Surtout, ne nous prenez pas pour une GAFA ! Un compte rendu de la conférence IBM Think Paris 2018

2018 ThinkParisLes conférences sur l’innovation, les startups, l’IA, la blockchain sont pléthores en cette fin d’année. Organisés par des associations, des entreprises spécialisées ou de grandes entreprises industrielles, elles sont à la fois une vision d’un certain futur de l’entreprise, une occasion de mettre en avant ses clients et partenaires tout en autant qu’une vitirine commerciale. Juste pour la semaine du 8 octobre 2018 et sur Paris, pas moins de 3 événements majeurs étaient organisées – BIG – BPI France Inno Generation à Bercy, les Electric Days d’EDF à la Grande Halle de la Villette et Think d’IBM France au Carrousel du Louvre.

Sous-titré  » When technology meets humanity « , l ‘évenement IBM est l’occasion pour l’entreprise de faire passer un certain nombre de messages, à la fois autour de son positionnement concurrentiel que sur les grands domaines dont l’entreprise est spécialisée comme l’IA, le cloud, la blockchain, l’ordinateur quantique ou la sécurité.

2018 ThinkParisPremier message clair de Nicolas Sekkaki, le Président d’IBM France, nous ne sommes pas une GAFA (même si nous venons d’Outre-Atlantique), ne nous confondez pas avec ces entreprises intéressées par vos données par tous les moyens. 80% des données ne sont pas accessibles aux moteurs de recherche, ce sont les données des entreprises. Nous vous aidons à les exploiter sans les exploiter nous-même. C’est l’heure de la revanche des disruptés, autrement dit, nous pouvons vous aider dans votre match avec les plateformes, le tout illustré par de nombreux témoignages de clients et partenaires.

A commencer par Orange qui pour Orange Bank utilise l’IA Watson pour alimenter et gérer Jingo son chatbot au service de l’expérience client. Près d’un million de conversations se sont échangées avec Jingo. Ce sont près de 50% des conversations avec le service client qui sont désormais animées par Jingo aujourd’hui.

Apr2018 ThinkParisès une démo d’une machine à café « Arduino » connectée dont la maintenance est améliorée par l’IA ce qui facilite le travail du technicien de maintenance, les invités ont écouté comment Aston Martin Red Bull Racing utilise les technologies IT d’IBM afin améliorer les performances de ses voitures de course ou la comment la Sacem les utilisent pour sa plateforme de gestion des droits – URights.

Même tonalité autour du cloud avec les témoignages d’EuroMaster ou de Gares & Connexions, la filiale de la SNCF qui gère les gares et qui nous a expliqué la complexité de la gestion des informations / écrans dans les gares, gérées d’abord dans un cloud IBM privé puis public. On apprend également qu’IBM est partenaire de Docker dans l’open source avec IBM BlueMix et une vidéo nous donne une vision industrielle des usines L’Oreal, gérées à l’aide d’objets connectés et de l’intelligence artificielle.

Think about ransomware

Think about ransomware

Le bon déroulement des différentes interventions est interrompu lorsque les écrans retransmettant la conférence semblent avoir être hijackés par un ransomware acceptant naturellement les bitcoins. Un intervenant, sur scène avec une cagoule, tout droit sortie de la série Mr Robot, nous fait comprendre qu’une attaque sur la régie est en cours. Heureusement, IBM Watson est là pour sauver la régie et l’événement, c’était moins une ! L’occasion bien entendu de présenter les solutions IBM dans la cyber-sécurité.

Un petit passage par la recherche avec IBM 5 in 5 et Haig Peter, de l’IBM Research THINKLab Zurich qui présente les 5 innovations des 5 prochaines années. On y a parle crypto-ancre et blockchain, la cryptographie « lattice » (qui résistera à l’ordinateur quantique contrairement à la cryptologie « traditionnelle », victime elle de l’ordinateur quantique), de petits robots contrôlés par Ai pour sauver nos océans, d’une IA éthiquement neutre, et de l’ordinateur quantique, à l’état de recherche actuellement et qui sera, d’après Haig Peter, opérationnel à grande échelle dans les 5 ans. Ceci dit, ce même chercheur rappelle que cela fait 40 ans qu’IBM travaille sur les ordinateurs quantiques. Une longue période de gestation.

IBM 5in5

IBM 5in5

On évoque la blockchain et WeTrade, la plateforme commune de grandes banques européenne basée sur la technologie blockchain d’IBM  On parle de nouvelles cultures d’entreprises avec la BPCE et la Société Générale. Puis après les banques, le commerce avec Carrefour qui vient de rejoindre la blockchain alimentaire d’ IBM pour permettre d’assurer une traçabilité dans la filière alimentaire. (Source Les Echos) Retour sur  Watson avec l’acronyme KY(B)C, Know Your (Business) Customer où l’on apprend beaucoup sur son client grâce à l’analyse d’un rapport d’activités par IBM Watson.

2018 ThinkParisUne dernière table ronde – L’entreprise apprenante contre-attaque. La transition digitale est un tout, la technologie un élément parmi d’autres rappelle Pierre de Barochez, le DDSI de la Macif. Bruno Després, Directeur RH, IBM France nous parle big data, IA, design thinking pour améliorer le bien-être et les compétences des collaborateurs. Bernard Belletante, Directeur Général, de l’EM Lyon Business School nous dit qu’en terme d’éducation, nous sommes passés d’une logique de stock (cours figés, livre, écoles présentiel) à une logique de flux (écran, MOOC, cours en ligne accessibles partout et tout le temps). «  Nous créons un GPS vers une destination inconnue « , une belle expression pour conclure cette matinée.

2018 ThinkParisL’après midi a été consacrée à quatre « Campus interactifs » parallèle explorant et approfondissant les thèmes abordés le matin : Business & AI, Cloud & Data, Modern Infrastructure et Security & Resiliency, avec en partie les mêmes exemples développés (Carrefour, L’Oreal, Société Générale, Aston Martin) et quelques nouveaux comme le Smart Hotel avec le groupe Accor.

Une journée informative et de qualité permettant de visualiser les liens entre l’entreprise et les nouvelles technologies tels l’IA, la blockchain, le cloud, la sécurité à travers des exemples concrets. Un grand merci aux intervenants et à l’organisation. On peut peut-être juste regretter un événement trop bien huilé, tedixisé, avec un léger manque de spontanéité dans les interventions.  A se demander si dans certains cas, une AI, IBM bien sûr, n’avait pas pris la place d’un intervenant. Dans 5 ans peut-être ?

A suivre … à l’occasion de Think Paris 2019.

Pierre Métivier
@PierreMetivier

Les deux phrases du jour

  • « Un exploitant, c’est chiffon burette ! » Arnaud Patat, AccorINVEST
  • « Nous sommes un joyeux bordel » Bernard Belletante, DG, E M Lyon Business School, en parlant de son ETI, l’EMLyon, 500 collaborateurs, CA 110 mio €.

La chanson du jour – Think d’Aretha Franklin

Pour aller plus loin

  • Blockchain : sept banques européennes et IBM s’unissent pour le commerce international des PME Les Echos
  • Carrefour France qui vient de rejoindre la « #blockchain alimentaire » d’ IBM France pour permettre d’assurer une traçabilité dans la filière alimentaire. Les Echos
  •  » IBM Food Trust: trust and transparency in our food » sur le site IBM
  • IBM Q – The future is quantum
  • L’étude de cas L’Oréal sur le site IBM France
  • Le fil Twitter #ThinkParis2018
  • Photos de Think Paris 2018 sur Flickr
2018 Think Paris

2018 Think Paris

Forum CB 2018, la carte bancaire dans tous ses états !

Forum CB 2018

Forum CB 2018

Le 3 octobre 2018 s’est tenu le Forum CB, un conférence annuelle organisée par le Groupement Cartes Bancaires à la Maison de la Chimie. Et les sujets n’ont pas manqué (parcours client, données, RGPD, confiance, …) Des intervenants de provenances variés y compris en dehors du cercle bancaire ont permis des débats animés et moins techniques qu’il n’y parait pour une conférence autour des systèmes de paiement. Morceaux choisis des interventions et débats plus ou moins édités et commentés, forcémment incomplets.

Pascal Célérier CB

Pascal Célérier CB

Pascal Célérier, le président du Conseil de Direction, Groupement CB a présenté quelques données de marché – 2 milliards de paiements sans contact NFC annuel en France en route vers les 3 milliards, une des rares fois de la journée où le paiement carte sans contact sera abordé, preuve de son acceptation par le grand public. 10 millions de paiement sans contact mobile ont également été annoncés ce qui est la fois beaucoup et très peu par rapport à la masse des paiements cartes. (Ceci dit, rappelons nous les débuts poussifs de la carte de paiement sans contact et tournons nous vers la Chine pour prendre du recul par rapport à cette information – NDLR). Enfin, le système cartes bancaires en France a le taux de fraude le plus bas au monde à 0,034%. Pascal Célérier ne croit pas au grand soir du paiement. L’instant paiement, les paiement alternatifs, le paiement par mobile ont leur rôle mais le socle reste la carte.

Eric Salobir

Eric Salobir

Et donc un premier intervenant médiatique « différent » au Forum CB, le Frère Eric Salobir, Président OPTIC, dont l’intervention se nomme « Digitalisation de l’économie, enjeux et place de l’humain dans ce monde de plus en plus technologique ». M. Salobir nous parle de confiance, ou plutôt, du manque de confiance dans les technologies. Il cite Descartes (Tabla rasa) pour parler de la rupture apportée par les nouvelles plateformes type Uber. Il faut que les mots aient la même valeur pour tout le monde, l’interopérabilité a été permise jusqu’à présent par les institutions. La blockchain casse ce modèle de confiance pour la remplacer par une confiance dans les algorithmes. (« Code is law », pour cité Lawrence Lessig NDLR). Non sans humour, il nous dit « La religion est un « business » basée sur la confiance. » Mais il existe un décalage entre la « parole » (double sens ? NDLR) et les faits. Il faut repolitiser la technologie, un sujet trop sérieux pour la confier aux technologistes, paraphrasant Clémenceau. Foi et confiance ont la même racine latine rappelle Martial You, RTL, l’animateur de la journée, avant de présenter la première table ronde.

Forum CB TR1

Forum CB TR1

Cette première table ronde porte sur la confiance et les sources de données. « A l’ère de la donnée, dont on dit que c’est le nouveau carburant de l’économie, les relations de confiance qui unissent acteurs économiques et citoyens sont en train de changer de nature. Il n’est pas d’économie sans confiance et il n’est plus d’innovation sans données. Le rôle des tiers de confiance est dès lors central et banques comme commerçants sont en première ligne. » avec Denis Jacquet, Président, «Parrainer la croissance», Stéphane Hugon, Sociologue et Claire Levallois-Barth, Maître de conférence, Telecom ParisTech.

Nous apportons notre confiance de façon légère nous dit Denis Jacquet. Qui connait personnellement Jeff Bezos ? Comment expliquer la méfiance autour de Linky, le compteur « connecté » d’EDF et la confiance (traduit par les achats) autour des assistants vocaux /enceintes connectés type Google Home ou Amazon Echo, ose Martial You avec raison. Toujours pour Denis Jacquet, le plan IA en France est « pathétique ». Confiance, données, RGPD, on doit parler d’autres choses, de l’avenir, de notre avenir. Claire Levallois-Barth, Telecom ParisTech présente l’étude « Signes de confiance – l’impact des labels sur la gestion des données personnelles ». Il y a un monde au delà de la seconde qui suit. Message à faire passer à nos ados pour Denis Jacquet. Rétablir la confiance dans l’avenir, un projet pour le Groupement CB. Pour Stéphane Hugon, l’individu est une « invention » occidentale, le concept n’existe pas en Asie. ça explique la différence de perception de la confiance entre l’Europe et l’Asie. La valeur est dans le vide. La richesse est dans les interactions. Importance de l’empuissancement (empowerment et merci à nos amis québecois) des consommateurs.

Forum CB TR2

Forum CB TR2

« Les systèmes de paiement : vers plus d’indépendance et de souveraineté ? » est le thème de la deuxième table ronde. La question posée : « Alors que les tendances économiques poussent vers toujours plus de globalisation, nombre de choix politiques récents s’orientent vers plus d’indépendance et de souveraineté des territoires. Comment se conjuguent ces apparentes contradictions pour les systèmes de paiement nationaux en Europe et dans le monde ? » avec Matthias Hönisch, GiroCard (Allemagne),  Thierry Huque, Bancontact-Payconiq (Belgique), Juan-Carlos Martin, STMP(Espagne), Cédric Sarazin, Groupement CB (France), Zhihong Wei, UnionPay (Chine)

Pour Thierry Huque, Bancontact-Payconiq, la technologie « système de paiement » est chère. Soit vous investissez dans des technos propriétaires, soit vous utilisez les technos des autres, soit vous collaborez et c’est notre choix. Cédric Sarazin rappelle que le Groupement CB a toujours coopéré avec les autres schemes comme Visa et Mastercard et désormais UnionPay. UnionPay est devenu plus important que ces derniers, d’où l’accord signé le 19 juillet 2018. Il ne faut pas oublier les autres schemes européens et leur interconnexion à travers le Projet ECBI (pas sûr de l’acronyme — NDLR) Est-ce que le paiement mobile signifie la fin de la carte physique ? On en est loin pour Thierry Hughe. Les paiements mobiles n’ont pas encore dépassé la carte en Chine (21% des paiements) pour Zhihong Wei, UnionPay. Le marché du paiement mobile chinois est divisé entre deux technologies : NFC et QRCode. Pour Cédric Sarazin, l’intérêt des consommateurs sur la protection des données oblige à changer fondamentalement les systèmes de paiement, tout comme les paiements instantanés.

Forum CB TR3

Forum CB TR3

Troisième table et dernière table ronde Respect de la vie privée, sécurité et fluidité des parcours clients : une équation impossible ou une opportunité ? avec Karine Boubel, Directeur Juridique, Groupement Cartes Bancaires, Jean-Michel Chanavas, Délégué Général, MERCATEL, Bilal El Kouche, Directeur Groupe Paiement, VentesPrivée.com, Loÿs Moulin, Directeur du Développement, Groupement Cartes Bancaires. La question posée par la table ronde : «  A l’heure du RGPD et du RTS, peut-on répondre à la triple d’exigence de renfort des dispositifs de sécurisation, de demandes de parcours clients toujours plus fluides et de respect de la vie privée des consommateurs ? Que propose CB ?  » 

La RGPD permet de recréer de la confiance dans les marques. La RTS, une norme technique d’un article de la DSP2 pour sécuriser les transactions en ligne – authentification forte pour Karine Boubel, Directeur Juridique, Groupement Cartes Bancaires.

Pour les représentants du commerce sur la table ronde, la RTS et l’authentification forte ne sont peut-être pas les meilleures solutions.  » Pour vous vendre un rosbif, le boucher n’a pas besoin de vos informations personnelles  » nous rappelle Jean-Michel Chanavas, Délégué Général, MERCATEL. Il y a une différence entre « je te donne des infos, je reçois des promos » et une relation de confiance entre un commerçant et son client qui passe par la relation humaine.
Prendre les régulations comme des opportunités. Les RTS sont liés à la fraude, nécessaire dans le e-commerce à cause des fraudes beaucoup plus importantes en ligne qu’en paiement carte en magasin physique. La fraude en ligne, c’est un vrai problème mais une mauvaise solution. Laissons l’écosystème gérer le problème.

 » On n’a jamais acheté de data, on n’a jamais vendu de data « . La confiance des clients est clé pour notre business nous dit Bilal El Kouche, Directeur Groupe Paiement, VentePrivée.com
La fraude en ligne est un vrai sujet, l’authentification forte (type 3D-Secure non cité) est une vraie friction / frein pour les ventes. La reconnaissance faciale (par selfie) est mieux acceptée par les jeunes générations. (Non dit, la sécurité est une question de coût par les entreprises. Si le coût de la sécurité est plus important que la perte de CA liée à la fraude correspondante, certaines entreprises acceptent la fraude. #NDLR)

Pour Loÿs Moulin, Directeur du Développement, Groupement CB, dans le RTS, il y a 2 dimensions : l’authentification forte et la sécurisation des échanges. Payer sans passer à la caisse, ça me fait penser à Raymond Devos. (Pas sûr qu’Amazon se soit inspiré de Devos pour créer ses magasins sans caisse – NDLR) Il est nécessaire que les systèmes d’authentification soient acceptés par les consommateurs, Biométrie – 50% prêt et donc 50% pas prêt, c’est encore moins bon pour les selfie ou la reconnaissance des veines.

Le LabByCb a profité de l’événement pour présenter une carte CB sans contact ET à authentification biométrique pour encore plus de sécurité. Une expérimentation en conditions réelles sera lancé début 2019. La démonstration sur le stand du LabByCB était fonctionnelle.

De même que les produits et services présentés par les startups suivis et encouragés par le LabByCb.

Philippe Laulanie CB

Philippe Laulanie CB

L’écosystème du groupe va bien, nous dit Philippe Laulanie, directeur général de Groupement CB, en conclusion, que ce soit en magasin ou en ligne (90% du paiement en ligne est en carte). La place du consommateur est à son centre. Audace, sérénité, constance et ouverture sont les valeurs gouvernant l’action du Groupement CB. Avant de développer les aspects technologiques, il faut réunir les hommes et créer une stratégie. Développer la confiance des français et des européens sur le premier scheme européen. Et ouvrir, interconnecter les schemes dans la sécurité en gardant l’indispensable confiance. CB, un atout français et européen, moteur de croissance et d’innovation au service de la confiance.

Enfin, en terme de confiance, nous devrions prendre exemple sur les abeilles et la ruche. (Ceci dit, même si la notion de solidarité semble présente chez les abeilles, la notion de confiance existe-t-elle ? Ou alors peut-être, dans une version plus asiatique qu’européenne. Dans tous les cas, les abeilles, c’est bien aussi pour faire le buzzzzzz – NDLR). 

A suivre !

Pierre Métivier

@PierreMetivier

Pour aller plus loin

Les nouvelles stratégies d’innovation 2018-2020, Vision prospective 2030, un livre indispensable de Marc Giget.

Nouvelles stratégies d'innovation - 2018-2020 Vision prospective 2030 Marc Giget

Nouvelles stratégies d’innovation – 2018-2020 Vision prospective 2030 Marc Giget

Il ne m’est pas facile d’écrire un billet réellement objectif sur le livre de Marc Giget, car je suis son enseignement depuis près de 10 ans et j’ai la chance de le connaitre et de collaborer régulièrement avec lui. (1) Malgré cette proximité, je ne souhaitais pas non plus passer à côté de l’occasion de présenter ce texte majeur (et son auteur) auprès des lecteurs de ce blog.

A la fois entrepreneur, économiste, innovateur, professeur, humaniste, académicien, penseur, Marc Giget est un personnage vivant à la fois dans le passé, dans le présent et dans le futur. Grâce à sa grande culture historique et son immense érudition qu’il ne cesse de compléter, il nourrit ses cours et ses travaux, les remet sans cesse à jour, et il développe une vision prospective globale basée sur des faits, historiques et économiques, des études, des cycles, sur des megatrends (croissance / redistribution de la population, urbanisation croissante, globalisation équilibrée, raréfaction des ressources, réchauffement climatique, évolutions technologiques) et les grandes transitions (humaniste, écologique, énergétique, économique et numérique) en cours. Tous ces points sont rassemblés et articulés logiquement dans le livre, point de départ vers les enjeux-clés et les stratégies d’innovation à adopter.

Marc Giget

Marc Giget

Marc n’est pas aussi connu qu’il le devrait. Il n’a pas de compte LinkedIn, Twitter ou Wikipedia. Docteur en Economie Internationale, il a créé une entreprise de « due diligence » toujours leader mondial dans le domaine de l’espace. Membre de l’Académie des Technologies, il préside le Club de Paris des Directeurs de l’Innovation, un think tank (et organisme de formation) qui réunit les directeurs de l’innovation de grands groupes français et internationaux. Et pourtant, il n’apparait guère à la télé ou dans la presse. Il n’est pas médiatisé et ne cherche pas à l’être. Une rapide recherche sur Google n’en permet pas d’en savoir beaucoup plus, quelques interviews récentes liés à la sortie du livre donnent depuis quelques semaines un peu plus d’infos.

Par contre, pour toutes les personnes qui suivent les Mardis de l’Innovation, des cours gratuits autour de l’innovation que donnent Marc depuis près de 20 ans, aux Arts et Métiers, à la Sorbonne et d’autres lieux dédiés à l’éducation (2), ou pour les membres du Club de Paris des Directeurs de l’Innovation, Marc est la référence pour l’innovation, une innovation réelle et concrète. Ne lui parlez par de méthodes Agile ou de Lean management, la méthodologie n’est pas le sujet. Et ne vous attendez pas écrire sur des post-its pendant les séminaires ou les formations qu’il anime. Par contre, il vous parlera d’attentes de la société, de souhaits, de désirs, de rêves, d’idéaux des femmes et des hommes, les véritables moteurs de l’innovation. Il vous racontera l’apport des philosophes à l’innovation, ou l’explosion de l’innovation à la Renaissance et à la Belle Epoque.  A contre-courant de ceux qui ne parlent que de la  » startup nation », il vous montrera, chiffres à l’appui, comment les grands groupes ou les associations innovent beaucoup plus que les startups. Il vous parlera avec passion des Compagnons du Devoir, vous rappellera que « Personne ne tombe amoureux d’un protocole Wap» et que l’innovation ne vaut que si elle est au service du plus grand nombre, citant Aristote.

En quatrième de couverture se trouve le résumé suivant de l’étude :  «  Une étude internationale approfondie sur la façon dont les grands enjeux socio-économiques actuels entraînent un renouveau des stratégies de l’ensemble des acteurs économiques, des grands groupes au monde associatif. Ceux-ci abordent une nouvelle phase de croissance fondée sur une innovation globale, totale et collaborative, réorientée vers le développement humain et le développement durable : une transition vers l’émergence d’une société de progrès partagé. »

Nous ne résumerons pas plus avant le livre d’autant plus Marc l’a déjà fait pour nous (voir plus bas).

Cette étude, c’est donc ce paragraphe et bien plus que cela, c’est un condensé de 20 ans de recherche, d’études, de cours, de vie d’entrepreneur et de professeur, regroupés très logiquement, comme les pièces d’un puzzle enfin réunis. De façon graphique cela donne :

Structure schématique de l'étude (c) IESCI Paris

Structure schématique de l’étude (c) IESCI Paris

Au delà des données, des faits, des chiffres, l’étude est précise, logique, articulée, détaillée. Elle intéresse toute personne impliquée d’une façon ou d’une autre, non seulement dans l’innovation de son entreprise mais aussi et surtout dans son développement et sa stratégie. Pour Marc, la direction de l’innovation d’une entreprise n’est pas là pour uniquement développer des POCs, ou organiser des startups weekend ou des hackatons mais pour trouver les relais de croissance, les produits et services qui permettront aux entreprises de se développer dans les années à venir. Et le livre présente de nombreux cas de grandes entreprises que l’on disait en déclin face aux géants du numérique et qui connaissent un renouveau exceptionnel (comme le Groupe Accor, les taxis G7, La Redoute ou Fnac/Darty) grâce à des stratégies d’innovation « innovantes ».

Et comme Marc a comme premier but la diffusion de cette culture d’une innovation humaniste, par delà le livre, vous pouvez retrouver gratuitement non seulement un résumé d’une vingtaine de pages de l’étude en PDF, mais aussi 6 vidéos (pour un total de près de 4 heures) sur lesquels Marc nous accompagne sur les grands thèmes de son livre.

Des vidéos que vous ne regretterez pas de visionner. L’achat du livre est néanmoins fortement recommandé, pour disposer de tous les chiffres et les études qui sont à la base de ce brillant document. Disponible dans toutes les bonnes librairies, en ligne sur le site de l’éditeur Les Editions du Net ou les sites de ecommerce.

A lire et à relire pour comprendre les évolutions de notre planète et adapter en conséquence les stratégies d’innovation à intégrer aujourd’hui et demain, par delà les buzzwords, la pensée unique ou la pensée magique.

A suivre … pour rester en tête !

Pierre Métivier
@pierremetivier

Notes

  1. Après après avoir suivi plusieurs années les cours de Marc dans le cadre des Mardis de l’Innovation au CNAM principalement, j’ai eu l’occasion également d’intervenir à ces mêmes Mardis sur des sujets liés à l’internet des objets, puis de collaborer avec Marc sur un certain nombre d’événements comme les Mardis de l’Innovation ou le prix « Innovation Team Best Practices » récemment attribué pour la 2ème année à des équipes d’innovation exceptionnelles. Marc m’a également fait l’honneur d’une longue postface dans mon livre « Le mobile NFC, télécommande de notre quotidien ». Mon enthousiasme pour l’étude est réel, indépendamment des relations professionnelles et cordiales avec Marc. NDLR
  2. Vous pouvez retrouver les séances des Mardis de l’Innovation sur la chaîne Vimeo des Mardis de l’Innovation, ainsi que de nombreux comptes-rendus de ces mêmes séance dans ce blog.