La maison, un objet connecté différent des autres – l’exemple Somfy – 2/2

mai 26, 2016
Tahoma serenity (c) Somfy

Tahoma serenity (c) Somfy

Retour sur la maison connectée et nos tests sur la Tahoma box de Somfy. Dans la première partie de cet article, après avoir présenté les grands concepts de la maison connectée et de son écosystème, nous avons branché notre Tahoma Box, son socle liée à la sécurité compris dans le Pack Serenity, nous avons lié la box à l’internet et à un compte Somfy, puis nous avons connecté quelques capteurs très divers – capteur de présence humaine et animale, de luminosité, d’ouvertures de porte, des prises électriques y compris ZWave, une caméra IP et des ampoules Hue, certains dans le kit Serenity et d’autres additionnels.

A ce point de l’installation, il est possible de voir que tout fonctionne, prendre des photos avec la caméra à distance, de son PC ou d’un mobile, de commander l’allumage des lampes à distance, le tout manuellement.

Que reste-t-il donc à faire pour disposer d’une maison « intelligente » ? Trois fois rien, juste créer des usages. Car le matériel est en place mais pas ce qu’il devrait faire. Comme un ordinateur et ses composants y compris l’OS mais qui serait sans logiciels applicatifs. Il va donc falloir créer des scénarios, programmer des liens entre tous ces capteurs et actionneurs, ces éléments de notre maison en fonction d’événements ou de plages horaires. Quelques exemples :

  • Que doit-il se passer si le capteur de mouvement détecte une présence ?
  • Que fait notre installation si la température augmente dans une pièce ?
  • Quelle action prendre lorsque la lumière baisse dans une autre pièce ?

Cette programmation se fait de manière intuitive et interactive à travers des scénarios de type « Que se passe t-il si ?« , proche du modèle bien connu IFTTTif this then that» ) et en déplaçant un certain nombre de pictogrammes  soit une boite Actions. « Je veux / then that » , soit dans une boite SI  – les conditions (if this). Les pictogrammes comprennent à la fois nos objets disponibles mais aussi d’autres actions comme l’envoi de mails ou d’alertes.

Exemples de scenarii :

  • SI le lecteur de présence dans une pièce est activé ALORS envoyer une alerte pour le signaler sur un mobile.
  • SI la luminosité baisse dans une pièce, ALORS allumer une lampe.
  • SI la température dépasse un certain seuil, ALORS baisser le chauffage (avec un thermostat connecté bien sûr – non testé mais existant).

Il est également possible de programmer des actions liées au temps, à des heures précises ou utilisant des plages horaires comme condition. SI il est 22:00, ALORS fermer le(s) volet(s) roulant(s) et activer les ampoules Hue (ou pas) avec une ambiance « cool ».

Pour chaque scenario, il peut y avoir plusieurs conditions et plusieurs actions. Lorsque il y a plusieurs conditions, il est possible de décider si une seule ou toutes les conditions doivent être réalisées pour activer le scenario.

Côté sécurité, il est possible de programmer 3 modes différents qui seront associés à la télécommande (qu’elle soit physique ou numérique – application sur mobile).

Nous avons programmé un scenario clé pour chacun d’entre nous, un scenario permettant de répondre à la question :  » Est ce que le chat monte à l’étage en entre notre absence ? «  Question existentielle s’il en est et donc SI le chat monte à l’étage, ALORS le prendre en photo (et donc en flagrant délit) ET envoyer un message mail pour nous indiquer l’infraction. Un détecteur d’animal de compagnie (capteur) en face de l’escalier associée à une caméra qui prend une série de photos pour confondre l’animal.

Scenario chat et résultat - Somfy Tahoma

Scenario chat et résultat – Somfy Tahoma

Une programmation sans problème, un test plus complexe qu’il n’y parait puisque le félin, après avoir écouté notre requête a décidé que c’était une atteinte à sa vie privée et n’a pas souhaité coopérer. Il a fallu donc jouer au chat (sans la souris) pour réaliser ce test et informer nos lecteurs. Test concluant, pour ce scenario transformé en générateur de selfies automatique.

Demande de participation au test Somfy et réponse de l'intéressé

Demande de participation au test Somfy et réponse de l’intéressé

App Mobile Tahoma Somfy

App Mobile Tahoma Somfy

Ajoutons la disponibilité de deux applications mobiles très utiles – une application permettant de monitorer tous les objets connectés à la Tahoma box et une application destinée à activer ou désactiver le système d’alarme.

Indéniablement, cette expérience montre les progrès impressionnants en terme de possibilités, de facilité d’installation et de création de ses propres usages dépendant de son environnement et de ses choix. On comprend rapidement en interagissant avec tous ces objets connectés, ces capteurs, ces actionneurs que les possibilités sont très nombreuses, et que leur nombre augmente au fur et à mesure que des objets sont connectés à la Tahoma box. Ce qui veut également dire que pour réellement connecter une maison, il faut des capteurs dans toutes les pièces, des capteurs de mouvements, de luminosité, de température, des prises électroniques ou douilles connectés, des volets roulants …

Sauf à ne pas compter son budget, il y a donc des choix à faire en terme de fonctionnalités – la sécurité, la gestion de l’énergie (lumière, chauffage), l’automatisation des tâches, et puis l’étendue de cette automatisation, à certaines pièces ou à toutes les pièces.

Que peut-on attendre ou souhaiter pour la suite ? Et probablement que les suggestions ci-dessus existent déjà, chez Somfy ou d’autres fournisseurs de domotique ou d’où la faisabilité est complexe. (Rappel – la domotique n’est pas le sujet premier de ce blog – NDLR).

  • Un objet multi-capteur multi-services pour une pièce, mesurant luminosité, température, présence, une prise électrique … un tout en un plus économique et plus facile à connecter.
  • Un lecteur NFC compatible avec la box à travers un des protocoles supportés, une demande qui ne devrait pas surprendre le lecteur familier de ce blog pour permettre de signaler la présence d’une personne dans la maison avec une carte ou un mobile, gérer un contrôle d’accès, désarmer l’alarme voire ouvrir la porte d’entrée à heures précises pour la baby sitter ou la femme de ménage, permettre aux enfants de signaler leur présence par eux-même plutôt que par détecteur de mouvement et prise de photo …
  • Le lien avec les installations multimédia et l’électro-ménager connecté en général et la cuisine en particulier – rappelons les groupes SEB et Somfy sont voisins.
  • Des rapprochements technologiques, à travers des protocoles communs, entre tous les acteurs du marché (Somfy, Deldadore, Schneider Electric, Bosch, Legrand, …. ), les acteurs spécialisés, les acteurs mondiaux de l’Internet, …
  • Une utilisation intégrée de IFTTT, solutions intègrant déjà certains objets comme (et toujours) les ampoules Hue de Philips.

Que tirer de cette expérience (forcément partielle) ? Nous avons écrit dans la première partie de l’article que la domotique d’il y a 20 ans pouvait être considérée comme un échec. Complexité d’installation, manque d’installateurs, incompatibilité des différentes solutions, fragmentation du marché, coût en relation avec un marché de niche, un besoin non identifié : les raisons ne manquaient pas. Est-ce que cela a changé ? La réponse est oui, en grande partie.

La technologie, les protocoles et la connectivité sont amplement disponibles ainsi que des offres complètes et des myriades d’objets connectés pour la maison – capteurs de toute sorte, actionneurs, composants connectés de maison type volets ou serrures, ampoules, prises électriques, box, et les applications pour commander tout cela. Et jamais l’appétence pour le smart ou le connecté, dans tous les domaines, n’a été aussi forte.

Amazon Echo

Amazon Echo

Est ce que cela suffira à en faire un marché grand public à court terme, c’est l’une des questions. Cette multitude à la fois de solutions et d’acteurs (les acteurs traditionnels de la maison comme Somfy, en passant par les acteurs spécialités et les GAFAs – voir la première partie de l’article) créent une certaine confusion pour le consommateur. Il n’est pas facile de faire un choix, les compatibilités entre tous ces objets de l’écosystème étant, tout au mieux, incertaines.

La baisse des coûts des composants d’un système domotique est réel et va continuer au fur et à mesure des développements de la domotique 2.0. Mais il est clair qu’un grand nombre de facteurs – parmi lesquels l’approche choisie (automatisation, sécurité, ….), la taille de la maison, la configuration choisie, l’environnement (nouvelle maison ou maison ancienne), …  –  vont faire varier le montant total de chaque installation dans des proportions importantes.

En ce qui concerne le kit Somfy Tahoma Serenity, c’est une solution sur étagère « off-the-shelf », permettant de tester la domotique facilement, d’installer un premier niveau de sécurité, se faire une idée des possibilités, imaginer des usages. Si de plus, vous avez déjà du matériel type volets roulants ou portail de la même marque, c’est clairement une solution à envisager et la box, ouverte à de nombreux protocoles, permet d’envisager, avec ’sérénité » des extensions au fur et à meusre des besoins.

Est ce l’ouverture d’une domotique grand public ? Est-ce le lancement à grande échelle de la « smart home » ? On s’en rapproche mais la question reste ouverte et …

à suivre bien sûr et n’hésitez pas à commenter ou partager vos propres expériences.

Pierre Métivier

Pour aller plus loin

La maison connectée de la Connected Conference

La maison connectée de la Connected Conference

  • Pour un complément d’information à très court-terme, vous pouvez aller visiter une « connected home » , aujourd’hui et demain, les jeudi 26 et vendredi 27 Mai au 104 à Paris dans le cadre de la Connected Conference. Une certain nombre d’objets connectés y sont en situation, dans une cuisine, une chambre, un salon, et même une boite aux lettres connectée et une tondeuse à gazon, avec du matériel Somfy, Bosch, Amazon, Philips, et quelques autres. Une approche différente également de la « programmation » de ces objets  est également présentée, puisque elle n’est pas basée sur la définition de scenarii mais sur l’apprentissage par les objets eux-même des usages des utilisateurs grâce à l’Intelligence Artificielle, un projet de la société craft ai. Une voie très prometteuse.
  • La première partie de l’article
  • Smart home : une domotique 2.0 ou un simple changement de nom ? sur ce même blog (2013).
  • NFC et Domotique – Un article de l’auteur dans Domotique News (2015)
  • HomeKit : iOS 10 centralisera les objets connectés de la maison ! sur Aruco

et toujours


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