Le bitcoin, le grand absent des rapports sur la sobriété numérique.

2020 aura vu la montée du concept de sobriété numérique, en réponse aux inquiétudes anciennes mais de plus en plus présentes, de l’impact environnemental du numérique. Pas moins de quatre rapports très détaillés ont été publiés cette année en France – la feuille de route numérique et environnement du CNNum, « Déployer la sobriété numérique » du Shift Project, « Pour un numérique soutenable » de l’ARCEP et « Sobriété numérique : une démarche d’entreprise responsable  » du Cigref (avec The Shift Project). Le sujet a également fait partie des échanges de la récente Convention Citoyenne pour le Climat.

Quand on étudie ces rapports, de nombreuses pistes sont envisagées pour réduire l’impact du numérique sur l’environnement, que ce soit dans la fabrication des appareils (mobiles, ordinateurs, TV, serveurs) que dans notre utilisation du numérique à titre individuel (en particulier les vidéos en streaming type Netflix), professionnel et les infrastructures sous-jacentes – telecom, data centers, IA, serveurs, cloud, 5G, IoT, …

Un simple recherche de mots-clés dans les rapports pré-cités donne les occurences suivant.

Les usages bien sûr sont omniprésents. L’utilisation des services numériques entraine une consommation énergétique qu’il nous faut maitriser. Les termes 5G, IA, streaming, cloud, mobiles, serveurs, IOT figurent également à des degrés divers suivant les sources. Exemple : on ne regarde pas Netflix en entreprise et donc les mots video ou streaming n’apparaissent pas dans le rapport du Cigref. Le point commun de tous ces rapports est l’absence du mot – bitcoin (et la rareté du terme blockchain).  

Pas une seule occurrence des deux termes dans le rapport du Shift Project sur la sobriété numérique (1) et pas plus dans le rapport de l’Arcep – pour un numérique responsable (plus centré sur les télécoms il est vrai). Dans le rapport du CNNUM, il est précisé qu’il faudra  » Établir des critères de durabilité pour les technologies de registres distribués, aussi dites blockchain, et réfléchir à des stratégies de réduction d’impact par usage telles que la cryptomonnaie  » (page 45) mais sans un mot sur le bitcoin lui-même pourtant clairement visé de part sa taille. Dans le rapport du Cigref développé avec The Shift Project, il est simplement écrit  » Il n’existe pas de mesures d’impact environnemental concernant les nouvelles technologies (IA, blockchain, IoT…). » ce qui pourrait être discuté car il existe des rapports sur la consommation énergétique du bitcoin (et de l’IA) – voir en annexe. Ajoutons que sur le site de référence de la sobriété numérique GreenIT.fr, le dernier article au sujet de la consommation énergétique du bitcoin date d’août 2017.

Et pourtant, pour Pierre Boulet, CNRS, fév. 2020 (2) « le réseau Bitcoin a une consommation électrique en 2019 entre 30 et 80 TWh par an et a une empreinte carbone de 15 à 40 MtCO2-eq, comparables à celle de pays comme l’Autriche, la Belgique ou le Danemark. »  Il ajoute « Le problème est que cet impact environnemental ne sert qu’à assurer la sécurité du système, et à rien d’autre. La puissance de calcul nécessaire pour attaquer par la force brutale le Bitcoin nécessite au moins la moitié de la puissance de minage (ou 25 % pour certaines attaques particulières), ce qui est, par construction, prohibitif.« 

Pour la Judge Business School de l’University of Cambridge, et son Cambridge Bitcoin Electricity Consumption Index, le bitcoin consomme entre 35 et 156 TWh annuel, et tout cela sans aucun « usage » réel. Rappelons que pour le citoyen, les usages du bitcoin se limitent à un outil de spéculation financière et une crypto-monnaie principalement réclamée pour payer des ransomwares (3).

Cette absence est incompréhensible. Un simple oubli ? C’est peu probable connaissant le professionnalisme des commanditaires, des auteurs et des associations impliquées. Proposons une autre piste, plus idéologique, due à la nature même du bitcoin et de la famille crypto-monnaie et blockchain.

La famille bitcoin possède des particularités par rapport aux autres technologies numériques. Son origine, toujours inconnue à ce jour (4), lui confère un côté magique. Elle présente, pour ses défenseurs, une image de liberté et d’indépendance, loin des gouvernements, des banques ou des entreprises même si ces dernières s’y intéressent de près à commencer par Facebook. Elle est le symbole d’une confiance dans un numérique indépendant qui va permettre d’assurer des transactions, des contrats, des monnaies (entre 4000 et 7000, personne ne sait réellement d’après le site e-crypto-news(5)), plus globalement de nombreuses fonctions régaliennes sans tiers de confiance humain, sans la présence d’autorités type gouvernementales. On va pouvoir se passer des banquiers, des avocats ou des notaires. Le point de départ est le bitcoin, qui doit prouver son utilité et sa résilience. Pour l’écosystème de la blockchain et des crypto-monnaies, rappeler que le bitcoin, toujours la seule application à l’échelle mondiale de la blockchain, est un gouffre énergétique (ce qui est factuel du fait de la méthodologie utilisée pour la preuve de travail), revient à critiquer la blockchain, tous les avantages qu’elle est censée apporter à la planète  ainsi que toutes les autres crypto-monnaies (un autre débat). La consommation énergétique du bitcoin ne doit pas être un obstacle pour la réussite de cette vision plus globale.  En conséquence, ne pas aborder le sujet de la consommation énergétique du bitcoin dans une étude sur la sobriété numérique de la part de ces auteurs ressemble à un soutien plus ou moins direct à l’écosystème bitcoin, blockchain ou crypto-monnaies au détriment d’une vision globale des services numériques et des solutions à apporter dans le cadre de la sobriété numérique.

Dans les articles et études étudiant la sobriété numérique, les consommations énergétiques des opérateurs télécoms sur la 5G, de Netflix pour le streaming , de l’internet des objets, de l’intelligence artificielle, des fabricants de mobiles en terme de terres rares, des fermes de serveurs, du cloud, et de chacun d’entre nous, les consommateurs, de l’usage de ces mêmes mobiles et services numériques, sont tous étudiés et discutés, des solutions sont proposées et c’est bien. L’absence de l’écosystème bitcoin, blockchain ou crypto-monnaies, sans aucune explication, dans ces mêmes études semble être un parti-pris qui pourrait remettre partiellement en cause l’impartialité de leurs auteurs et leurs conclusions.

Le sujet de ce billet est bien principalement le bitcoin, sa consommation énergétique réelle et mesurée par rapport aux usages apportés aujourd’hui et son absence dans le cadre de nombreuses discussions sur la sobriété numérique et de ses rapports de référence. Il ne remet pas en cause la finalité ou les possibilités offertes par l’écosystème blockchain. Et même si la consommation énergétique s’effectue principalement dans d’autres pays (tout comme la fabrication des mobiles ou le minage physique des terres rares par ailleurs), c’est parce qu’il y a spéculation, achat et vente de bitcoins, en France et ailleurs, que les bitcoins sont minés et donc génèrent cette dépense énergétique qui doit être étudiée (6) comme  toutes les autres technologies numériques, à travers « des stratégies de réduction d’impact par usage «  comme le précise le texte du CNNum déjà cité.

My own two cents ou plutôt my own 0,00000087 bitcoin !

A suivre … en attendant, espérons-le, les retours des auteurs des différents rapports. Ce blog leur est ouvert.

Pierre Métivier
@pierremetivier

Notes

  1. Dans son rapport  » Climat : L’insoutenable usage de la vidéo en ligne, juillet 2019« , The Shift Project indiquait que  » Les émissions de gaz à effet de serre des services de vidéo à la demande (de type Netflix ou Amazon Prime) équivalent à celles d’un pays comme le Chili (plus de 100 MtCO2eq/an). » Tout en prenant tous ces estimations avec des pincettes,  le bitcoin seul (sans ajouter Ethereum et tous les autres crypto-monnaies et autre projets blockchain)  aurait une empreinte carbone de 15 à 40 MtCO2-eq (chiffres CNRS, site  ecoinfo)  ce qui représente entre 15% et 40% de « l’insoutenable » empreinte carbone du streaming et pourtant le sujet est absent des rapports du Shift Project.
  2. Autour de la consommation énergétique de la blockchain sur le site ecoinfo du CNRS
  3. De nouveau, le sujet est le bitcoin lui-même. Et je ne vais pas me faire que des amis avec ce résumé des usages du bitcoin.
  4. Comme le rappelle l’article Wikipedia,  » Satoshi Nakamoto, le pseudonyme utilisé par la ou les personnes qui ont développé Bitcoin posséderait un million de bitcoins qu’il aurait acquis en minant les 20 000 premiers blocs de la chaîne de blocs. »  Ce 19 décembre 2020, la valeur du bitcoin est de 23 800 $, sa fortune est estimée à 23,8 md $
  5. e-cryptonews – How Many Cryptocurrencies Are There In 2020? – 2 déc 2020
  6. Pour une vision positive et optimiste de l’empreinte écologique des crypto-monnaies en général, lire le rapport de Blockchain Partners – Impact écologique des blockchains et cryptomonnaies : idées reçues et réalités

Pour aller plus loin

Carte mondiale du minage des bitcoins

Quel point commun entre un maillot de foot, des chiens détecteurs du coronavirus, de faux sacs Louis Vuitton et des couteaux connectés ? NFC inside, what else !

NFC inside what else !

Le protocole de communication NFC est la « technologie » derrière les cartes de paiement sans contact dont l’utilisation a explosé avec la pandémie actuelle. Elle se retrouve également dans de nombreuses cartes de transport dont le Navigo francilien ou les cartes d’accès aux entreprises.

Les lecteurs fidèles le savent bien. Le NFC peut être utilisé pour de nombreuses autres applications très variées. Dans ma revue de presse sont apparus ce jour un maillot d’une équipe de foot de 1ère division, des chiens renifleurs du coranivirus en Finlande, de faux sacs Louis Vuitton en Chine et des couteaux connectés. Tour d’horizon rapide de ces quatre applications.

OM et NFC

OM et NFC (c) SportBuzzBusiness

SportBuzzBusiness – Puma dévoile un maillot Third « connecté » de l’Olympique de Marseille

Extrait de l’article « Pour faire vivre et entretenir sa relation avec les acheteurs du nouveau maillot third, l’équipementier et l’OM ont installé une puce NFC qui offrira de nombreuses dotations « money can’t buy ». Présente en bas du maillot, la puce sera à scanner régulièrement depuis l’application du club, OM App. »

Chien renifleur finlandais (c) TopTunniste

Chien renifleur finlandais (c) TopTunniste

Blog de TopTunniste – A l’aéroport d’Helsinki, la formation des chiens à la détection du coronavirus est améliorée grâce à la technologie NFC (VF)

Adapté de l’article « Le dressage de chiens introduit une solution basée sur la technologie RFID (et plus exactement NFC) pour réduire la quantité de travail manuel, comme la gestion des échantillons, la documentation et le suivi de l’apprentissage des chiens. Cela accélère et améliore la formation. »

L’article en finlandais

Louis Vuitton (c) Complex

Louis Vuitton (c) Complex

Complex – Louis Vuitton Busts Up Massive Fake Bags Operation in China

Adapté de l’article « Une vaste opération de contrefaçon a récemment été découverte, qui a permis la production de milliers de faux sacs Louis Vuitton. Un rapport du Women’s Wear Daily de mercredi détaille l’effort de contrefaçon, qui aurait vu un représentant des ventes (depuis licencié) du magasin Louis Vuitton de Guangzhou jouer un « rôle clé » dans l’affaire. Selon le rapport, le représentant avait « sciemment vendu » des sacs non encore sortis à des fabricants de faux sacs à un prix haut de gamme afin de faciliter la vente de sacs contrefaits en même temps que la sortie des vrais sacs » ou même avant , tout en réalisant un profit personnel. »

Pour éviter les contrefaçons, de nombreuses entreprises du luxe équipent leurs produits haut de gamme d’une étiquette NFC, étiquette inaccessible aux consommateurs (et aux contrefacteurs), que seuls les inspecteurs de la marque peuvent lire,  garantissant leur authenticité. Il peut également se trouver une étiquette NFC destinée aux acheteurs, permettant d’accéder à des informations spécifiques, opération de fidélisation comme sur l’exemple du maillot de l’OM.  D’après les articles, les sacs contrefaits en question étaient déjà équipées d’une étiquette NFC mais ils ne précisent pas de quelle type d’étiquette (public ou privé) il s’agissait et si la technologie a joué un rôle dans la découverte de l’escroquerie.

Tweet YesItIs

Tweet YesItIs

Twitter YesItIs – Profitez de Cap’Iot pour découvrir notre solution de couteaux connectés

«  En approchant leur smartphone de la puce, vos clients pourront accéder à son contenu, sans télécharger d’application au préalable : certificat d’origine, conseils, contact ou tout type d’informations que vous souhaitez leur mettre à disposition. »

Le site YesItIs

Fidélisation, santé, contrefaçon ou promotion, ce sont les quatre applications du jour parmi des milliers d’autres. Et vous, quelle sera votre prochaine application utilisant du NFC ?

A suivre

Pierre Métivier
@PierreMetivier

Pour aller plus loin

 

 

 

Les technologies numériques sont-elles la solution pour gérer et sortir de la crise liée à la pandémie de Covid-19 ?

Technologie et covid-19

Technologie et covid-19

Nombreux sont les articles et communiqués de presse promouvant des technologies en particulier numériques pour gérer et accélérer la sortie de crise, aussi bien côté économique que sanitaire. Blockchain, intelligence artificielle, IOT, smart city, smart building, smart home / domotique, NFC / RFID, et informatique quantique vont nous sauver de ce mauvais pas. Il n’y a plus qu’à. En marge de la technologie, l’innovation est aussi de la partie. Ceci dit, d’autres articles sont plus prudents et dénoncent ce solutionnisme technologique à tout crin. Quelle est la réalité derrière les technologies proposées ? Sont-elles des solutions opérationnelles, déployables à grande échelle, de simples opportunités de communication ou des technologies en recherche de problèmes à résoudre ?  Petit tour d’horizon à travers une revue de presse franco-françaises d’articles généralistes ou spécialisées, d’annonces d’entreprises industrielles et de tribunes de sociétés de conseils, un tour d’horizon forcément partiel et probablement partial, sans conclusion définitive, bien entendu.

Et d’abord, la blockchain et la sortie du livre blanc « La blockchain dans le monde d’après », publié par Havas Blockchain avec une préface claironnante de Jacques Séguéla « Tech sans affect n’est que ruine de l’homme. Tech sans Blockchain, ruine de la publicité. A chacun de choisir son destin, en être ou ne pas être. Comment hésiter ? » (1)  Pour les auteurs de ce document, la blockchain est au cœur des enjeux sanitaires (Chapitre 2). La crise du Covid-19 a révélé le potentiel de la blockchain en santé (principalement pour le contact tracing et le partage des données des patients – app StopCovid ou passeport de santé). La question est posée : la blockchain est elle la solution pour un déconfinement réussi ?  Plus loin, la blockchain va renouveler le monde économique & financier (Chapitre 3).

Dans Les Echos, Coronavirus : la blockchain est un outil de gestion de crise et cite les projets d’IBM dans le domaine. « La technologie n’éradiquera pas le Covid-19, mais elle pourrait permettre de mieux gérer l’épidémie. »  Le cabinet de conseil PWC explique comment la blockchain permet de faire face aux conséquences de la crise.  Wavestone, autre cabinet de conseil, renchérit dans une tribune de La Tribune justement.  COVID-19 et Blockchain  : une technologie aux nombreux atouts en période de crise.  Enfin, WeDemain présente trois applications qui utilisent la blockchain pour lutter contre le Covid-19 autour de la modélisation du virus, la luttre contre les fake news médicales et la traçabilité des traitements.

Neil Graham - Artificial intelligence - 1979

Neil Graham – Artificial intelligence – 1979

L’Intelligence artificielle (IA) est présentée comme un outil pour aider les chercheurs dans leurs recherches de traitements et d’un vaccin. Dans le Monde,  Coronavirus : comment l’intelligence artificielle est utilisée contre le Covid-19 « Ces deux-là étaient faits pour se rencontrer. D’un côté, le nouveau coronavirus SARS-CoV-2, qui s’est répandu d’une façon inattendue et globale sur la planète. De l’autre, l’intelligence artificielle (IA), qui a connu la même diffusion mondiale par ses succès dans les domaines de la reconnaissance d’images, des jeux (go, poker, jeux vidéo…), de la traduction automatique, de la reconnaissance de la parole, de la conduite sans pilote… Il était donc naturel que cette dernière cherche à s’attaquer au défi urgent du contrôle de la pandémie.  L’Usine Nouvelle nous explique comment l’Europe compte sur l’IA pour accélérer la découverte de médicaments.  Pour le JDN Tech, l’IA est aussi une nouvelle arme pour faire respecter les gestes barrières et éviter un rebond.

Enfin, le Conseil de l’Europe a publié un site Intelligence artificielle et contrôle du COVID-19.

Naturellement, l’Internet des objets (IoT) doit faire partie des réponses au coronavirus (COVID-19). Le cabinet  Bearing Point aborde dans un webinaire le sujet de la qualité de l’air post  Covid-19 améliorée par l’IoT. Sigfox a lancé un appel à projets IoT pour lutter contre le COVID-19 relayé par le site ObjetConnecté. « Sigfox a énoncé certains exemples qui prouvent que l’IoT est déjà au cœur de cette lutte collective contre le COVID-19. Parmi eux, on distingue des capteurs pour suivre les équipements de protection. Ils identifient la disponibilité de réservoirs d’oxygène pour aider à résoudre les problèmes respiratoires causés par le virus. Ce qui permet d’alerter le personnel des foyers de soins sur les mouvements irréguliers des patients âgés. » Dans ZoneBourse, on trouve cinq sociétés pionnières de l’IoT qui s’associent pour combattre le Covid-19 et offrir aux hôpitaux espagnols une solution clé en main de bouton d’appel d’urgence. Et pour IOT Industriel by Ozone Connect, l’IoT s’inscrit dans la guerre du Coronavirus.  « Naturellement, l’Internet des objets  doit faire partie des réponses au coronavirus ! »

Pour Smart City Mag, Dijon s’appuie sur la smart city pour gérer la crise.

Un webinaire organisé par le Moniteur a été consacré aux opportunités économiques et opérationnelles et nouveaux enjeux du smart building (2).  La troisième partie a été spécifique à la relance de l’activité post-covid. La réouverture des bâtiments tertiaire est accompagnée de nouvelles mesures de distanciation sociale, de nouvelles normes de qualité de l’air, de comptage des personnes dans les bâtiments, de fléchage. Les intervenants de la SBA, Engie Home Solutions et la Maif expliquent comment les différentes technologies du smart building permettent cette réouverture.

Même dans le cadre de la Smart Home / Domotique, un domaine où le risque de contamination est normalement le plus faible, des solutions peuvent aider. Selectra nous explique comment la domotique peut aider à gérer la crise sanitaire.

Paiement sans contact (c) Franck Dubray, Ouest France

Paiement sans contact (c) Franck Dubray, Ouest France

Avec la crise sanitaire, la technologie NFC s’est retrouvée sous les feux de l’actualité avec le paiement sans contact, cartes ou mobile. L’usage a explosé, le paiement pouvant être effectué en magasin jusqu’à 50 € sans toucher au terminal de paiement, ce mode de paiement devenant un geste barrière pour tous. Cette possibilité d’interagir sans contact (NFC et plus globalement RFID) a bien sûr d’autres applications dans un monde nouveau où il devient important d’éviter les contacts. Des experts du NFC Forum en discute dans ce webinaire en anglais comprenant un grand nombre d’applications détaillées. NFC Innovation In The Age Of The Coronavirus. La technologie est depuis longtemps utilisée dans les hôpitaux pour la traçabilité en particulier des matériels et aussi dans la lutte contre les maladies nosocomiales, un sujet déjà abordé dans ce blog – Un confinement doublement sans contact, gestes barrières et solutions technologiques de sortie de crise

L’informatique quantique est  également présente dans ce panorama. Le site Le Big Data pose la question :  COVID-19 : bientôt un remède grâce au Machine Learning quantique ?

Certaines technologies sont montrées du doigt pour des raisons de vie privée et de sécurité des données.  Pour l’Usine Nouvelle, le Bluetooth devient le cyber maillon faible du traçage numérique.

On peut apprendre beaucoup des gestions de crises précédentes et du rôle de l’innovation pour en sortir et c’est ce que nous explique Marc Giget, président de l’EISCI (European Institute for Creative Strategies and Innovation) à travers une étude à télécharger mais également une vidéo (une information déjà présentée dans ce blog).  Il est clé d’innover dès maintenant même si cela est complexe avec les difficultés financières des entreprises en tant de crise. Marc donne des pistes à court, moyen et long terme pour aider les entreprises à sortir de la crise grâce à l’innovation,  des innovations non seulement technologiques mais aussi serviciels, organisationnels, humaines, de business model, …

Future Technology Panic (c) BBC

Future Technology Panic (c) BBC

En parallèle, l’excellent site internetactu.net a adapté et commenté en profondeur sous le titre  « Le (petit) théâtre de la techno », un article américain sur le solutionnisme technologique. « Nombre de politiques publiques reposent désormais sur des questions technologiques. Et quand on envisage de répondre à des problèmes politiques par des solutions technologiques, bien souvent, la conversation publique se concentre sur les choix de conception et les détails des mises en œuvre, au détriment des questions plus difficiles auxquelles il faudrait répondre, à savoir les questions de pouvoir et d’équité. »  Dans un même registre, une tribune d’Olivier Duha dans les Echos pose la question des promesses non tenues de certaines technologies et en particulier l’IA. Covid-19: où est passée l’intelligence artificielle?  « Il est temps de se poser sérieusement la question du bénéfice et de l’intérêt de nos innovations avant de les qualifier de progrès pour l’humanité. » Le rôle des GAFA(M) dans la gestion de crise est également discuté   « Qu’ont fait les GAFA pour nous, dans cette période ? » sur LinkedIn.

La conclusion est forcément décevante. Il est clair que les technologies seules ne résoudront pas la crise. Les exemples cités sont pour la plupart des propositions, des possibilités en quête de déploiement que des cas d’usage en place. La science, la recherche, la médecine, les pouvoirs publics, tous les acteurs du monde médical peuvent s’appuyer sur telle ou telle technologie pour progresser et accélérer la sortie de crise, à la fois sanitaire et économique. Il n’y a pas d’outils magiques, mais de nombreux outils à disposition, à utiliser en respectant l’éthique, la sécurité et la vie privée des patients, dans une entente recherche, industriels, pouvoirs publics et chacun d’entre nous.

Par delà les technologies du numérique (NTIC) abordées dans ce billet, c’est plus globalement celles des NBIC (nanotechnologies, biotechnologies, technologies de l’Information et sciences cognitives) que viendront les solutions à moyen et long terme mais ceci est une autre histoire.

A suivre … en continuant à respecter les gestes barrières et à porter le masque, des actions difficilement remplaçables par le numérique dans l’espace public. Stay safe.

Pierre Métivier
@PierreMetivier

Notes

  1. Hésiter pourtant est une possibilité, la blockchain, pleine de promesses, n’ayant permis, jusqu’à présent, que la création d’un seul produit réellement global (j’insiste sur le global), le bitcoin, un instrument financier principalement spéculatif (Je ne vais pas me faire beaucoup d’amis avec cette phrase )
  2. Un webinaire que j’ai eu le plaisir d’animer.