Archives pour la catégorie IoT

Internet of things / Internet des objets

L’alliance SBA France, ambitieuse et mesurée dans le cadre des smart home, smart building, smart city, …

La Smart Buildings Alliance (c) SBA

La Smart Buildings Alliance (c) SBA

L’Internet des objets regorge de domaines d’activités, d’applications, de technologies (capteurs, actionneurs, connectivités, logiciels, …),  de standards et d’associations qui, pour ces dernières, essaient d’organiser et de mettre de l’ordre dans tout cela. Et ce n’est pas facile tant la pelote est complexe. Les prédictions des analystes vont de 20 à 1,500 milliards d’objets connectés en 2020, (oui aujourd’hui !), ce qui montre clairement la complexité du sujet et de sa compréhension.

Créée en 2012, la Smart Buildings Alliance for Smart Cities fait partie de ses associations. Originellement consacrée, comme son nom l’indique, au bâtiment intelligent, son but est de « combiner transition numérique et transition énergétique au service de tous les usagers » (dans le domaine du bâtiment « étendu » bien sûr) et permettre leurs réalisations.

A l’occasion de la cérémonie des voeux 2020 à ses membres et partenaires, l’alliance a présenté son organisation, ses résultats et sa stratégie de développement pour les années à venir.

Emmanuel François, SBA

Emmanuel François, SBA

Première phrase de son président, Emmanuel François : « Nous allons vers un monde hyper connecté en temps réel. » et il associe tous les citoyens, tous les bâtiments, toute la mobilité, tous les territoires, équipements et infrastructures. Du bâtiment, nous sommes passés à tout ce qui concerne les territoires et leurs habitants y compris transport, énergie sans oublier toutes les parties prenantes. Le scope s’est considérablement élargi – de smart building à smart home, smart building, smart city, smart grid, smart mobility, … la smart « life » donc. Tout est lié bien sûr.

Suite à la fusion très récente avec la Fédération Française de la Domotique, la Smart Building Alliance représente désormais un impressionnant écosystème de près de 600 membres (industriels, intégrateurs, collectivités, promoteurs, bailleurs, energéticiens, architectes, banques et assurances, …)

Pour la SBA, le bâtiment « smartisé » comporte des services autour des espaces pluriels et il est multi-usages. Il est connecté et communiquant, ouvert et sécurisé et tourné vers ses utilisateurs. La valorisation du bâtiment se fera par la valeur d’usage. Il faut donc apporter plus de services, optimiser l’exploitation, faciliter l’évolutivité et accroitre l’attractivité.

Pour se faire et pour ne pas rester uniquement dans la représentation, la SBA a développé un cadre de référence,  le R2S (pour ReadyToServices), pour les bâtiments connectés et communicants, dont les principes couvrent le réseau « Smart », l’indépendance des trois couches (équipements du bâtiment, infrastructure du réseau,  services applicatifs), la mutualisation des infrastructures et des systèmes, l’interopérabilité à travers des APIs et un cadre de confiance numérique. Des premiers bâtiments sont désormais labellisés et une centaine d’autres sont en cours. Ce référentiel se décline également en plusieurs versions. Le premier socle était logiquement consacré au tertiaire, depuis, R2S Grids et R2S Résidentiel ont été développés et d’autres sont à venir – R2S Well-being (bien-être), R2S Care (Services à la Personne), R2S Mobility (e-mobilité) et R2S Spaces, et potentiellement Safety & Security, Delivery, Signage, Asset & Facility Management.

En parallèle du développement du référentiel, la SBA se déploie dans les régions (+50% des adhérents s’y trouvent et participent à la création des référentiels) et à l’international où la SBA fait des émules. L’idée est de reprendre le même cadre R2S dans d’autres pays intéressés (Belgique, Suisse, Luxembourg, Italie dès 2020), et des discussions avec l’Allemagne, les USA, la Grande Bretagne et la Chine sont en cours. Pourquoi réinventer la roue ?

Autres sujets et pistes (en vrac dans ce billet) couverts par les intervenants.

  • L’importance du cadre juridique dans l’immobilier qui s’applique également à la connectivité et à tous les éléments smarts des bâtiments.
  • Le développement de la géolocalisation intérieure (indépendamment de la technologie) pour la création de nouveaux services.
  • Le renforcement des compétence dans le domaine de la cybersécurité «On est léger en cybersécu». 😉
  • La prise en compte de la diminution de l’empreinte carbone.
  • L’étude des BOS – Building Operating System, l’ensemble des logiciels gérant les objets connectés des bâtiments.

Il manquait juste peut-être l’impact de la 5G et le besoin d’intégrer le courant continu dans la maison et le bâtiment, autres sujets d’intérêts pour l’alliance, à ce tour d’horizon complet (*).

Les commissions autour de la smart city et des territoires travaillent sur le « smart aménagement », l’éclairage public avec la notion d’économie d’énergie et la mobilité. mais aussi sur les données, leur ontologie, leur gouvernance avec toutes les parties prenantes de la ville. Parler le même langage est essentiel pour se comprendre. Il existe 600 zones d’aménagement en France, autant de jolis terrains de jeux pour transformer des champs de patates en des lieux de vie, type Confluences à Lyon. Enfin, il est prévu d’accompagner les nouveaux maires avec une boite à outils présentant la démarche SBA afin d’intégrer le numérique à la « ville » étendue.

Emmanuel François a conclu en rappelant qu’il doit exister une continuité des services entre villes et bâtiments, des bâtiments qui seront pluriels, hybrides, multi-usages, évolutifs et serviciels. L’association SBA France propose à ses adhérents un programme ambitieux et mesuré grâce à son référentiel R2S ceci dans le cadre démesurément étendu de la smart « life » – home, building, city, infrastructure, transport et surtout … nous, ses habitants ! Comme l’a rappelé l’un des intervenants « Le smart building ne doit pas oublier pourquoi on fait un bâtiment et en particulier ses fonctions-clé de confort et de sécurité (pour ses usagers). »

A suivre … dans les couloirs connectés d’un batiment « smartisé » et au salon BIM World, à la Porte de Versailles, fin mars. Nous y serons !

Pierre Métivier
@PierreMetivier

(*) Sauf erreur d’inattention de notre part bien sûr.

Pour aller plus loin

Usual suspects de la SBA France, un éclairage pas trop « smart » pour la photo de famille

Usual suspects de la SBA France, une 💡 pas trop « smart » pour la photo de famille 😉

Il est temps de prendre en compte l’impact du numérique sur les émissions de gaz à effet de serre

Marc Giget et l'impact du numérique sur le climat

Marc Giget et l’impact du numérique sur le climat

On ne présente plus Marc Giget, en particulier dans ce blog. Président et fondateur du Club de Paris des Directeurs de l’Innovation, il milite avec passion et conviction depuis 20 ans pour une innovation humaniste à travers ses nombreuses activités et en particulier les Mardis de l’Innovation. Son livre « Les nouvelles stratégies d’innovation 2018-2020 et vision prospective 2030 » est indispensable à toute personne s’intéressant à l’innovation.

L'empreinte carbone des français (c) Les Echos

L’empreinte carbone des français (c) Les Echos

A l’occasion de la remise des Trophées « Innovation Team Best Practices 2019 » dans la catégorie Stratégie de l’innovation (1), Marc a profité de la conclusion de l’évènement et de l’association de ce même événement avec Citeo et l’écosystème de l’économie circulaire pour alerter (ou pousser un coup de gueule, c’est selon) contre l’absence d’intérêt et de démarche publique sur la consommation d’énergie induite par le numérique et ses conséquences sur la production de gaz à effet de serre.

Partant des objectifs de développement humain et durable des Nations Unis, Marc s’est concentré sur l’objectif 12, « consommation et production responsables », un objectif sur lequel les entreprises ont un grand rôle à jouer, en particulier pour réduire l’impact sur le réchauffement climatique et sur la consommation de matières premières. Qui dit production, qui dit utilisation d’énergie. Et le numérique est l’une des cinq premières sources de production de gaz à effet de serre de chaque français (avec la voiture, le logement, la santé et l’alimentation) source Les Echos.

L’émission du CO2 du numérique est «  totalement hors contrôle » nous dit Marc. Le Cloud, c’est 10% de la consommation énergétique dans le monde et contrairement aux autres industries clairement identifiées qui font plus ou moins d’efforts pour réduire leur production de carbone, aucune action d’envergure n’est menée pour réduire la consommation du numérique. Netflix et le streaming vidéo sont particulièrement visés. La plateforme Netflix est responsable à elle seule 25% des émissions de CO2 du numérique et le streaming représente désormais 60% des données transitant sur le net. Source The shift project

Pour Marc, le numérique est perçu comme un bien « immatériel » et non physique (ce n’est pas du plastique) et donc on ne pense à pas à la production induite de gaz à effet de serre, et pourtant, elle est importante.

La courte durée de l’intervention n’a pas permis de développer en détail la consommation quelle soit directe (rien sur le minage des bitcoin, le jeu en ligne (2), sur le système bancaire, l’internet et ses applications (hors streaming) ou l’internet des objets) ou indirect (le commerce en ligne type Amazon et les livraisons physiques correspondantes) mais à l’heure où des milliers de visiteurs du monde entier se rendent  à Las Vegas admirer les gadgets de l’année du CES 2020, comme des robinets ou des toilettes connectées avec lesquelles nous allons communiquer, ce ne sont pas uniquement les avions qui participent au dérèglement climatique.

Le sujet mérite d’être mis sur le devant de l’actualité et surtout traité.

A suivre … et découvrir sur vos écrans. #paradoxe

Pierre Métivier
@PierreMetivier

Notes

  1.  J’ai participé activement au développement des trophées « Innovation Team Best Practices 2019 » depuis la première édition.
  2. La partie  » Jeu en ligne  » a été ajoutée après la première publication et des échanges sur LinkedIn. Merci Noël Philippe. 

Pour aller plus loin

« Tout est smart, tout est augmenté : les apports de la 5G », une passionnante matinale IGNES

Le monde 5G (c) 5G PPP

Le monde 5G (c) 5G PPP

« Tout est smart, tout est augmenté : les apports de la 5G » tel était le thème de la matinale consacrée à la 5G organisée par l’IGNES, le Jeudi 28 novembre 2019. Pour rappel, l’IGNES est l’association pour les Industries du Génie Numérique, Energétique et Sécuritaire, autrement dit la Smart Home et du bâtiment connecté. Plus de détails sur le side de l’IGNES

Cette matinale a été l’occasion d’écouter et échanger avec deux imminents spécialistes du sujet, chercheurs, représentant deux entreprises-clés du domaine : Orange pour Eric Hardoin, VP, Ambient Connectivity Research et Huawei, pour Merouane Debbah, Director of The Mathematical and Algorithmic Sciences Lab. Un échange animé par Anne-Sophie Perrissin-Fabert, la nouvelle Déléguée Générale de l’IGNES

Logo 5G (c) 3GPPP

Logo 5G (c) 3GPPP

Rappelons juste quelques acronymes caractérisant la 5G et très présents dans les présentations de nos deux intervenants. Commençons par les 3 piliers de la 5G – eMBB (enhanced Mobile Broadband ou le très haut débit mobile), URLLC (ultra-reliable low-latency communications ou des communication à la latence très courte et à la fiabilité garantie)et  mMTC (massive machine-type communication ou le réseau haut débit pour l’internet des objets type voitures autonomes V2X – Véhicule 2 Everything). On peut y rajouter NR pour Nouvelle Radio, Massive MIMO (Multiple-input multiple-output) et 3GPP, la méta-association mondiale qui définit et standardise les standards radio comme la 5G et dont fait partie l’ETSI, son équivalente européenne.

Note – ce compte-rendu se concentrera plutôt sur le déploiement et les applications de la 5G que sur la partie technique présentée par les intervenants. Vous pouvez retrouver plus de détails dans leurs présentations et d’autres liens en fin de billet.

Merouane Debbah, Huawei France

Merouane Debbah, Huawei France

Merouane Debbah, Director of The Mathematical and Algorithmic Sciences Lab, de Huawei

La 5G aujourd’hui se développe autour de la Release 15 et propose une amélioration sensible niveau performance (x10) des solutions 4G / LTE-A (la partie eMBB) ainsi que le début de l’implémentation de l’URLLC (améliorations en terme de latence et de fiabilité garanties). Les vraies promesses de la 5G se verront avec la R16. La latence d’1 ms promise par la 5G n’est donc pas encore disponible. La conséquence première est que vous n’allez pas avoir de voitures connectées à la 5G demain. La release R16 qui ouvrira la 5 à l’IOT industriel, est en cours de développement et ne sera pas publiée avant plusieurs mois.

Côté déploiement, la France est en retard par rapport à d’autres pays comme la Grande-Bretagne où les offres grand-public sont déjà disponibles.

Déploiement de la 5G dans le monde (c) Huawei

Déploiement de la 5G dans le monde (c) Huawei

L’écosystème des partenaires de la 5 G est en plein développement.

Ecosystème industriel de la 5G (c) Huawei

Ecosystème industriel de la 5G (c) Huawei

Rappelons que pour le grand public, l’adoption de la 5G signifie changer de mobiles. Les grands constructeurs (Samsung, Huawei, LG  …) commencent à proposer des modèles 5G à l’exception notable d’Apple (fin 2020)

Merouane nous décrit ensuite dans sa présentation tous les challenges (et en particulier) technologiques du déploiement de la 5G mais aussi les améliorations apportées y compris au business model des opérateurs avec des exemples. Il existe de nombreuses d’applications potentielles mais on commence par l’accès haut-débit sans fil c’est à dire la fibre sans fibre (nous y reviendrons avec Orange). C’était pareil au début de la 4G. Cloud, drone, transport (la mobilité en général) font partie les applications prometteuses. Les applications utilisant de l’IA vont également bénéficier de la 5G en terme d’efficacité par un accès plus rapide au cloud.

Eric Hardouin, Orange Labs

Eric Hardouin, Orange Labs

Eric Hardouin, VP, Ambient Connectivity Research, Orange.

Il faut signaler que la 5G ne remplace pas les autres connectivités mais les intègre (type LTE ou NR pour New Radio). C’est un réseau de réseaux. Orange teste la 5G, par exemple à la Gare de Rennes, et a déployé commercialement en Roumanie.

Pour un déploiement urbain, la fibre est toujours préférable à la 5G. La vraie révolution à venir, c’est la garantie de service et la très faible latence. Le « network slicing » permettra d’affecter des ressources réservés, de créer des réseaux privés pour des tâches particulières dans la performance sera garantie quelque soit le trafic sur le même réseau public. En terme d’efficacité énergétique, en 2020, la 5G consommera deux fois moins d’énergie à la 4G. La latence promise d’1 ms n’est pas toujours indispensable et est très couteuse en énergie. Dans de nombreux cas, développer des applications « edge » est plus efficace pour réduire les temps de latence. Le réseau 5G sera installé sur les infrastructures 4G.

Les nouveaux usages de la 5G (c) Orange

Les nouveaux usages de la 5G (c) Orange

La co-construction et le co-développement du réseau, des offres et des services par tous les partenaires y compris clients B2B sont clés non seulement pour comprendre la chaine de valeurs mais aussi pour faciliter l’adoption.

Coconstruction (c) Orange

Coconstruction (c) Orange

Questions / réponses

  • La première question a porté sur la nocivité des ondes 5G. Pour les deux intervenants, les réponses sont apportés les études scientifiques. Il n’y a pas d’études scientifiques qui affirment que les ondes de la 2G à la 5G, à la puissance utilisée par les telcos, soient nocives pour la santé. Les opérateurs et tous les acteurs des telecom ont pour obligation de respecter les directives imposées par les services publics.
  • Sur les consommations énergétiques, on n’est plutôt sur de l’optimisation E2E que sur des technologies de rupture pour Merouane Debbah. Pour Eric Hardoin, la 5 G va se rajouter à la 4G. Elle consomme plus mais transmet plus. Elle est plus économique à donnée équivalente transportée.
  • Sur la 6G, ce n’est pas avant 2030 tempère Eric Hardouin même si la Chine a déjà lancé son plan 6G à 10 ans.
  • Sur les applications, un des drivers de l’adoption de la 5G sera le jeu, les joueurs sont prêts à payer pour une latence minimum.
  • Sur le choix fibre ou 5G en France ? Pour Orange, le fixe c’est la fibre, le mobile c’est 4G puis 5G. L’infrastructure 5G est construit autour de la fibre. Ce qui peut modifier le mix ? Le cout du génie civil, en zone rurale, car creuser des tranchées coûte cher.
  • Sur Wifi 6 vs 5G, il y a aura différentes offres de connectivité et différentes applications. Une question sans réellement de réponse faute de temps.

Un grand merci aux deux intervenants,  Eric Hardoin, VP, Ambient Connectivity Research, Orange et Merouane Debbah, Director of The Mathematical and Algorithmic Sciences Lab pour leurs interventions très professionnelles et documentées ainsi qu’à l’IGNES pour l’organisation.

A suivre … toujours plus vite.

Pierre Métivier
@PierreMetivier

Pour aller plus loin

Tout est smart, les apports de la 5G

Tout est smart, les apports de la 5G