Archives du mot-clé conference

Conférence ChangeNOW au Grand Palais, le progrès est de retour au secours de la planète et de ses habitants

ChangeNOW2020

ChangeNOW2020

La magnifique nef du Grand Palais a accueilli les 30 et 31 janvier et 1er février  2020 ChangeNOW, un événement à la portée mondiale, une exposition et une série de conférences présentant des solutions aux problèmes liés à l’état de notre planète (et en particulier le dérèglement climatique).

Trois jours de débats, d’échanges et de présentations de solutions, de startups, d’associations, de grandes entreprises. Un foisonnement d’interventions, du maire d’une petite ville belge innovante dans l’usage du vélo à Bertrand Piccard et Nicolas Hulot, un foisonnement qu’il n’est pas possible de partager dans un simple billet et vous retrouverez heureusement de nombreux comptes rendus et vidéos sur le web, certains en fin de ce billet. Nous nous contenterons donc de verbatims, citations, images, liens, idées, glanés au gré de nos déambulations, de conférences, débats, pitchs de startups écoutées, et de stands visités pour un compte rendu très partiel et probablement partial.

ChangeNOW2020 Réfugiés

ChangeNOW2020 Réfugiés

Sur la scène principale, lors de la session sur les réfugiés, Théo Scubla nous explique Wintegreat, un programme qui donne vie aux projets professionnels des personnes réfugiées   Céline Schmitt de l’UNHCR, nous parle du rôle de son agence  et de l’impact des changements climatiques sur la vie des réfugiés comme au Bangladesh ou au Soudan. Des 17 objectifs des Nations-Unis, un des objectifs le plus important, voire le plus important, est l’accès à l’éducation nous dit-elle. Fritjof Knier présente, Integreat, une application qui apporte de l’information aux réfugiés et qui facilite leur intégration (en Allemagne pour l’instant).

S’en suit une session Economie circulaire, packaging et nouveaux matériaux en deux parties animées par Lovelda Vincenzi.

ChangeNOW2020 Packaging 1

ChangeNOW2020 Packaging 1

Packaging. Philippe Gallard, Perrier, nous parle de la collaboration avec  SoScience  sur le packaging durable. Plus de trains et moins de camions pour le transport des bouteilles. Nous aimerions avoir créé un vrai impact dans l’économie durable en 2025. Il présente le programme «  The Future Of Positive Packaging »  ainsi que les 3 équipes gagnantes. Biotic, Flexikeg, Plastiskul  « The real heroes of change » pour Philippe Gallard.

ChangeNOW2020 Packaging2

ChangeNOW2020 Packaging2

Collaborer le sujet de l’économie durable est trop difficile à gérer seul. C’est l’idée derrière le programme « The Future Of Positive Packaging »  pour Mélanie Marcel,  SoScience. Et si on vendait le Perrier en « kegs » / tonnelet / tonneaux ?

Pour Bertrand Piccard, Solar Impulse Foundation, et le programme « 1000 solutions », cette coopération est difficile. Il y a quelques progrès. Certaines entreprises, comme Perrier, font un travail remarquable. Importance de faire en sorte que les consommateurs intègrent ces changements. Le but est de sauver la race humaine d’un futur « misérable ». Nous devons tous participer à cet effort et ceux qui ne le font pas mettent en danger notre futur.  Il nous faut questionner nos certitudes. Les solutions existent, la fondation Solar Impulse en a identifié plus de 300.

ChangeNOW2020 New Materials

ChangeNOW2020 New Materials

Nouveau matériaux – Le packaging a clairement un impact sur la bio-diversité nous dit Valentin Fournel. Citeo n’est pas seulement actif dans le tri, mais aussi dans la fin de vie des produits, et l’impact du packaging. Dans 5 ans, tout sac ou contenant devrait pouvoir être réutilisé, et si ce n’est pas possible, recyclable.

Pour Marion Vincent, Lactips propose du plastique sans plastique, un «  plastique »  soluble dans l’eau.   Nous savons construire des matériaux nouveaux mais nous ne sommes pas des spécialistes du packaging et des consommateurs. La collaboration avec tous les acteurs est clé pour nous.

Kari Laukkarinen, Paptic, indique que le plastique est pratique dans un grand nombre de cas. Ceci dit, il existe des nouveaux matériaux à base de bois (cellulose) avec des qualités équivalentes.   Les sacs de courses sans plastique de l’entreprise sont garantis pour 32 kilos en Allemagne. Une fois usés, ils se recyclent dans la poubelle papier. Le papier et le carton sont recyclés à 60 / 70% en Europe ce qui est très élevé.

En conclusion de la session, Charlotte Dennery CEO, BNP Paribas Leasing Solutions présente des exemples de sociétés financées par l’entreprise et l’importance des critères Economie Durable, circulaire et inclusion sociale.  BNP Paribas 3 Step IT, est une société dont le but est d’étendre la vie des produits IT ou les recycler.

Esohpromatém (c) Rachel Marks

Esohpromatém (c) Rachel Marks

Une dernière rencontre le premier soir avec Rachel Marks, l’artiste derrière Esohpromatém, l’arbre magnifique, à la fois blanc et chatoyant,  de couleurs, entre désespoir et des espoirs qui accueillait les visiteurs de ChangeNOW

La deuxième journée commence (pour moi) par les sessions autour de la mobilité et de la ville durable sur la « Crystal Stage »

Les deux premières sessions consacrées à la mobilité durable et animées par Pierre Mangin, Forbes France, font la part belle au vélo.

ChangeNOW2020 Mobility

ChangeNOW2020 Mobility

Boaz Adank, ville de Breda, nous parle utilisation du vélo dans sa ville. Pour moins de 5 km, la ville encourage ses habitants de prendre le vélo et construit sa mobilité autour de ce concept.  Les cyclistes choisissent eux-même leurs routes (usage) et la ville construit les pistes cyclables correspondantes. Du vrai User Design. Il y a réduction des places de stationnement en ville, mais également reconnaissance que le vélo ne peut pas être la solution unique.

Pour Laura Foglia, The Shift Project, le suivi des nouveaux transport low-carbone est clé. Un système de location de trottinettes électroniques uniquement utilisé par des piétons ne résout aucun problème. La construction de centres commerciaux à l’extérieur de la ville n’est pas compatible avec une ville sans voitures. «  Urban planning is key ». Un approche globale ou systémique est clé.

ChangeNOW2020 Mobility

ChangeNOW2020 Mobility

« Reclaiming the cities. » Réinvestissons nos villes, le credo de Barbara Evaeus, Global Communications Lead, WWF Cities.

Pour Jan Vermeulen, maire de la ville de Deinze, en Belgique, 80% des élèves de la ville utilisent les vélos. Deinze et Gand sont les deux villes les plus cyclistes de Belgique. Il est cash : «  Ce n’est pas mon problème ce que les personnes font avec leurs voitures.  Débarrassez vous de vos voitures. »

Isabella Burczak de l’UCI, l’Union Cycliste Internationale, nous parle du label UCI Bike City « Vélo pour tous » et du rôle de son organisation dans le développement du vélo partout.  (Pour l’anecdote, ma ville, Saint-Quentin-en-Yvelines a obtenu ce label ! Merci le VCMB (entre autres)).

ChangeNOW2020 SNCF

ChangeNOW2020 SNCF

Alexandre Viros, CEO, e-voyageurs Sncf nous parle ensuite de MaaS – Mobility as a Service. Rendre plus facile la mobilité en intégrant TOUS les moyens de transports grâce au numérique.  Le vélo ne suffit pas et ne suffira pas avec l’extension de Paris au Grand Paris. Google sait gérer les données mieux que personne mais quel est son intérêt réel : son business ou les franciliens ? Notre compagnie est plus intéressée à transporter 5 millions de franciliens par jour plutôt que les faire cliquer sur une app, Il mentionne au passage le NFC comme une des technologies clés du transport 👍 Le temps est l’ennemi, pour les usagers des transports publics mais aussi pour les sociétés qui subissent les retards. « Je suis un pessimiste positif. »

ChangeNOW2020 SmartCity

ChangeNOW2020 SmartCity

Après la mobilité durable, on attaque la ville durable. Premier keynote de Jeff Kirschner,  Founder & CEO, Litterati. A l’aide des photos de la communauté, Litterati permet de connaître les sources de déchets et les traiter.  Créer des villes sans déchets « sauvages ». Le service est présent dans 165 pays. Loa Maouche, ville de Renkum, a utilisé les données fournies par Litterati et a résolu son problème de déchets sauvages. Ne plus être seul, créer une communauté, connaitre la source des déchets et observer les progrès, sont les clés du succès d’un nettoyage réussi. Utiliser les données de Litterati pour comprendre et agir sur le problème des déchets.

ChangeNOW2020 SmartCity

ChangeNOW2020 SmartCity

Christophe Béchu, Maire d’Angers présente le projet Smart Angers, 40 000 capteurs, il est clé d’y d’associer les citoyens. Exemple de services connectés – l’arrosage automatique des parcs grâce aux capteurs installées.

Nils Larsen nous présente Smart City de Umeå dans le Nord de la Suède avec une approche très sociale, européenne et écologique.

La conclusion de cette session Mobilité et Ville durable revient à Emmanuel François, Chairman, Smart Building Alliance.

ChangeNOW2020 SBA

ChangeNOW2020 SBA

L’association a été créée parce qu’aucune société ne pourra développer la Smart city seule. Au début du XX siècle, New-York a décidé d’électrifier la ville et d’interdire les chevaux / « carriages ». Cela a été fait en 10 ans. On peut transformer nos villes avec la même volonté. Il nous faut passer nos villes en courant continu, plus efficace. La plupart de nos équipements utilisent le courant continu. (C’est le retour de la solution d’Edison (courant continu) vs Tesla (courant alternatif)  NDLR.) Google a développé un bâtiment à Toronto entièrement en courant continu. Il faut un mix AC/DC. 😉  Recréer les villes et les villages, avec les services locaux. Passionné plaidoyer d’Emmanuel François pour une ville nouvelle, propre, frugale, diverse.

«  Nous avons les technologies (y compris le courant continu), nous pouvons le faire. »

ChangeNOW2020 Pitch

ChangeNOW2020 Pitch

Ensuite, deux sessions de pitchs autour de l’économie circulaire citoyenne animée par Cédric Giorgi. Bocage Urbain par VertuoShayp pour éradiquer les fuites d’eau, Small travel habitEchale a tu casa – Ecoblock, construction de maisons économique, communautaire et financée et Advanced dynamics, électrification de voitures thermiques.

ChangeNOW2020 Pitch

ChangeNOW2020 Pitch

Satellite Vu, mesure de la température des bâtiments par satellite (fuite thermique), Techno Carbon, matériaux à Hautes Performances Techniques & écologiques, pierre en fibre de carbone, H2X, écosystème hydrogène pour la mobilité décarbonée, Wave Bumper, système unique de digues amovibles et réutilisables destiné à protéger les zones littorales soumises aux aléas océaniques et Litterati, nettoyer la planète, morceau par morceau.

Hydrao Paptic Orange Microsoft

Hydrao Paptic Orange Microsoft

Pour terminer, parmi les nombreuses grandes sociétés présentes, Orange collectait les mobiles usagées et Microsoft France présentait  son projet  Farmbeats, tableau de bord connecté de l’agriculteur. La société était également présente dans les conférences avec son programme AI for Earth. Et parmi les startups, citons Hydrao et sa douche connectée, qui encourage l’utilisateur à réduire sa consommation d’eau par des signaux lumineux (Nudge, quand tu nous tiens), un produit labellisé « 1000 solutions » par la Fondation Solar Impulse et Paptic, déjà cité, un matériau nouveau à base de bois, cellulose, permettant un packaging recyclable comme du papier mais beaucoup plus solide et pouvant remplacer le plastique dans de nombreuses applications à commencer par les sacs de course.

En conclusion, un sentiment partagé entre le cri d’alarme assourdissant de Bertrand Piccard et le besoin clairement identifié d’agir à tous les niveaux (de chaque individu à tous les états) et des centaines de solutions présentées pour nous encourager à vivre en étant plus soucieux de la planète.

En 1900, à la Belle Epoque, date de l’inauguration du Grand Palais, période des grandes expositions universelles, le progrès était considéré comme positif, les avions, les voitures faisaient rêver, la médecine, l’énergie, le transport faisaient leurs révolutions et changeaient la vie de chacun. C’est moins le cas aujourd’hui où les « fake sciences »  et les collapsologues de tout poil font douter une partie de la population sur l’avenir de notre civilisation et notre capacité à surmonter les difficultés. Espérons que ce bel écrin optimiste qu’est le Grand Palais soit un clin d’oeil lancé au renouveau de l’idée de progrès au service des grands défis en particulier climatologiques qui nous attendent, chacun d’entre nous et tous ensemble. C’est le message que nous retiendrons de ce ChangeNow,  de son « positive impact », de ses intervenants et de ses entrepreneurs.

A suivre … tout autour de la planète.

Pierre Métivier
@PierreMetivier

Pour aller plus loin

ChangeNOW2020 Pitch

ChangeNOW2020 Pitch

Il est temps de prendre en compte l’impact du numérique sur les émissions de gaz à effet de serre

Marc Giget et l'impact du numérique sur le climat

Marc Giget et l’impact du numérique sur le climat

On ne présente plus Marc Giget, en particulier dans ce blog. Président et fondateur du Club de Paris des Directeurs de l’Innovation, il milite avec passion et conviction depuis 20 ans pour une innovation humaniste à travers ses nombreuses activités et en particulier les Mardis de l’Innovation. Son livre « Les nouvelles stratégies d’innovation 2018-2020 et vision prospective 2030 » est indispensable à toute personne s’intéressant à l’innovation.

L'empreinte carbone des français (c) Les Echos

L’empreinte carbone des français (c) Les Echos

A l’occasion de la remise des Trophées « Innovation Team Best Practices 2019 » dans la catégorie Stratégie de l’innovation (1), Marc a profité de la conclusion de l’évènement et de l’association de ce même événement avec Citeo et l’écosystème de l’économie circulaire pour alerter (ou pousser un coup de gueule, c’est selon) contre l’absence d’intérêt et de démarche publique sur la consommation d’énergie induite par le numérique et ses conséquences sur la production de gaz à effet de serre.

Partant des objectifs de développement humain et durable des Nations Unis, Marc s’est concentré sur l’objectif 12, « consommation et production responsables », un objectif sur lequel les entreprises ont un grand rôle à jouer, en particulier pour réduire l’impact sur le réchauffement climatique et sur la consommation de matières premières. Qui dit production, qui dit utilisation d’énergie. Et le numérique est l’une des cinq premières sources de production de gaz à effet de serre de chaque français (avec la voiture, le logement, la santé et l’alimentation) source Les Echos.

L’émission du CO2 du numérique est «  totalement hors contrôle » nous dit Marc. Le Cloud, c’est 10% de la consommation énergétique dans le monde et contrairement aux autres industries clairement identifiées qui font plus ou moins d’efforts pour réduire leur production de carbone, aucune action d’envergure n’est menée pour réduire la consommation du numérique. Netflix et le streaming vidéo sont particulièrement visés. La plateforme Netflix est responsable à elle seule 25% des émissions de CO2 du numérique et le streaming représente désormais 60% des données transitant sur le net. Source The shift project

Pour Marc, le numérique est perçu comme un bien « immatériel » et non physique (ce n’est pas du plastique) et donc on ne pense à pas à la production induite de gaz à effet de serre, et pourtant, elle est importante.

La courte durée de l’intervention n’a pas permis de développer en détail la consommation quelle soit directe (rien sur le minage des bitcoin, le jeu en ligne (2), sur le système bancaire, l’internet et ses applications (hors streaming) ou l’internet des objets) ou indirect (le commerce en ligne type Amazon et les livraisons physiques correspondantes) mais à l’heure où des milliers de visiteurs du monde entier se rendent  à Las Vegas admirer les gadgets de l’année du CES 2020, comme des robinets ou des toilettes connectées avec lesquelles nous allons communiquer, ce ne sont pas uniquement les avions qui participent au dérèglement climatique.

Le sujet mérite d’être mis sur le devant de l’actualité et surtout traité.

A suivre … et découvrir sur vos écrans. #paradoxe

Pierre Métivier
@PierreMetivier

Notes

  1.  J’ai participé activement au développement des trophées « Innovation Team Best Practices 2019 » depuis la première édition.
  2. La partie  » Jeu en ligne  » a été ajoutée après la première publication et des échanges sur LinkedIn. Merci Noël Philippe. 

Pour aller plus loin

Quand l’Académie des Technologies se penche sur le futur de la mobilité terrestre

Convention & Grands Prix de l’Académie des technologies

Convention & Grands Prix de l’Académie des technologies

Le 18 novembre 2019 a eu lieu la troisième édition de la Convention & Grands Prix de l’Académie des technologies. Consacré à la mobilité terrestre du futur, cet événement a notamment a abordé deux thèmes « Mobilité électrique : hybride rechargeable, électrique, pile à hydrogène, un nouvel écosystème à développer » et « Enjeux technologiques et industriels du véhicule connecté et automatisé ».

Pascal Viginier, Académie des Technologies

Pascal Viginier, Académie des Technologies

Pascal Viginier, le Président de l’Académie des technologies, a rappelé le rôle de l’académie que l’on peut résumer par son devise « pour un progrès raisonné, choisi et partagé » qui résonne avec deux autres devises intemporelles – « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » et « Le progrès ne vaut que si il est partagé par tous. ».

Cette introduction a été suivi par une vidéo ci-dessous présentant l’académie avec des interventions, entre autres, d’Alain Cadix, Thierry Breton, François Bourdoncle et Laurent Alexandre.

Dominique Christian et Patrick Pelata

Dominique Christian et Patrick Pelata

Dominique Christian, philosophe et Patrick Pelata, ancien Directeur général délégué du groupe Renault ont ensuite échangé leur point de vue sur le sujet en prenant parfois quelques tangentes. Territoires et mobilités se confondent. Flou et ambiguïté. L’homme est de plus en plus mobile, y compris en terme de sexualité nous a dit Dominique Christian. Dans ce nouveau monde, nous sommes passés d’un modèle de domination à celui de contrôle. Il évoque furtivement la furtivité, le brugnon. « On ne sait pas si c’est de la prune ou de la pêche », du phalanstère de Charles Fourier avant d’asséner «  Je suis philosophe, je m’occupe des questions, ça me suffit, pas des réponses. » en délaissant une question sur la voiture électrique qui lui est posée.

Pour Patrick Pelata, au 20ème siècle, la voiture a donné une liberté en réponse à un besoin d’évasion mais a également donné l’espace urbain à l’automobile.  Le transport dans son ensemble (terrestre, maritime, aérien) représente 30% des émissions à effet de serre. Nous avons 30 ans pour que le parc «  transport »  soit à zéro pour répondre aux alertes du Giec de ne pas dépasser les 1,5°c d’augmentation de température.  La voiture fait partie des solutions si bien sûr l’électricité est décarbonée. Uber ajoute 10 à 20% d’effets de serre supplémentaire.  Uber, Lyft ou Tesla pensent que la décarbonisation peut se faire sans régulation / intervention des pouvoirs publics, ce qui n’est pas son avis. ll ne faut pas laisser les entreprises gérées les données générées par la mobilité pour conclure un échange pour le moins asymétrique. Le rapport de Patrick Pelata sur la filière automobile.

Première table ronde

Première table ronde

Ensuite, la première table ronde « Mobilité électrique : hybride rechargeable, électrique, pile à hydrogène, un nouvel écosystème à développer » a vu Patrick Bastard, Renault, Thierry Faugeras, Eren Industries, Marc Granger, Alstom, Stéphanie Jumel, EDF et Pierre Toulhoat, du BRGM, échanger leur point de vie sur le sujet.

Pour Marc Granger, Alstom, le train et le transport partagé est (sans surprise) une des (la ?) solution(s) de la mobilité terrestre. Les régulations pour les robots taxi seront proches de celles qui s’appliquent au transport ferroviaire. Pour la voiture autonome, Le V2V (communication Véhicule to vehicule) ne sera pas suffisant, il faudra une couche de V2I (Véhicule to Infrastructure). Les trains à hydrogène Alstom sont une réalité depuis un an, vendus en Allemagne avec 1000 km d’autonomie. Il reste bien sûr à gérer le problème de l’infrastructure hydrogène, sujet non abordé.

Une voiture électrique consomme comme un gros chauffe-eau nous dit Stéphanie Jumel, EDF. Le réseau électrique sait gérer la consommation des véhicules électriques. 75,000 bornes de chargement électrique en 2022, c’est l’ambition d’EDF à travers sa filiale Izivia.

Thierry Faugeras présente Eren Industries, une entreprise luxembourgeoise qui développe des technologies innovantes dans les domaines du stockage électrique.

La France possède des réserves de terres rares qu’elle n’exploite pas pour des raisons principalement écologiques. Elle préfère acheter à l’extérieur nous dit Pierre Toulhoat, BRGM, le Service géologique national.  Un sujet qui pourrait être rapidement revu dans le cadre d’une approche souveraine.

Et l’on apprend qu’il existe des Kangoos (et Master) à hydrogène. Mais c’est très complexe nous dit Patrick Bastard, Renault, par ailleurs optimiste sur le futur de l’écosystème véhicule électrique, stockage et énergies propres.

Marc Mortureux, La Plateforme Automobile

Marc Mortureux, La Plateforme Automobile

Ensuite, Marc Mortureux, Directeur général de la Plateforme automobile nous parle de l’impact du digital sur les chaines de valeur de l’industrie automobile. C’est une disruption non seulement digitale mais sociétale. On demande à l’industrie de passer de véhicules à moteurs thermiques, avec conducteur, à usage personnel à des véhicules électriques, partagées et autonomes. Il faut voir la filière automobile comme apporteur de solutions au problème de la neutralité carbone en non uniquement comme une des causes au problème.

La seconde table ronde a comme thème « Enjeux technologiques et industriels du véhicule connecté et automatisé » et a permis à Guillaume Devauchelle, Valeo, Laurent Kocher, Groupe Keolis, Carla Gohin, Groupe PSA,  Régis Lemarchand, Generali et  Arnaud Vamparys, Orange de présenter les points de vue de leurs entreprises respectives.

Seconde table ronde

Seconde table ronde

Guillaume Devauchelle, Valeo a rappelé que son groupe avait créé le Stop&Go que l’on trouve désormais sur la plupart des voitures actuelles et a rassuré les représentants des constructeurs en leur assurant, non sans malice, que l’équipementier n’avait pas l’intention de fabriquer des voitures. Il était temps de connecter la voiture au reste de notre environnement. Grâce au véhicule autonome, nous allons retrouver du temps de libre pour mieux vivre. Apprendre, se relaxer, « améliorer sa vision » par des exercices, sont des exemples d’activités cités par Guillaume que nous pourrons exercer dans nos voitures autonomes.

Parmi les 5 niveaux définis d’autonomie, le 2ème niveau est OK, le niveau 3 dans certains cas comme les embouteillages (20 mn sur l’A13 #cestduvécu) pour Carla Gohin, Groupe PSA . Dans cette mutation vers une voiture plus propre permis par le numérique, il ne faut pas oublier de prendre en compter les impacts des services numériques intégrés dans la voiture (les fermes de serveurs par exemple).

La numérisation du véhicule apporte de nouveaux risques pour Régis Lemarchand, Generali. Les évolutions du cadre juridique sont plus lentes que les nouveaux services et technologies. Exemple de la trottinette.

Il sera importance d’avoir une bonne connectivité pour remonter les données des futures voitures autonomes, génératrices de grandes quantités de données, ainsi que les échanges de données entre les voitures et les feux pour fluidifier le trafic nous dit (logiquement) Arnaud Vamparys pour Orange. Des tests de voitures connectés 4G/5G sont en cours sur le circuit de Linas-Monthléry.

Comme Orange, nous gérons une bande passante, qui s’appelle le bitume, nous dit Laurent Kocher, Groupe Keolis. Ne perdons pas de vue le besoin fondamental des personnes à se déplacer et n’oublions pas non plus que les solutions doivent fonctionner partout sur le territoire.

Carla Gohin, Groupe PSA, rappelle le projet français SAM pour expérimenter collégialement le véhicule autonome et rappelle l’importance d’expliquer au public les avantages apportés par les véhicules autonomes.

Après cette dernière table ronde, les Grands Prix de l’Académie des Technologies sont remis à :

  • Mob-Energy un service de recharge mobile et autonome dans la catégorie Technologie. Les autres nominés étant : at optima, EIFHYTEC et K-Ryole.
  • Groupeer une billettique scolaire, nouvelle génération, dans la catégorie Technologie et Société Les autres nominés étant : ecov et tictactrip
Grand Prix de l'Académie des Technologies

Grand Prix de l’Académie des Technologies

La conclusion de la Convention revient à Anne-Marie IDRAC, ancienne ministre et haute représentante pour le développement des véhicules autonomes et qui a remis un rapport en 2018 sur le sujet au gouvernment.

Anne-Marie Idrac

Anne-Marie Idrac

Elle résume très clairement les débats, citant tous les intervenants par leur noms et notant clairement les points-clés et les oublis. Par exemple, elle signale que le transport de marchandise #logistique n’a pas été abordé par les intervenants et que le #ecommerce a un effet très négatif sur la production de gaz à effet de serre.

Devant l’augmentation des acteurs de l’écosystème mobilité et les nouveaux modèles d’affaires, les fabricants de voiture risquent de devenir des « commodities », des « fabricants de caisse » en français même si elle a confiance dans les constructeurs nationaux pour éviter cet écueil. Autre petite pique aux intervenants : « Vous avez été pudiques sur un thème, les business models » Les expérimentations en cours sont gratuites. « On ne fait pas payer les cobayes ». Qui paye quoi ? Attention au gratuit, c’est un sujet chaud en cette période d’élection. Toujours sur le business model «  Faire rouler des flottes de véhicules autonomes 80% du temps rempli à 75% entre Roissy et Paris comme certains le proposent, ce n’est pas gagné, surtout avec un conducteur  accompagnateur à bord. Je préfère un bon RER B ».

Une piste à suivre pour ces véhicules autonomes, suggéré par Mme Idrac, la logistique urbaine. Elle rappelle également que la question des données n’est pas clairement résolue pas plus que la cybersécurité, les comportements, l’éthique, les sujets économiques, les discriminations, …

Deux derniers verbatims « Je préfère un bus qui arrive à l’heure que 4 applications qui me disent qu’il va bientôt arriver. » et « Pour les véhicules autonomes dans les campagnes, il va falloir repeindre les bords des routes à la peinture blanche ».

Des messages simples, clairs et réalistes en complément de l’enthousiasme d’une partie des intervenants précédents.

Conclusion provisoire – Le véhicule autonome (niveau 3+) et partagé, dans sa version électrique ou à hydrogène, ne sera pas sur nos routes à grande échelle avant quelques années, ce qui n’empêche pas de travailler sur une filière française de la voiture autonome et de coopérer avec le reste de la planète sur les sujets liés à l’éthique et à la cybersécurité.

Et un grand merci à l’Académie pour ces débats sérieux et passionnants.

A suivre … sur mon vélo ou en transport partagé !

Pierre Métivier

@pierremetivier

Pour aller (écologiquement) plus loin

  • Le rapport de Anne-Marie Idrac sur les véhicules autonomes
La photo de famille

La photo de famille

Et pour remercier ce qui tous ceux qui ont été jusqu’à la fin de ce billet, le dessin de Geluck sur le sujet 😉

Le Chat (c) Philippe Geluck

Le Chat (c) Philippe Geluck