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Meilleurs voeux numériques bien sûr pour 2019

Voeux numériques pour 2019

Voeux numériques pour 2019

Tout est dans le titre et l’image, l’occasion également de revenir sur les articles du blog cette année.

sans oublier bien sûr l’article numérique vs digital, de 2015, que la carte de voeux illustre.

A très bientôt, « in real life », au cours d’une conférence, d’un salon, d’un rendez-vous, d’une mission ou par hasard.

A suivre … dès demain, le 1er janvier 2019, pour toujours aborder les sujets liés à l’innovation et l’internet des objets sans oublier bien sûr le NFC.

Pierre Métivier
@PierreMétivier

La magie de nombreux services sans contact s’invente et se fabrique dans une usine berrichonne : visite guidée

Usine RFID (c) Paragon ID

Usine RFID (c) Paragon ID

« Toute technologie suffisamment avancée est indiscernable de la magie. » C’est la dernière des trois lois de Arthur C. Clarke, l’auteur de 2001, l’odyssée de l’espace. Et c’est le cas pour les technologies sans contact type RFID (dont le NFC). Les technologies sans contact sont invisibles, pour ne par dire, immatérielles pour les consommateurs. Les étiquettes sont cachées dans les objets de notre quotidien, comme dans la plupart de nos cartes de paiement, de transport, d’accès (maison, voiture, bureaux, spectacles, .. ), sur des arrêts de bus, dans des musées, dans nos passeports et autres documents d’identification, dans des figurines de jeux, des jouets, des billets de spectacles, des cartes de visites, des bracelets, dans les vêtements, objets de sport et de nombreux objets de luxe (parfums, sacs, spiritueux ou bouteilles de vin), pour ne citer que ces exemples. En approchant une carte de transport d’un portillon, celui-ci s’ouvre, en posant des figurines de plastique sur un plateau, la partie commence avec les joueurs représentée par leurs personnages, en approchant son mobile d’une étiquette d’un produit dans un magasin, on apprend son origine et sa composition, si il comporte des composants allergènes ou du gluten, et tout cela sans clavier ou sans parler à voix haute dans des lieux publics :-).

Mais ces tags, invisibles pour la plupart d’entre nous, sont pourtant bien sûr conçus et fabriqués, suivant de nombreux critères (type d’application, distance de lecture, forme, taille et matière composant l’objet qui va les héberger, coût, niveau de sécurité nécessaire, …) avant d’être intégrés dans les objets qu’ils vont rendre communicants.

Usine RFID (c) Paragon ID

Usine RFID (c) Paragon ID

Dans le Berry, au sud de la Loire, Aubigny-sur-Nère, surnommée la ville des Stuart, est un village riche de son passé et d’un magnifique patrimoine historique. Juste à côté, Argent-sur-Sauldre, est une petite ville de 2 000 habitants, beaucoup moins connue, et donc moins visitée, que sa voisine. Ceci dit, derrière cette ville sans « histoire » , il y a une ville tournée vers l’avenir et qui abrite dans ses murs, une des plus importantes usine d’étiquettes RFID de France, de l’entreprise Paragon ID. L’occasion nous a été donnée de la visiter et bien sûr nous n’avons pas résisté à la tentation. Et en voyant la fabrication des étiquettes par ces machines impressionnantes, on a l’impression (c’est le cas de le dire) de voir la matérialisation de cette magie décrite précédemment.

Issu du rapprochement du français ASK et de la division Identification et Traçabilité de Paragon Group Ltd, Paragon ID, 600 collaborateurs dans le monde, est donc l’un des grands leaders du marché des solutions globales de type RFID / NFC. La société possède un site industriel en Roumanie, un centre de R&D à Sophia Antipolis et donc cette usine dans le Cher. L’entreprise s’est également agrandi le mois dernier avec l’acquisition des actifs et de la propriété intellectuelle (brevets) de RFID Discovery, marque commerciale des solutions d’identification par RFID pour le secteur de la santé, de la société anglaise Harland Simon Plc.

Usine RFID (c) Paragon ID

Usine RFID (c) Paragon ID

L’usine est vaste, très propre, proche d’une imprimerie, ce qui n’est pas un hasard puisque non seulement c’est son origine mais la fonction impression est toujours en place (Web-to-print et tickets magnétiques) et le métier de fabrication d’étiquettes RFID est cousin de celui d’imprimeur. Elle est étonnamment silencieuse pour un site industriel. Et derrière des machines les plus modernes, on y croise aussi des rotatives plus anciennes, bichonnées par les équipes.

L’innovation est bien sûr présente sur le site, la compagnie doit innover en permanence pour résister aux fabricants asiatiques très actifs sur le marché. Sur le site, il nous a été présenté une machine unique pour sa vitesse d’exécution, une machine capable de produire 48 000 étiquettes à l’heure et qui n’est pas (encore) disponible en Chine. Autre innovation unique, une carte de paiement en métal pour les marchés « Platinium », un véritable tour de force quand on connait la difficulté de faire fonctionner les technologies sans contact sur des supports métalliques (ou liquides). L’entreprise a accompagné les ruptures technologiques de l’industrie, par exemple dans l’accès, avec le passage des tickets magnétiques (toujours fabriquées mais en baisse) aux solutions sans contact de type NFC.

Waffer (c) Paragon Id

Wafer (c) Paragon Id

Après la phase de conception de l’étiquette, l’usine reçoit les puces sous la forme d’un wafer (une gaufre – voir image à droite) d’un des deux grands constructeurs de puces RFID et le reste est géré par l’usine : la pose de l’étiquette (ou son impression avec de l’encre métallique plus durable (dans le sens économie durable)) sur l’inlay – le support physique), et l’ajout de la puce sur l’étiquette, le tout à des vitesses étonnantes. Par delà la fabrication des étiquettes, Paragon ID possède un autre avantagé clé : son intégration. L’entreprise est capable de livrer tous les composants d’une solution, non seulement la fabrication des étiquettes (sous de nombreux formats), leur programmation mais aussi les développement ITs (y compris blockchain) et les plateformes de gestion des étiquettes. Autre avantage de poids : la présence en France de cette usine ultra performante permet donc la livraison beaucoup plus rapide sur le marché européen que ne peuvent le faire les fournisseurs asiatiques.

Parmi tous les marchés évoqués précédemment, l’entreprise est présente dans le transport (les tickets et cartes sans contact produits par Paragon ID sont partout dans le monde, plus de 120 villes dont Paris, Nice, Toulouse, Londres et les réseaux de transport anglais, dans le retail et en particulier dans la lutte contre la contrefaçon (le Track and Trace), le contrôle d’accès dans les événements sportifs ou les spectacles, le marketing permis par le NFC (vin et spiritueux par exemple), dans le source tagging / l’étiquetage à la source (et donc l’impression des étiquettes RFID sur les lieux de productions). Plus généralement, l’étiquetage à la source permet une traçabilité de toute la chaine, de la production à la vente, et est utilisée avec succès par de grandes entreprises comme Decathlon, Marks et Spencer ou Adidas. Un dernier marché prometteur – l’utilisation des étiquettes RFID/NFC pour le bagage des passagers dans l’aviation civile, la IATA poussant vers une meilleurs traçabilité à travers la résolution 753.

Usine RFID (c) Paragon ID

Usine RFID (c) Paragon ID

La prochaine fois que vous utiliserez votre carte Navigo à Paris ou à Oyster à Londres, après avoir présenté votre passeport ou que vous jouiez simplement à Dropmix de Hasbro, un jeu de mixage de musiques à base de cartes sans contact, peut-être aurez-vous une pensée pour les femmes et les hommes de Paragon ID à Argent-sur-Sauldre qui sont derrière la magie de nombreux services sans contact et qui vous auront permis toutes ces actions.

A suivre

Pierre Métivier
@pierremetivier

Notes – pour des raisons de confidentialité, nous n’avons pas été autorisé à photographier à l’intérieur de l’usine. Les photos ont donc été fournies par l’entreprise.

Pour aller plus loin

 

Forum CB 2018, la carte bancaire dans tous ses états !

Forum CB 2018

Forum CB 2018

Le 3 octobre 2018 s’est tenu le Forum CB, un conférence annuelle organisée par le Groupement Cartes Bancaires à la Maison de la Chimie. Et les sujets n’ont pas manqué (parcours client, données, RGPD, confiance, …) Des intervenants de provenances variés y compris en dehors du cercle bancaire ont permis des débats animés et moins techniques qu’il n’y parait pour une conférence autour des systèmes de paiement. Morceaux choisis des interventions et débats plus ou moins édités et commentés, forcémment incomplets.

Pascal Célérier CB

Pascal Célérier CB

Pascal Célérier, le président du Conseil de Direction, Groupement CB a présenté quelques données de marché – 2 milliards de paiements sans contact NFC annuel en France en route vers les 3 milliards, une des rares fois de la journée où le paiement carte sans contact sera abordé, preuve de son acceptation par le grand public. 10 millions de paiement sans contact mobile ont également été annoncés ce qui est la fois beaucoup et très peu par rapport à la masse des paiements cartes. (Ceci dit, rappelons nous les débuts poussifs de la carte de paiement sans contact et tournons nous vers la Chine pour prendre du recul par rapport à cette information – NDLR). Enfin, le système cartes bancaires en France a le taux de fraude le plus bas au monde à 0,034%. Pascal Célérier ne croit pas au grand soir du paiement. L’instant paiement, les paiement alternatifs, le paiement par mobile ont leur rôle mais le socle reste la carte.

Eric Salobir

Eric Salobir

Et donc un premier intervenant médiatique « différent » au Forum CB, le Frère Eric Salobir, Président OPTIC, dont l’intervention se nomme « Digitalisation de l’économie, enjeux et place de l’humain dans ce monde de plus en plus technologique ». M. Salobir nous parle de confiance, ou plutôt, du manque de confiance dans les technologies. Il cite Descartes (Tabla rasa) pour parler de la rupture apportée par les nouvelles plateformes type Uber. Il faut que les mots aient la même valeur pour tout le monde, l’interopérabilité a été permise jusqu’à présent par les institutions. La blockchain casse ce modèle de confiance pour la remplacer par une confiance dans les algorithmes. (« Code is law », pour cité Lawrence Lessig NDLR). Non sans humour, il nous dit « La religion est un « business » basée sur la confiance. » Mais il existe un décalage entre la « parole » (double sens ? NDLR) et les faits. Il faut repolitiser la technologie, un sujet trop sérieux pour la confier aux technologistes, paraphrasant Clémenceau. Foi et confiance ont la même racine latine rappelle Martial You, RTL, l’animateur de la journée, avant de présenter la première table ronde.

Forum CB TR1

Forum CB TR1

Cette première table ronde porte sur la confiance et les sources de données. « A l’ère de la donnée, dont on dit que c’est le nouveau carburant de l’économie, les relations de confiance qui unissent acteurs économiques et citoyens sont en train de changer de nature. Il n’est pas d’économie sans confiance et il n’est plus d’innovation sans données. Le rôle des tiers de confiance est dès lors central et banques comme commerçants sont en première ligne. » avec Denis Jacquet, Président, «Parrainer la croissance», Stéphane Hugon, Sociologue et Claire Levallois-Barth, Maître de conférence, Telecom ParisTech.

Nous apportons notre confiance de façon légère nous dit Denis Jacquet. Qui connait personnellement Jeff Bezos ? Comment expliquer la méfiance autour de Linky, le compteur « connecté » d’EDF et la confiance (traduit par les achats) autour des assistants vocaux /enceintes connectés type Google Home ou Amazon Echo, ose Martial You avec raison. Toujours pour Denis Jacquet, le plan IA en France est « pathétique ». Confiance, données, RGPD, on doit parler d’autres choses, de l’avenir, de notre avenir. Claire Levallois-Barth, Telecom ParisTech présente l’étude « Signes de confiance – l’impact des labels sur la gestion des données personnelles ». Il y a un monde au delà de la seconde qui suit. Message à faire passer à nos ados pour Denis Jacquet. Rétablir la confiance dans l’avenir, un projet pour le Groupement CB. Pour Stéphane Hugon, l’individu est une « invention » occidentale, le concept n’existe pas en Asie. ça explique la différence de perception de la confiance entre l’Europe et l’Asie. La valeur est dans le vide. La richesse est dans les interactions. Importance de l’empuissancement (empowerment et merci à nos amis québecois) des consommateurs.

Forum CB TR2

Forum CB TR2

« Les systèmes de paiement : vers plus d’indépendance et de souveraineté ? » est le thème de la deuxième table ronde. La question posée : « Alors que les tendances économiques poussent vers toujours plus de globalisation, nombre de choix politiques récents s’orientent vers plus d’indépendance et de souveraineté des territoires. Comment se conjuguent ces apparentes contradictions pour les systèmes de paiement nationaux en Europe et dans le monde ? » avec Matthias Hönisch, GiroCard (Allemagne),  Thierry Huque, Bancontact-Payconiq (Belgique), Juan-Carlos Martin, STMP(Espagne), Cédric Sarazin, Groupement CB (France), Zhihong Wei, UnionPay (Chine)

Pour Thierry Huque, Bancontact-Payconiq, la technologie « système de paiement » est chère. Soit vous investissez dans des technos propriétaires, soit vous utilisez les technos des autres, soit vous collaborez et c’est notre choix. Cédric Sarazin rappelle que le Groupement CB a toujours coopéré avec les autres schemes comme Visa et Mastercard et désormais UnionPay. UnionPay est devenu plus important que ces derniers, d’où l’accord signé le 19 juillet 2018. Il ne faut pas oublier les autres schemes européens et leur interconnexion à travers le Projet ECBI (pas sûr de l’acronyme — NDLR) Est-ce que le paiement mobile signifie la fin de la carte physique ? On en est loin pour Thierry Hughe. Les paiements mobiles n’ont pas encore dépassé la carte en Chine (21% des paiements) pour Zhihong Wei, UnionPay. Le marché du paiement mobile chinois est divisé entre deux technologies : NFC et QRCode. Pour Cédric Sarazin, l’intérêt des consommateurs sur la protection des données oblige à changer fondamentalement les systèmes de paiement, tout comme les paiements instantanés.

Forum CB TR3

Forum CB TR3

Troisième table et dernière table ronde Respect de la vie privée, sécurité et fluidité des parcours clients : une équation impossible ou une opportunité ? avec Karine Boubel, Directeur Juridique, Groupement Cartes Bancaires, Jean-Michel Chanavas, Délégué Général, MERCATEL, Bilal El Kouche, Directeur Groupe Paiement, VentesPrivée.com, Loÿs Moulin, Directeur du Développement, Groupement Cartes Bancaires. La question posée par la table ronde : «  A l’heure du RGPD et du RTS, peut-on répondre à la triple d’exigence de renfort des dispositifs de sécurisation, de demandes de parcours clients toujours plus fluides et de respect de la vie privée des consommateurs ? Que propose CB ?  » 

La RGPD permet de recréer de la confiance dans les marques. La RTS, une norme technique d’un article de la DSP2 pour sécuriser les transactions en ligne – authentification forte pour Karine Boubel, Directeur Juridique, Groupement Cartes Bancaires.

Pour les représentants du commerce sur la table ronde, la RTS et l’authentification forte ne sont peut-être pas les meilleures solutions.  » Pour vous vendre un rosbif, le boucher n’a pas besoin de vos informations personnelles  » nous rappelle Jean-Michel Chanavas, Délégué Général, MERCATEL. Il y a une différence entre « je te donne des infos, je reçois des promos » et une relation de confiance entre un commerçant et son client qui passe par la relation humaine.
Prendre les régulations comme des opportunités. Les RTS sont liés à la fraude, nécessaire dans le e-commerce à cause des fraudes beaucoup plus importantes en ligne qu’en paiement carte en magasin physique. La fraude en ligne, c’est un vrai problème mais une mauvaise solution. Laissons l’écosystème gérer le problème.

 » On n’a jamais acheté de data, on n’a jamais vendu de data « . La confiance des clients est clé pour notre business nous dit Bilal El Kouche, Directeur Groupe Paiement, VentePrivée.com
La fraude en ligne est un vrai sujet, l’authentification forte (type 3D-Secure non cité) est une vraie friction / frein pour les ventes. La reconnaissance faciale (par selfie) est mieux acceptée par les jeunes générations. (Non dit, la sécurité est une question de coût par les entreprises. Si le coût de la sécurité est plus important que la perte de CA liée à la fraude correspondante, certaines entreprises acceptent la fraude. #NDLR)

Pour Loÿs Moulin, Directeur du Développement, Groupement CB, dans le RTS, il y a 2 dimensions : l’authentification forte et la sécurisation des échanges. Payer sans passer à la caisse, ça me fait penser à Raymond Devos. (Pas sûr qu’Amazon se soit inspiré de Devos pour créer ses magasins sans caisse – NDLR) Il est nécessaire que les systèmes d’authentification soient acceptés par les consommateurs, Biométrie – 50% prêt et donc 50% pas prêt, c’est encore moins bon pour les selfie ou la reconnaissance des veines.

Le LabByCb a profité de l’événement pour présenter une carte CB sans contact ET à authentification biométrique pour encore plus de sécurité. Une expérimentation en conditions réelles sera lancé début 2019. La démonstration sur le stand du LabByCB était fonctionnelle.

De même que les produits et services présentés par les startups suivis et encouragés par le LabByCb.

Philippe Laulanie CB

Philippe Laulanie CB

L’écosystème du groupe va bien, nous dit Philippe Laulanie, directeur général de Groupement CB, en conclusion, que ce soit en magasin ou en ligne (90% du paiement en ligne est en carte). La place du consommateur est à son centre. Audace, sérénité, constance et ouverture sont les valeurs gouvernant l’action du Groupement CB. Avant de développer les aspects technologiques, il faut réunir les hommes et créer une stratégie. Développer la confiance des français et des européens sur le premier scheme européen. Et ouvrir, interconnecter les schemes dans la sécurité en gardant l’indispensable confiance. CB, un atout français et européen, moteur de croissance et d’innovation au service de la confiance.

Enfin, en terme de confiance, nous devrions prendre exemple sur les abeilles et la ruche. (Ceci dit, même si la notion de solidarité semble présente chez les abeilles, la notion de confiance existe-t-elle ? Ou alors peut-être, dans une version plus asiatique qu’européenne. Dans tous les cas, les abeilles, c’est bien aussi pour faire le buzzzzzz – NDLR). 

A suivre !

Pierre Métivier

@PierreMetivier

Pour aller plus loin