De l’importance de reconnaître les véritables innovations dans le paiement

Paiement sans contact NFC (c) Pierre Metivier

Paiement sans contact NFC (c) Pierre Metivier

Quels facteurs expliquent le succès d’un produit ou d’un service, adopté massivement par les consommateurs et ainsi devenu innovation ? Tout d’abord, le nouveau produit (ou service) doit répondre à un besoin réel du consommateur. Ensuite, il doit nécessairement lui faciliter la vie, résoudre un problème, lui faire gagner du temps ou de l’argent, voire assouvir ses désirs. Il est donc indispensable de comprendre et connaître ses attentes et de construire les nouveaux services et produits pour lui et avec lui.

La très récente étude « Nouveaux services et nouveaux modèles numériques dans la banque » réalisée par Next Content pour CGI [1] et SAB va dans ce sens. Au-delà des chiffres d’intérêt pour des nouveaux services numériques de paiement (CB sécurisée par empreinte digitale – 61%, paiement sans contact mobile – 59%, CB multi devises – 58%, …) c’est bien la simplification, la diminution des frais et la sécurisation qui sont mises en avant par les clients pour l’adoption de nouveaux services de paiement.

D’autres facteurs entrent évidemment en jeu pour expliquer le fait qu’ils deviennent une innovation, parmi lesquels on peut citer l’adéquation avec l’époque et le territoire, les réglementations, la disponibilité des technologies et la nécessité (ou pas) de disposer d’une infrastructure.

Les sept services de paiement ci-dessous répondent à cette définition :

  1. Le paiement par carte bancaire sans contact. Ce n’est certes pas une innovation de rupture car elle ne change pas fondamentalement la manière des consommateurs de payer en magasin. Mais elle facilite l’action de payer et permet un réel gain de temps, tout en étant un moyen de paiement universel. En France, nous sommes passés de 1,2 million de transactions sans contact en 2012 à 2 milliards en 2018 ! [2] Malgré une couverture médiatique pessimiste au lancement du produit concernant la sécurité du système, le paiement par carte sans contact s’est imposé auprès des consommateurs. Après une période de méfiance par rapport à l’absence de code, le consommateur est désormais déçu lorsque le terminal de paiement ne permet pas le paiement sans contact.
  2. Le ticket de transport dématérialisé. A Londres, le touriste, le voyageur d’affaires et le visiteur occasionnel n’ont plus besoin de faire la queue à un guichet ou un automate pour acheter un ticket. Ils posent leur carte de paiement sur le valideur à l’entrée de la station de métro ou de la gare puis de nouveau à la sortie et c’est tout. La carte bancaire sans contact est non seulement un moyen de paiement mais elle devient aussi un titre de transport. Une simplification très appréciée puisque 50% des trajets occasionnels (17 millions de trajets par semaine hors abonnement) à Londres sont désormais effectués ainsi [3].
  3. Les cartes de télépéage sur les autoroutes permettent de gagner du temps, voire beaucoup de temps les jours de grands départs en vacances, au péage des autoroutes. Ce n’est plus le consommateur qui paye mais la voiture préfigurant potentiellement le péage par des objets de notre quotidien.
  4. Le paiement mobile par QR code. Il faut se tourner vers la Chine pour trouver cette autre innovation majeure, adoptée par toutes les générations de Chinois et dont les noms les plus connus sont WeChat Pay (600 millions d’utilisateurs en 2017) et AliPay (450 millions) [4]. Tous les mobiles peuvent l’utiliser. Le paiement nécessite plus de manipulations, parfaitement acceptées par les consommateurs chinois pour les avantages qu’elles leur procurent.
  5. La solution de paiement et transfert d’argent par mobile M-Pesa. Née en Afrique, c’est une innovation de rupture majeure en matière de paiement. Elle a permis un développement économique sans précédent dans des régions faiblement bancarisées.
  6. Le paiement en 1-click d’Amazon
  7. Paypal.

Ces deux dernières méthodes de paiement bien connues ont trouvé leur marché en termes de simplicité d’usage et de gain de temps et sont largement utilisées.

Parmi les candidats au titre d’innovation, le paiement sans contact par mobile progresse mais plus lentement. Evolution logique de la carte, il n’a été disponible sur une grande majorité des mobiles (Android, iOS) que beaucoup plus tardivement. Il a également été longtemps plus complexe à mettre en place pour le consommateur. Ceci dit, derrière la solution Apple Pay et les différentes versions de portefeuilles sur mobiles Android disponibles, les paiements par mobile en magasin s’affranchissent des limites imposées par la carte bancaire et commencent à trouver leur rythme de croisière.

Pour bien d’autres produits annoncés récemment comme les paiements en bitcoin et les crypto-monnaies (dont on voit bien dans l’étude NextContent pour CGI et SAB qu’elles ne sont connues que de 40% des Français connectés), les monnaies locales, l’instant paiement, le paiement multi-canal, les magasins sans caisse, le paiement sécurisé par reconnaissance faciale, le paiement intégré aux wearables, écrans et autres objets connectés et bien d’autres, il faudra attendre les utilisations réelles pour savoir si nous avons affaire à des innovations plébiscitées par les consommateurs ou de simples solutions de paiement de niche.

A suivre … dans un voire cinq ans.

Pierre Métivier
@PierreMetivier

Notes

  1. Sponsor de l’article
  2. Estimation Groupement Cartes Bancaires, Janvier 2019
  3. Chiffres TfL – Transport for London / Smart Rail World Avril 2018
  4. Wikipedia

L’innovation et les nouvelles technologies de la esanté vont-elles sauver le parcours patient ?

HOWExperiences Parcours client

HOWExperiences Parcours client

Le 28 février 2019 s’est tenu la 1ère session d’un cycle « Life Sciences & Health » sur le thème de l’évolution du parcours patient. Organisé par Hello Open World et TechToMed dans les superbes locaux  de Nextdoor à la Gare de Lyon, la table ronde a permis d’écouter les points de vue de Franck LeMeur, fondateur et président de TechToMed (et animateur de la TR), David De Amorim, directeur de l’innovation chez Docaposte, Catherine Cerisey, ancienne patiente (maladie grave), blogueuse et fondatrice de PatientsandWeb et Benoit Pericard, Directeur santé et secteur public, KPMG France et ancien directeur général du CHU de Nancy.

Le programme précisait : « En 2018, la France compte plus de 10 millions de personnes atteintes de maladies chroniques. Avec une augmentation de 35% du nombre de seniors sur les 15 dernières années et quelques 2,5 millions de patients vivants dans des déserts médicaux, la question de l’amélioration du parcours patient devient, de fait, un enjeu majeur pour notre société. Ainsi, à l’heure où le développement des nouvelles technologies s’accélère, comment l’innovation permet-elle la redéfinition du parcours patient pour garantir un accès aux soins universel et à moindre coût. »

Franck LeMeur, TechToMed

Franck LeMeur, TechToMed

Franck Le Meur, TechToMed, a posé les sujets clés sur la table. Déserts médicaux et accès aux soins pour tous, fantasmes des nouvelles technologies de la e-santé, attentes des solutions des medtech, place des patients, organisation, les sujets ne manquent pas.

Faire avec les patients. C’est indispensable pour Catherine Cerisey, PatientsandWeb. Les solutions de esanté doivent êtres co-construites avec les médecins, les pharmaciens et surtout les patients. Comme c’est trop souvent le cas, les startups ne peuvent pas, par elles-même, développer des applications santé utiles.

David de Amorim Docaposte

David de Amorim Docaposte

Que vient faire la Poste dans la santé ? C’est la question la plus posée à David De Amorim, en tant que directeur de l’innovation chez Docaposte. La réponse : La Poste, en tant que tiers de confiance depuis Louis XI, n’ouvre pas les courriers. La Poste gère le dossier pharmaceutique, la DMP. La Poste est le 1er acteur des données médicales en France. La esanté était un des sujets clés du dernier CES2019 à Las Vegas. Les solutions proposées sont foisonnantes mais aussi inquiétantes. Comment les professionels de la santé peuvent-ils choisir et s’approprier ces nouvelles technologies et ses applications ? La Poste ne veut pas aller seule dans la santé, elle est dans une optique de co-construction, comme le partenariat avec le groupe de cliniques Elsan.

Benoit Pericard KPMG

Benoit Pericard KPMG

Benoit Pericard, KPMG rappelle qu’au Quebec, on déteste le terme « prise en charge », car les patients ou les ainés (plutôt que les seniors) ne sont pas une charge. Le système médical est toujours / a toujours été sous tension et il note la présence de personnels de la santé parmi les gilets jaunes. Ceci dit, il ne faut pas généraliser, il y a des hôpitaux en France où tout va bien, sans déficit, où les personnels se sentent bien. Il faut gérer le continuum du patient, pas seulement le parcours de soin mais aussi de vie, les interstices entre les épisodes de soin. Il recommande d’aller très vite vers un statut unique du médecin, actuellement cloisonné entre salariés vs libéraux avec environ 2/3 de salariés. Un statut unique permettrait à tout médecin d’exercer dans différents environnements. Le rapport Jean-Marc Aubert recommande de changer les systèmes de financement, vers une tarification parcours plutôt qu’à l’acte, une solution équilibrée à trouver. Il faut laisser plus de liberté aux startups et aux opérateurs. Les nouveaux acteurs comme Doctolib ont un apport positif sur le système de santé.

Au départ, Doctolib n’est pas une innovation de rupture, le service règle simplement le problème de prise de RV, mais se faisant fait bouger les lignes et l’organisation du système de santé en douceur et efficacement nous dit David De Amorim.

Catherine Cerisey, PatientsandWeb

Catherine Cerisey, PatientsandWeb

Pour Catherine Cerisey PatientsandWeb en parlant d’immersion, ce n’est pas la malade qui est au centre, c’est la maladie. Il faut intégrer l’importance de nouveaux métiers de la santé comme la pair aidance  et coordonner de tous les acteurs. Au sujet de la DMP (Dossier Médical Personnalisé), il faut le rendre obligatoire également pour les médecins. Les nouvelles technologies ? Oui bien sûr, mais ce sont seulement des outils et attention aux déserts numériques (illectronisme – NDLR). Nous avons des devoirs en tant que citoyens mais pas en tant que patients.

Les échanges autour de la numérisation du système de santé se poursuivent avec l’exemple de l’Estonie. Est ce applicable en France ? Les avis divergent. (Une question pour Jean-Michel Billault NDLR)

On n’échappera pas à un débat sur la régionalisation du système de santé, une organisation jacobine à remettre en cause. La santé à Val d’Isère aujourd’hui, dans le Cantal ou à Paris ne sont pas les mêmes pour Benoit Pericard, KPMG On en revient toujours à la prise en charge financière David de Amorim nous décrit l’appel à projets « Santé en mouvement, l’ambition partagée à Strasbourg » pour permettre la coopération tous les acteurs de la santé et les porteurs de projets à Strasbourg.

Les dernières minutes sont consacrées à d’autres sujets liés au parcours client :

  • les expérimentations – hébergement hors hôpital / ambulatoire et hôtels pour libérer des lits d’hôpitaux
  • les outils numériques qui semble améliorer l’observance thérapeutique d’après une étude
  • la pharmacovigilance,
  • les pénuries de médicaments.

Des sujets malheureusement trop brièvement abordés faute de temps.

Et donc, à la question initialement posée, « L’innovation et les nouvelles technologies dans la esanté vont-elles sauver le parcours patient ? », la réponse n’est pas (et en pouvait pas être) oui. Tout comme les startups dans le domaine des medtechs, ce sont des éléments importants qui doivent être intégrés dans une réflexion plus globale avec les médecins, les pharmaciens, les aidants et les patients, bien entendu. La conclusion partielle d’un événement de qualité avec 4 intervenants complémentaires et sans langue de bois, illustré par un beau compte rendu graphique de Philippe Rilos.

Compte rendu graphique HOWexperiences

Compte rendu graphique HOWexperiences

Un parcours client du futur ….
A suivre, bien évidemment.

Pierre Métivier
@pierremetivier

Pour aller plus loin

La citation à laquelle vous n’échapperez pas –  » L’art de la médecine consiste à amuser le patient pendant que la nature le guérit.  »  Voltaire

« Les collectivités territoriales et les questions de mobilité », une conférence du Grale au constat inquiétant.

Collectivités territoriales et mobilité

Collectivités territoriales et mobilité

« Les collectivités territoriales et les questions de mobilité », tel était le sujet de la conférence organisée par le GRALE (Groupement de recherche sur l’administration locale en Europe, de l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne) avec le soutien de la Chaire EPPP  (Economie des Partenariats Public Privé ) le 13 février à la Maison des Sciences Economiques, un sujet proche de l’actualité des ronds points de ces trois derniers mois, impactant chacun d’entre nous entre transport individuel, services publics et impacts environnementaux, entre « fin du monde et fin du mois ».

L’invitation précisait « La mobilité des individus et les transports de marchandises ne cessent d’augmenter et sont à l’origine d’impacts environnementaux sur lesquels les pouvoirs publics ont des difficultés à agir. Les solutions sont de nature politique, technique et comportementale : aménagement du territoire, véhicules moins émetteurs de GES, développement des transports doux, nouvelles pratiques de l’automobile, etc. En vertu de leurs compétences en matière de mobilité, d’urbanisme, d’aménagement et d’organisation des activités sur leur territoire, les collectivités ont un rôle particulier à jouer, quel que soit le mode de transport.

  • Comment financer aujourd’hui ces initiatives, sachant que la problématique de la mobilité dépasse souvent le cadre local ?
  • Comment, notamment, traiter les spécificités rurales et urbaines (conditions spatiales, objectifs, moyens) ?
  • Comment composer avec des systèmes de financement différents selon les modes de transport ?»
François Colet Institut Vedecom

François Colet Institut Vedecom

Premier intervenant : François Colet, Responsable des Projets Systèmes de Charge Innovants & Energie Partagée, Institut Vedecom. L’Institut Vedecom est un institut français de recherche partenariale publique-privée et de formation dédié à la mobilité individuelle décarbonée et durable).  M. Colet est un spécialiste de la voiture (Renault) et en particulier électrique, ayant travaillé sur la Zoé. Sa présentation se focalise sur les nouvelles motorisations (hors essence et diesel) en particulier électrique, hydrogène et gaz naturel.

En Europe (hors Italie et Allemagne), il n’y a pas de client pour les véhicules à gaz naturel, pas de demande en France et donc pas d’infrastructure. Il n’y pas non plus d’infrastructure pour l’avitaillement pour véhicule à hydrogène. Il évalue à 7 ans l’écart du déploiement hydrogène par rapport à l’infrastructure électrique. Il note que le camion électrique est devenu « réalité » avec Tesla, cette motorisation pour les camions n’était pas prévue dans les plans au départ des constructeurs traditionnels. Pour François Colet, la solution hydrogène se développera lorsqu’elle sera également adapté aux bâtiments.

Les 5 tendances portant l’électromobilité

Les 5 tendances portant l’électromobilité

Avant l’annonce par Anne Hidalgo de la mise en place d’une mesure pour interdire le véhicule thermique à Paris, le véhicule électrique était rural. 60 à 70% des Européens n’ont pas de parking fixe ce qui a un fort impact sur l’infrastructure de recharge. Il y a 160 sociétés françaises habilitées à revendre de l’électricité, 750 en Allemagne ce qui a un fort impact sur les bornes de recharge. Notion d’itinérance (partage d’infrastructure) comme chez les opérateurs télécom. Cette interopérabilité est difficile à mettre en place sur des parkings payants car ce sont des régies et donc des espaces privés et non publics.

Ecosystème de la borne de recharge

Ecosystème de la borne de recharge

50% des véhicules électriques dans le monde sont en Chine. Aujourd’hui, tout le monde imagine piloter la recharge (et les données) – maison, énergie, borne, voiture … comme pour l’écosystème des paiements sans contact ou la smart home (NDLR) Les écosystèmes sont complexes. L’énergie n’est qu’un coût fractionnel du parking.

En réponse à une question sur le recyclage des batteries, M. Colet rappelle que les batteries de nos mobiles (et surtout leur lithium – précision de M. Colet) sont recyclées dans le béton car elles deviennent d’excellents retardateurs de solidification en hiver et après on ne sait pas. Autrement dit, le problème du recyclage des batteries est global et ne concerne pas uniquement les voitures. (*)

Patrice Saint-Blancard Région Centre Val de Loire

Patrice Saint-Blancard Région Centre Val de Loire

Le deuxième intervenant, Patrice Saint-Blancard, est Directeur des transports et mobilités durables au Conseil régional Centre-Val de loire. Il illustre, à travers le réseau REMI de la région, la complexité de gérer la mobilité dans un territoire comme la région Centre-Val de Loire. Contrairement aux grandes villes comme Paris avec une densité de population forte, les transports publics sont peu utilisés (10% et principalement par les scolaires). Entre coût des matériels (type TER), les plans et règlements comme le SRADDET (Schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoire) ou le PCAET (Plan Climat, Air, Energie, Territorial), il est très difficile de développer des politiques de transport et mobilités durables en environnement rural compatibles avec les budgets des régions et les objectifs de l’économie durable.

Remi Mobilité en Region Centre Val de Loire

Remi Mobilité en Region Centre Val de Loire

Et pour rendre plus complexe l’équation, M. Saint-Blancard note que les parisiens qui pourraient venir visiter les Chateaux de la Loire en transport en commun, ne le font guère, préférant la voiture. A une suggestion de la salle pour améliorer la connaissance des lignes nécessaires en région, par l’analyse des données Blablacar. M. Saint-Blancart a répondu que bien sûr, cette approche était utilisée mais qu’elle était loin de suffire.

Etienne Chaufour France Urbaine

Etienne Chaufour France Urbaine

Dernier intervenant : Étienne Chaufour, Directeur Île-de-France, en charge de l’éducation, des solidarités et des mobilités, à France urbaine. France Urbaine vient de la fusion de l’Association des Communautés urbaines et métropoles de France (ACUF) et de l’Association des Maires de Grandes Villes (AMGVF). M. Chaufour a rappelé que les objectifs de toute politique de mobilité étaient d’assurer l’accessibilité des territoires. Il a également rappelé que le coût réel du transport en commun pour les français est de 25% alors qu’il représente entre 60 et 75% pour les européens !!! et que le coût des TER pour les régions est « exhorbitant »

Offre alternative à la voiture solo

Offre alternative à la voiture solo

Hors la voiture solo, l’offre en périphérie est extraordinairement faible ! Que fait-on ? Business as usual ? Tarifer la mobilité à l’usage, l’exemple de Londres ? M. Chaufour présente le concept de package mobilité des agglomérations, une intermodalité intégré, un peu comme les carte type Navigo en Ile de France mais adapté aux régions avec du BlaBlaCar par exemple ou des parking relais.

Assurer l'accessibilité des territoires

Assurer l’accessibilité des territoires

De cette conférence de grande qualité reste un constat alarmant, sur la mobilité en général et celle des régions en particulier. Il ne semble pas y avoir de solutions pour accélérer des offres de mobilité à la fois disponibles à tous dans les régions et durables. L’infrastructure électrique (y compris recharge sur parking) n’est qu’à son début (c’est encore plus lointain pour le gaz ou l’hydrogène). Les transports en commun sont difficiles à mettre en place  financièrement (infrastructure et exploitation train) ou peu écologique (cars) d’autant plus que le citoyen a l’habitude de très peu payer ce type de transport. La « technologie » ne semble pas en mesure d’apporter des solutions à court terme – pas de « smart city » ou de « smart region » capable de résoudre le problème, pas d’objets magiques (hyperloop ou taxis volants sont des simplismes pour Etienne Chaufour). La voiture solo reste la solution la plus adaptée à ce jour et elle n’est guère durable en l’état. Une fois ce constat effectué, il manque clairement les solutions d’un enjeu de société majeur et les innovations impactantes tardent à venir.

A suivre … à vélo dans mon cas pour terminer malgré tout sur une note optimiste.

Pierre Métivier
@PierreMetivier

(*) Note – Suite à la publication de ce compte-rendu, M. Colet m’a envoyé la mise-au- point suivante en ce qui concerne le recyclage des batteries.

 » Pour être exact et précis comme un chercheur doit l’être, ce ne sont pas les batteries qui sont des retardateurs mais le Lithium. Il y a de nombreux autres matériaux dans les batteries qu’on recycle déjà mais pas le lithium car pas assez cher pour que ce soit rentable. La Directive sur les batteries de véhicules électriques modifie un peu ce point de rentabilité en en faisant un point réglementaire.

2 filières ont été mises en place, une en France et l’autre en Belgique avec 2 process différents pouvant traiter des volumétries différentes. Il a été rappelé que 2 Directives existent : l’une s’appliquant au recyclage obligatoire des véhicules et l’autre sur les batteries. Donc, on n’a pas attendu pour mettre en place des process qui coûtent mais ne sont pas utilisés car peu voire pas de batterie de voitures à recycler pour l’instant car elles durent plus que prévu. C’est fait pour l’automobile ce qui n’est pas le cas pour les autres applications utilisant des batteries.

ansi qu’un complément à ma brève conclusion que je vous livre in-extenso.

 » Pour moi, il manque d’outils pour orienter vers des solutions car il y en a de nouvelles non abordées lors de la conférence : les navettes autonomes proposent des tailles plus petites que celles des bus/car et plus grandes que celles des voitures. Dans les initiatives, on peut parler de CityMaker en France qui souhaite modéliser les déplacements en IdF pour aider à la mise en place des politiques publiques. VEDECOM travaille sur les modèles de déplacement tant nationaux que sur des territoires de tailles plus réduites (ce sont mes collègues qui traitent le sujet) Mon équipe travaille sur le sujet déploiement d’infrastructure de recharge pour les véhicules électriques sur un territoire comme le Grand Paris. L’IRT SystemX et l’ITE Efficacity travaillent également ses sujets. »  

Pour aller plus loin