des mobiles dans nos mains. A titre personnel, j’observe les usages de cette technologie depuis plus de 5 ans. Il y avait deux livres techniques très intéressants mais aucun sur les usages, les conséquences non seulement pour les entreprises mais aussi sur chacun d’entre nous. Avec mon éditeur, il nous a apparu important de se poser, de prendre du recul, ce que permet un livre par rapport à l’instantanéité des informations en provenance des réseaux sociaux ou des media.

Le livre parle bien sûr de paiement sans contact et de cartes de transport mais va plus au fond du sujet. On y trouve aussi tout ce qui se fait déjà partout dans le monde, quelque soit le « facteur de forme » (l’objet utilisant la technologie) cartes et mobiles bien sûr, mais aussi jeux, bracelets, appareils électro-ménagers ou appareil photos et bien d’autres objets. Il aborde les sujets du développement et les impacts sociétaux. Le dernier chapitre aborde le NFC comme technologie-clé de l’internet des objets. Dans mes interventions, je parle souvent de mon parapluie connecté grâce au NFC.

Le livre montre donc la diversité des objets connectés grâce au NFC et le foisonnement des domaines d’applications (résumé dans ce graphe extrait du livre ci-dessous) J’espère qu’il donnera envie à des sociétés petites et grandes de se lancer, de développer des services nouveaux à valeur ajoutée pour créer de nouveaux marchés, pour atteindre de nouveaux clients en offrant des services plus simples et plus rapides.

Les principaux domaines d'application du NFC (c) Pierre Metivier

Les principaux domaines d’application du NFC (c) Pierre Metivier

C’est quoi une télécommande de notre quotidien ?

Nous avons commencé à utiliser le mobile pour appeler nos proches, nos collègues, nos clients, et puis nous l’avons utilisé pour lire, écrire, jouer, en tapotant sur un clavier, un écran, nous l’avons tourné vers l’extérieur pour photographier, vers nous-même pour des selfies, pour partager des émotions visuelles. Tout ça reste très « numérique » pour ne pas dire virtuel. Je peux ouvrir une porte dans un jeu sur mon mobile, mais pas dans la vraie vie. J’ai des applications qui regardent mon environnement, qui l’enregistrent, mais qui n’interagissent pas directement avec lui. Avec la technologie NFC, nous allons pouvoir utiliser notre mobile pour interagir avec cet environnement physique, avec les objets de notre quotidien. Je vais pouvoir physiquement ouvrir une porte, accéder au métro, payer dans un magasin, écouter le tamtam derrière une vitrine dans un musée, savoir si le produit devant moi contient du gluten, simplement en approchant de ma main le mobile d’une étiquette, d’un portillon du métro et d’autres objets physiques. Tout comme je peux changer de chaine de télé avec ma télécommande, le mobile NFC me permet d’agir sur mon environnement physique, échanger avec les objets qui le composent.

Quelles sont les caractéristiques qui différencient le NFC par rapport à d’autres technologies comme le Bluetooth ou le Wifi ?

Ce n’est pas facile à résumer en quelques lignes mais je voudrais mettre en avant sa frugalité, son faible coût, son coté écologique, le respect de la vie privée et son universalité.

Une étiquette NFC tout comme une carte de transport ou de paiement ne contient pas de piles ou de batterie. C’est la seule technologie radio-fréquence où un seul des deux objets a besoin d’énergie pour qu’il y ait échange électronique. Cela permet de développer des services sans contact et des objets connectés sans batterie et sans maintenance. C’est aussi une technologie qui, par design, respecte la vie privée de l’individu. De part la courte distance, il faut qu’il y ait choix de l’utilisateur, action, pour qu’un échange se fasse. Certaines technologies permettent d’enregistrer l’entrée de clients dans un magasin sans que ceux-ci soit au courant. Dans le cas du NFC, c’est toujours le consommateur qui choisit par un geste volontaire. Enfin son universalité car c’est une technologie normalisée, présente désormais sur tous les smartphones depuis son intégration dans l’iPhone 6 (et l’Apple Watch).

Dans tous les cas, ces technologies sont complémentaires. Bluetooth et NFC fonctionnent très bien ensemble par exemple dans des enceintes musicales, le NFC pour appairer le mobile et l’enceinte et le bluetooth pour transférer les données.

Sans rapport, il y a un QRcode sur le livre mais pas d’étiquettes NFC, pourquoi ?

(sourire) C’est une bonne question. On aurait pu bien sûr intégrer une ou plusieurs étiquettes NFC et il existe des livres et des magazines l’ayant fait dans le passé. Ceci dit, pour une simple lien vers le site de l’éditeur qui ne sera peut-être utilisé qu’une seule fois, un QRCode est très bien. Par contre, aussitôt que le geste est répété, multiple, qu’il concerne de nombreux utilisateurs, alors oui, le NFC est la bonne solution.

Un regret par rapport au livre ?

Qu’on ne puisse pas acheter le livre en paiement sans contact (sourire). Son coût de 28 €, choisi par l’éditeur, est lié au nombre de pages. En théorie, on pourrait dans les magasins qui acceptent le paiement mobile sans contact au dessus de 20 € avec utilisation du code. Mais en réalité, le paiement sans contact est principalement utilisé pour des montants de moins de 20 €. J’aurais du faire un livre moins long mais le sujet était trop riche.

Qu’est ce qui va permettre le succès de ces services ?

Le paiement par carte sans contact se développe partout dans le monde y compris en France mais nous ne sommes que 6ème en Europe en terme d’usage loin derrière la Grande-Bretagne par exemple. Une visite dans le métro de Londres est une expérience enrichissante à ce sujet. Les usages vont continuer à se développer au fur et à mesure de la mise-à-niveau des infrastructures sans contact dans les commerces, le transport, notre environnement, dans la ville et dans nos mobiles eux-mêmes. Avec cette infrastructure et la découverte par les consommateurs et les citoyens des gains de temps et la simplicité apportés par les services sans contact, nul doute que l’usage sera de plus en plus présent dans notre quotidien. »

-/-

Pour les habitués de ce blog et pour les lecteurs du livre, rien de très surprenant dans mon propos, rien qui ne me semble sujet à polémiques ou à controverses. Et pourtant, une fois l’interview éditée, un échange de mails avec l’éditeur s’en est suivi qui a commencé par « Je ne partage pas totalement votre enthousiasme sur le sans contact, ET (donc) nous ne pourrons pas le publier en l’état. »

Les objections portent sur l’usage réel du paiement sans contact, la sécurité, le fait qu’un des objets n’ait pas de batterie et le respect de la vie privée. J’ai donc envoyé en complément d’information les derniers chiffres du Groupement CB, le rapport de l’Observatoire de la fraude de la Banque de France, l’article du Magazine MISC de Janvier 2015 sur la conclusion de la police scientifique sur la sécurité des cartes sans contact, des données publiées, signées, vérifiables et royalement ignorées par cet éditeur.

« Ensuite, je vous ai indiqué que nous ne pouvons pas publier le texte en l’état car il ouvre la porte à un ensemble de réactions qui seront similaires aux miennes, et que nous devons en tenir compte.« 

Pour ce journaliste, les faits et les chiffres n’ont pas d’importance. Il a une « opinion » sur le sujet,  et ne peut publier des textes qui seraient contraire à cette opinion, voire une ligne éditoriale, anti-NFC, qui serait également dommageable pour ses lecteurs. Et même lorsqu’on a des convictions, on peut écouter d’autres d’opinions. Un quotidien de gauche publie des interviews de politiciens de droite et inversement, pour apporter aux lecteurs les différentes facettes d’un sujet. Cela s’appelle l’information et le débta d’idées. Dans notre cas, le média a donc refuser de publier cet interview qu’il avait demandé au sujet du livre sous prétexte qu’il présente le sujet différemment de sa propre conviction. Un journal IT d’opinion donc. « Does not compute. » Enfin, comme je l’ai suggéré, il aurait pu compléter cet interview par un article contrepoint, mettant en avant sa perception des faiblesses du sans contact. Mais non, simple retrait de l’interview. Étonnant, non ?

Avec le recul, cet interview n’avait probablement pas sa place dans ce média. Et vous chers lecteurs, qu’en pensez-vous ?

Bonnes vacances à tous.

Pierre Métivier

Pour aller plus loin

  • Lire le livre bien sûr et merci à tous pour vos messages suite à vos lectures.
Le mobile NFC, télécommande de notre quotidien

Le mobile NFC, télécommande de notre quotidien

De l’utilisation de la technologie sans contact NFC dans l’univers du jeu

Jeu et NFC

Jeu et NFC

Parmi les nombreuses utilisations de la technologie sans contact, l’une des moins connues est probablement l’univers du jeu sous toutes ces formes – consoles, jeux de plateau, jeux éducatifs. Et pourtant, cette technologie est de plus en plus présente avec des modèles financiers très différents de ceux du monde du paiement ou du transport, des modèles d’une efficacité redoutable. Quelques exemples sans prétendre à l’exhaustivité :

Skylander en action (c) Gaming-News Info

Skylander en action (c) Gaming-News Info

Skylander d’Activision – Sorti en 2011, c’est le premier jeu ayant utilisé à grande échelle le sans contact (*) comme élément-clé de l’aventure, son point de départ. Le jeu sur écran (console/PC)  vient avec un plateau connecté à la console ou l’ordinateur sur lequel les deux joueurs posent leurs figurines. Cela permet à configurer le jeu automatiquement avec les forces, les armes, les sorts … de chaque personnage et lancer la partie. La figurine est à la fois objet de collection, représentation physique du personnage du jeu et identifiant grâce au sans contact.

Décliné en plusieurs versions et disponible sur console PlayStation 3, Xbox 360, Wii, Wii U, Nintendo 3DS et sur PC sous Microsoft Windows et Mac OS X, c’est un excellent retour sur investissement. Jugez en plutôt. Chaque figurine vaut entre 10 et 15 € (en France) et il est estimé à 250 mio le nombre de figurines vendus depuis le lancement du produit (Source Wikipedia) ce qui nous donne un CA approximatif sur la vente des figurines elle-même (une figurine plastique moulée et une étiquette sans contact) entre 2,5 et 3+ mds de €, ce qui en fait probablement l’application de la technologie NFC la plus rentable jusqu’à présent.

Disney Infinity

Disney Infinity

Infinity de Disney – En 2013 Disney a repris exactement le même principe en utilisant les personnages des univers Disney, Marvel et StarWars bien sûr. Infinity est disponible sur PlayStation 3, Wii, Wii U, Xbox 360, Nintendo 3DS, iOS et Microsoft Windows. Les chiffres de ventes sont moins impressionnantes bien sûr mais ont dépassé les 3 millions d’exemplaires à Jan 2014 – (Source Wikipedia)

Mario, Amiibo, NFC, WiiU

Mario, Amiibo, NFC, WiiU

Amiibo de Nintendo – Troisième arrivé, c’est toujours le même principe décliné sur console portable – Wii U GamePad, Nintendo 3DS ou 3DS XL. Le plateau de lecture est intégré à la console elle-même. Et là, c’est Mario, Pikachu, Zelda, Sonic et leurs amis qui profitent de la technologie sans contact. Au 29 juillet 2015, le taux de ventes mondiale est de 14,7 millions toujours d’après Wikipedia.

Lego Dimensions et NFC

Lego Dimensions et NFC

Lego Dimensions – Avec une sortie prévue le 25 septembre 2015, Lego rejoint le club des 3 avec Lego dimension sur le principe des 3 environnements précédemment   Il y associe le principe de construction, d’assemblage ; symbole de la marque. Le jeu sera disponible sur PlayStation 4, Xbox One, Xbox 360, PlayStation 3, Wii U et reprendra des environnements comme le Seigneur des Anneaux, Batman, Dr Who, Retour vers le futur, les Simpsons, Scoobidoo, Jurassic World et bien d’autres issus des franchises Warner.

Derrière ces géants du jeu, deux startups françaises développent de nouveaux univers de jeu différents, utilisant également le NFC – Malkyrs et Prodigy

Malkyr et NFC

Malkyrs et NFC

Startup caennaise, Malkyrs se présente comme « le premier jeu de cartes à jouer et à collectionner en 4D » et développe un monde imaginaire de héros et de monstres qui se combattent dans les Arènes de l’Eternité. Pour citer Patrick Lallemand, développeur NFC chez Malkyrs dans une interview sur le blog de NXP. « Nous avons ajouté une certaine « magie » aux cartes commerciales traditionnelles. Malkyrs unit la carte à collectionner (et de jeu) avec le monde numérique, tout en conservant le meilleur des deux mondes. Le NFC est ce qui nous permet de faire cela. L’ajout du NFC sur la carte révolutionne ce marché traditionnel. Il permet de jouer plus vite (les règles et le calcul des points sont faits par de l’intelligence artificielle), de jouer en ligne avec des concurrents éloignés, jouer contre un ordinateur, … » A noter dans l’approche de Malkyrs est le fait que de nombreuses informations sont stockées dans l’étiquette NFC elle-même. La carte n’est pas un simple identifiant.

« Les cartes incorporent également leur propre identité et leur propre mémoire. Que cela signifie-t-il ? En plus d’une grande souplesse vis-à-vis de la création de nouvelles cartes, cela signifie tout simplement que toutes les règles propres à une carte ne sont pas stockées dans X bases de données mais bien dans la carte. Aucune connexion n’est donc nécessaire pour pouvoir jouer. Les règles sont d’une certaine manière virtuellement déportées au sein de chacune des cartes du jeu. » Extrait du site Kickstarter  sur lequel Malkyr a levé plus 11000 €. Le jeu devrait être disponible avant la fin de l’année.

Differents objets NFC sur Prodigy

Differents objets NFC sur Prodigy

Prodigy, du studio parisien Hanakai, est un RPG, Role Playing Game dans un monde de fantasy avec à la fois un plateau, des cartes et des figurines et se joue sans clavier ni souris. C’est le déplacement des différents objets sur le plateau, permis par le NFC qui rend ce mode de jeu possible, permettant comme pour Malkyrs d’apporter le numérique – calcul, écran, interaction, distance, à un jeu de plateau essentiellement physique. Ce projet ambitieux, très suivi, a levé plus de 200 000 $ sur Kickstarter.

ePawn Arena

ePawn Arena

Déjà présenté sur ce blog, la startup française ePawn n’édite pas de jeu mais développe une technologie très utile pour développer les prochaines générations de jeux utilisant des plateaux. ePawn a donc mis au point un lecteur sous la forme d’une surface plane semblable à un grand tapis de souris. Commercialisé sous le nom de ePawn Arena, ce tapis comporte une antenne de grande taille permettant non seulement de lire des étiquettes NFC mais aussi d’obtenir très précisément, en temps réel, la position d’une ou plusieurs étiquettes NFC sur le tapis. Les applications en terme de jeux multi-joueur ou multi-personnages par joueur sont immenses et de nombreux exemples sont disponibles.

Jeux éducatifs NFC, Badanamu

Jeux éducatifs NFC, Badanamu

Et nous aurions pu développer les jeux éducatifs pour enfants comme ceux de de Badanamu, Chine, repérés au salon Cartes 2014 à base de peluche ou d’alphabets connectés et de logiciels.

Derrière cette liste probablement incomplète, c’est tout un univers nouveau d’applications à inventer, associant jeux physiques et numériques, apportant une touche de « magie » à des activités anciennes, grâce au NFC. Ce n’est pas sans rappeler un autre exemple déjà présenté dans ce blog – le babyfoot connecté. La conclusion de cet article précisait « Il n’y a plus séparation entre un monde physique et un monde virtuel, un monde avec écran et un mode sans écran, mais un environnement où la distinction a disparu, un environnement intégrant naturellement les personnes, les objets, les machines, les réseaux sociaux. Un modèle précurseur de celui qui nous attend.  » et cette conclusion s’applique tout aussi bien au monde du jeu sous toutes ses formes.

A suivre.

Pierre Métivier

(*) L’étiquette sans contact utilisée pour Skylander est une Mifare Classic 1K de NXP. Très répandue de par son ancienneté et son faible coût, cette étiquette n’est pas NFC d’où le terme de sans contact utilisé. 

Pour aller plus loin

 

Une figurine de jeu et son étiquette NFC

Une figurine de jeu et son étiquette NFC

 

Australie : un pays sans contact ?

brisbane south bank

Direct live d’Australie, un reportage sur les services sans contact « down-under » , par William Belle, un  « jeune » ancien de Gemalto qui tente l’aventure australienne. Quelques leçons à apprendre d’un pays dynamique et innovant qu’on associe peu au NFC ! Merci William pour cet article au contenu riche et informatif.

Voici le récit de ce pays dont on ne parle malheureusement pas suffisamment en matière d’adoption de nouvelles technologies, notamment du sans contact et du NFC.

Pourquoi l’Australie ?

A l’instar du Canada, de la Pologne et de la Grande Bretagne, l’Australie est certainement le pays du sans contact, à cause de la forte concentration de son secteur bancaire.

« Payer, l’utiliser pour votre transport en commun, ou votre carte de fidélité, et même accéder à du contenu interactif… »

Jetons un œil sur quelques chiffres pertinents qui mettent en valeur mon point de vue:

  • Les australiens sont les plus grands utilisateurs du paiement sans contact dans le monde, dont 43% à utilisent la technologie sur une base régulière, selon une étude de l’intelligence d’affaires entreprise RFI en Juin 2014,
  • Selon MasterCard, l’Australie est le numéro un du marché de la carte PayPass dans le monde,
  • Il y a plus de 12 millions de cartes sans contact en circulation (source: Euromonitor 2014), pas mal pour un continent qui ne comprend que 23,5 millions d’habitants…
  • 68% des Australiens préfèrent payer avec leurs cartes bancaires plutôt qu’en cash,
  • La banque Westpac prévoit plus de 3 milliards de dollars de transactions via la technologie sans contact en Australie en 2015 (Finextra).

Service de paiement sans contact :

Il faut savoir que dorénavant toutes les grandes banques Australiennes déploient  uniquement des cartes sans contact.

paypassGrâce à ma carte PayPass Commonwealth, je peux payer sans contact jusqu’à 100 dollars Aus  (vs France : 20 euros) chez plus de 220 000 points de vente équipés de terminaux sans contact (on estime à plus de 20% le taux de pénétration) . C’est si pratique et si rapide! Je suis impressionné par le nombre d’utilisateurs: « Six sur dix transactions en supermarchés sont sans contacts» (Source: Dave Birch de chez Hyperion Consulting UK).

C’est tellement populaire que certains retailers voudraient installer des caisses  100% sans contact, c’est-à-dire n’acceptant même plus le paiement contact classique « chip&pin ». C’est incroyable!

Les services Online et mobiles:

Je suis client à la Commonwealth Bank, parce qu’ils ont été les premiers à introduire des services de paiement mobile (Banking & NFC eSE ) et sont de loin les plus  innovants.  Je vous invite à consulter leurs services online et mobiles, c’est très intéressant : Compte 100% Online :  « Netbank », retirer de l’argent (max 200 dollars/jour ) au distributeur sans sa carte, solution mPOS pour les petits et moyens commerces  et j’en passe…

Commbank app

Commbank app

En outre, ils offrent aussi une application mobile appelée  » CommBank » qui est à la fois une application bancaire classique (solde, gestion des comptes, virement…) mais aussi d’effectuer des paiements NFC utilisant le secure element intégré au smartphone, mais malheureusement la fonction NFC est seulement valable sur les Samsung Galaxy S4 et je n’ai qu’un GS4 « mini »… Dommage.

En outre, l’application permet également aux clients de payer sa facture d’électricité par exemple en utilisant un QR codes ou par téléphone en composant un numéro spécial (« Bpay ») Enfin et surtout, l’application propose de payer son ami (« Pay someone ») en utilisant soit son numéro de téléphone mobile,  son e-mail, ou son compte Facebook. Très pratique et « user friendly », mais très peu securisé, d’ailleurs c’est pour ça que le montant est limité.

Quoi d’autre?

Service sans contact pour le transport:

Transaction

Transaction

Dans le Queensland à Brisbane le transport public est vraiment très pratique. La ville et Translink, l’opérateur de transport public , ont fait appel à Cubic pour déployer  un système 100% interopérable utilisant la technologie Mifare Classic (Rail, Bus, Ferry, vélo).

 Le service est très pratique et très accessible, pas besoin de s’inscrire pour obtenir la  « GoCard ». Le succès est totale : plus de 80% des trajets de transport dans la région utilisent la carte sans contact, et plus de 2 millions de cartes (source Cubic) ont été émises (2,2 millions d’habitants vivent dans la région).

Translink card

Translink card

Au quotidien, on compte environs 700 000 voyages effectués. Un voyage est calculé par un système de Check In à l’entrée – Check out à la sortie.Le coût du voyage n’est jamais fixe, un peu comme à Londres avec TfL, il se calcule suivant divers facteurs : en fonction de l’heure: hors-pointe (moins cher) vs période de pointe, en fonction de la distance et du nombre de voyage: après un nombre de voyage maximum par semaine (8), le service devient gratuit.

Bon attention, on dépasse vite les 50 dollars par semaine…

Translink onlineLe service est également disponible en ligne, vous pouvez vérifier votre solde, votre historique et même recharger votre carte, très pratique!

TransLink propose aussi une application mobile pour gérer ses trajets, similaire à celle de la RATP. Néanmoins, elle est seulement disponible pour les Androids… Bizarre quand on sait le nombre important de téléphone sous iOS… L’Australie est très gros marché pour Apple.

plannerLa prochaine évolution permettra aux gens d’utiliser le service GoCard avec leur téléphone mobile NFC! Mais pas de date encore confirmée par TransLink.

Hand_card_341x227La ville de Sydney, dans le New South Wales,  vient tout juste de déployer le même type de service avec Cubic, le service s’appelle Opal Card, plus d’infos à venir.

 Voici à quoi ressemble aujourd’hui mon portefeuille Australien : cartes sans contact + mobile banking.

portefeuille

Et le NFC dans tout ça ?

2014 est l’année charnière du NFC en Australie.

eSEPour rappel en 2013, l’Australie a été le premier marché à déployer des services NFC eSE (Secure element intégré dans le téléphone) avec notamment le partenariat Visa / Samsung.

Aujourd’hui, les banques majoritairement déploient des solutions , contrairement aux MNOs (Telstra, Optus, Vodafone) qui sont peu actifs :

NAB a lancé en Septembre 2013 son service d’échange d’argent via NFC « NAB Flik » .

Commonwealth Bank a déployé son service de paiement « Tap&Pay »(eSE) en parteneriat avec MasterCard, seulement disponible sur les Galaxy S4 (modèles GT-i9505 ou GT-i9507), et aussi des stickers « PayTag » sans contact à coller derrière son mobile (2,99 dollars) .

Pay tagWest Pac aussi a implémenté la même solution en Partenariat avec MasterCard sur les Gs4 mais aussi Galaxy S5, où lors de sa sortie a fait une énorme communication autour de ce service notamment avec une publicité télé.

« La tendance est au HCE »

Toujours très actives et voyant d’un bon œil le fait de pouvoir déployer des services NFC  indépendantes (sans passer par les MNOs), les banques australiennes travaillent désormais sur le Host Card Emulation.

Cuscal-CUA-NFC-HCE-Payment Le 14 Juillet 2014 : La banque CUA vient tout just d’annoncer le lancement de sa solution HCE « Redi2PAY » , qui permettra à ses clients  équipés d’un Smartphone Android (version KitKat 4.4) de payer NFC à tous les terminaux Visa PayWave. Après BBVA en Espagne, l’application HCE « Redi2PAY »  est le second lancement mondial , et le premier dans la région Australasia utilisant les specifications HCE de Visa .

Néanmoins, le HCE reste un sujet très compliqué, peu mature qui va nécessiter du temps et de la standardisation, notamment à cause du risque lié à la sécurité des données bancaires.

Conclusion :

Australie : un pays sans contact ? Oui !

L’Australie est clairement un pays mature en termes d’infrastructure et d’usage du sans contact.

Au vue de l’activité des acteurs de l’écosystème, il est clair qu’il risque de devenir dans les années à venir le champion du paiement Mobile NFC.

35iVLBzxL’auteur :

William Belle est Junior Marketing & Business Development Manager dans le Mobile Payment & Ticketing. Passionné par l’industrie depuis plus de 2 ans, il a  commencé par rédiger son mémoire sur le sujet. Après l’obtention de son Master of Science en Marketing Opérationnel à Kedge Business School Marseille, il a eu la chance d’intégrer le département NFC Marketing  de Gemalto.  Sûr de son potentiel et de ses connaissances, il tente aujourd’hui sa chance en Australie. « Bloggeur », « Twitteur »,  il partage ses idées et son savoir via ses plateformes : http://williambelle.wordpress.com/@bellewilliam , au.linkedin.com/in/bellewilliam/ .